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Sunday, August 16, 2026

Le nombre de civils tués en Ukraine en juillet au plus haut depuis mai 2022

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Le mois de juillet a été le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis mai 2022, après quatre ans et demi d'invasion russe, selon un rapport publié jeudi par l'ONU.

La Russie a tiré en juillet un nombre record de missiles sur l'Ukraine, d'après une analyse par l'AFP des rapports quotidiens de l'armée de l'air ukrainienne, alors que Kiev presse le président américain, Donald Trump, de lui fournir davantage de moyens pour y faire face.

Au moins 437 civils ont été tués et 2610 blessés, soit une hausse de 30 % par rapport à juin et de 70 % par rapport à juillet 2025, s'est alarmée la Mission de surveillance des droits de l'homme des Nations unies en Ukraine (HRMMU).

Le nombre de personnes tuées est le plus élevé enregistré depuis mai 2022, a-t-elle dit.

Depuis le début de l'année, l'organisme onusien a recensé 12 477 victimes civiles (1839 morts et 10 638 blessés), soit une hausse de 44 % par rapport à la même période l'an dernier, et plus du double par rapport à celle de 2024.

Les civils sont confrontés à des risques accrus en raison de l'utilisation en hausse de missiles et de drones dans les centres urbains, de bombes planantes dans les villes plus proches de la ligne de front, et de drones de courte portée, a relevé Danielle Bell, la responsable de la HRMMU.

La capitale ukrainienne a en particulier payé un lourd tribut le mois dernier, avec au moins 54 morts et 202 blessés. Les forces russes ont lancé à maintes reprises sur Kiev des bombardements massifs, avec des missiles balistiques et de croisière.

Les drones et missiles de longue portée restent la cause principale des victimes civiles en juillet, représentant 38 % du total, selon la HRMMU.

Parallèlement, le nombre de victimes civiles en Russie a aussi augmenté en juillet, a souligné la Mission, les autorités russes ayant fait état de 79 morts et 601 blessés.

La HRMMU n'a pas été en mesure de vérifier ces chiffres de manière indépendante, en raison du manque d'accès et d'informations limitées, a-t-elle précisé.

Depuis le 24 février 2022, la Mission a recensé au moins 16 874 civils tués, dont 820 enfants, et 51 273 blessés, dont 3126 enfants, des chiffres probablement très sous-estimés en raison de l'incapacité de la HRMMU à se rendre dans les zones d'Ukraine occupées par la Russie.

Cinq morts dans une explosion en Crimée

Par ailleurs, une explosion à la suite d'une attaque ukrainienne à Sébastopol a fait cinq morts, a annoncé jeudi le gouverneur local installé par Moscou dans cette ville de la péninsule de Crimée annexée par Moscou en 2014.

Quatre artificiers du ministère russe des Situations d'urgence et un agent de sécurité ont été tués, a précisé Mikhaïl Razvojaïev sur Telegram. Nos gars inspectaient la zone après une attaque ukrainienne. Une munition ennemie a explosé, a-t-il ajouté.

Depuis juin, l’Ukraine a intensifié ses frappes sur cette péninsule, ciblant en particulier les infrastructures énergétiques et logistiques russes.

Ces attaques répétées ont entraîné l'instauration cet été d'une situation d'urgence dans toute la Crimée, destination prisée des estivants russes, où des pénuries de carburant et des coupures d'électricité ont été constatées.

Une importante raffinerie mise à l'arrêt en Russie

Une raffinerie.

La raffinerie Orsknefteorgsintez, dans la ville russe d'Orsk, près du Kazakhstan, est mise à l'arrêt pour au moins six mois après avoir été touchée par une attaque ukrainienne.

Photo : Reuters

Une attaque ukrainienne a aussi mis à l'arrêt pour au moins six mois une importante raffinerie de pétrole à Orsk, une ville proche de la frontière avec le Kazakhstan, à environ 1300 km du front, a annoncé jeudi un responsable russe.

Cette situation pourrait aggraver les difficultés d'approvisionnement en carburant des automobilistes et entreprises en Russie ces derniers mois.

Le gouverneur local, Evguéni Solntsev, a affirmé que les réparations prendraient plusieurs mois.

L'équipement est importé et, compte tenu des sanctions, les réparations prendront jusqu'à six mois. L'usine est complètement à l'arrêt. Nous nous préparons au pire des scénarios.

La région devra s'appuyer sur des importations de carburant pour couvrir ses besoins, selon lui.

Les attaques ukrainiennes ont provoqué des pénuries à travers la Russie dans les derniers mois.

Presque toutes les régions ont dû, à un moment ou à un autre, restreindre les ventes en limitant par exemple la quantité de carburant vendue par client, ou en interdisant le remplissage de bidons.

Les responsables avaient affirmé que la situation s'améliorait ces dernières semaines, sans parvenir à rassurer certains des automobilistes rencontrés par l'AFP à Moscou mercredi.

Les files d'attente sont de nouveau plus longues. Et les prix de l'essence ne baissent pas, au contraire, ils augmentent, regrettait un chauffeur de taxi, Noursoultan Akhmadov.

Échange de dépouilles de soldats présumés

Par ailleurs, l'Ukraine et la Russie ont indiqué jeudi avoir procédé à de nouveaux échanges de dépouilles présentées comme étant celles de soldats tués dans le conflit, l'un des seuls domaines de coopération entre les deux belligérants.

Les corps de 261 personnes décédées ont été restitués à l'Ukraine et, selon la partie russe, ils appartiennent à des militaires ukrainiens, a indiqué sur Telegram le Centre ukrainien pour les prisonniers de guerre, qui ne reconnaît les corps rendus comme étant ceux de soldats qu'après un long processus d'identification.

Le média russe RBC, citant un parlementaire russe, a de son côté indiqué que Moscou avait remis à Kiev 261 corps et avoir reçu de l'Ukraine 24 dépouilles.

Les échanges de corps de soldats tués et de prisonniers de guerre constituent les seuls résultats tangibles des négociations entre Moscou et Kiev, quatre ans et demi après le début de l'invasion russe.

Les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale sont au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février.

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