Vénus n’a pas de Lune. Peut-être qu’elle l’a dévorée
Souvent considérée comme une jumelle de la Terre, Vénus n’a pourtant pas de Lune. De nouveaux travaux avancent qu’elle a peut-être eu un satellite, détruit très tôt dans l’histoire de la planète.
La planète Vénus présente de nombreux points communs avec la Terre : une taille similaire, une composition rocheuse qui y ressemble, et une localisation dans le système solaire, assez proche. Pourtant, contrairement à nous, elle n’a aucun satellite naturel, un cas quasiment unique dans notre système puisque seule Mercure est dans la même situation.
Pourtant, de précédents travaux en étaient persuadés : au XVIIe siècle, des astronomes disaient avoir repéré un satellite nommé Neith en train d’orbiter autour de Vénus. Il a fallu plusieurs siècles de recherches pour balayer l’hypothèse, expliquée par une illusion d’optique en raison de la présence d’une étoile dans le champ de vision. Et ce n’est que lorsque des sondes s’en sont approchées au XXe siècle que la théorie a été définitivement écartée.
Et si la Lune avait été détruite
Quoi qu’il en soit, selon une étude disponible sur le serveur arXiv, et qui n’a pas encore été publiée dans une revue scientifique, il est possible que dans les premiers temps de la vie de Vénus, il y ait bien eu une lune, mais que celle-ci ait été détruite. Stephen Kane, astronome à l’université de Californie à Riverside et principal auteur de l’étude, explique à Space, dans un entretien publié ce mardi 8 septembre, avoir créé des simulations de ce qui aurait pu se passer lors de la formation de la planète.
Dans leur modèle, la jeune Vénus a une lune similaire à celle de la Terre, avec une distance et une orbite équivalente, dans l’hypothèse où les deux planètes ont connu des histoires semblables. Ce qui est probable car, comme la Terre, Vénus a sans doute eu son lot d’impacts géants à la naissance du système solaire. Mais à chaque fois la lune finissait par disparaître, détruite par la force gravitationnelle de Vénus.

La rotation extrêmement lente de Vénus est en cause. Aujourd’hui, une journée y dure 243 jours terrestres et dans ces conditions, le satellite naturel connaissait toujours le même destin : d’abord, il se rapprochait de la planète, puis finissait déchiré par les forces de marée.
Des conditions de survie très improbables
Pour pallier ce problème, les scientifiques ont alors tenté de simuler des situations dans lesquelles la lune était plus massive, mais elle avait alors tendance à faire ralentir davantage la planète, précipitant sa destruction.
Pour que le satellite naturel de Vénus survive jusqu’à aujourd’hui, il faudrait qu’il soit de petite taille, à peu près comme notre Lune, et que la planète tourne sur elle-même en une douzaine d’heures, ce qui est très loin du rythme de Vénus ! Dans ce scénario, une lune vénusienne aurait en effet pu survivre.
Cela veut-il dire que Vénus a véritablement eu une Lune avant de la détruire ? Pas forcément. Pour s’en assurer, il faudrait en trouver des traces directes, ce qui est délicat pour l’instant. Mais la mission DAVINCI, qui est en cours de conception à la Nasa, pourra peut-être permettre d’en apprendre davantage en trouvant des traces d’un ancien satellite disparu dans l’atmosphère de la planète.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.