Terrain acheté pour une fraction du prix | Une municipalité dit s’être fait rouler dans la farine

Un entrepreneur en camionnage de l’Outaouais a fait un coup fumant à l’automne 2025. Il a acheté d’une municipalité un terrain convoité au prix de 82 000 $, puis l’a revendu quatre fois plus cher seulement un mois plus tard.
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Le président de l’entreprise, un dénommé Luc Knight, est-il un as de l’immobilier ? Pas tout à fait, si on en croit des documents judiciaires consultés par La Presse.
Selon la municipalité de L’Ange-Gardien en Outaouais, l’entrepreneur aurait plutôt acheté à bas prix ledit terrain avec la promesse de faire du développement économique et de construire un bâtiment.
Mais Luc Knight et son entreprise de camionnage n’auraient rien fait de tel. Ils se seraient contentés de revendre le terrain 320 000 $ à une autre entreprise, empochant le profit sans jamais construire de bâtiment.
Ces allégations restent à prouver en cour. La municipalité de L’Ange-Gardien, qui s’estime flouée, se tourne vers les tribunaux pour reprendre le terrain.
Le terrain a été cédé à un prix nettement inférieur à sa valeur marchande, afin d’y attirer une entreprise, y voir se construire un bâtiment et y créer de l’activité économique.
Les conditions de vente sont strictes. L’acheteur ne peut, sans l’autorisation du vendeur, subdiviser le terrain ou le céder à un tiers. Il doit aussi ériger un bâtiment industriel ou commercial dans les deux ans, à défaut de quoi la vente pourrait être annulée, toujours selon la municipalité.
Le terrain est convoité. Le « parc d’affaires » de la petite municipalité de 6000 habitants se trouve dans l’axe de l’autoroute 50 et de la route 309, à moins de 30 minutes de Gatineau et Ottawa.
« Mauvaise foi flagrante »
Après avoir acheté le terrain en octobre 2025, l’entrepreneur le revend le 21 novembre à une autre entreprise, spécialisée en fondations, pour près de quatre fois le prix d’achat.
L’entreprise a donc « agi de mauvaise foi flagrante quant aux engagements qu’elle a pris en faveur de la Municipalité », soutient L’Ange-Gardien.
Contacté par La Presse, Luc Knight a plaidé le concours de circonstances.
C’est parce que j’ai fermé ma compagnie. J’avais une compagnie de camionnage. Ça n’allait pas bien, j’ai tout vendu mes trucks, alors pourquoi je garderais le terrain ? Faque je l’ai vendu. Je suis pas millionnaire, là.
Mais ne savait-il pas, un mois avant la revente, lorsqu’il a acheté le terrain, que son entreprise allait mal et qu’il ne pourrait pas respecter les conditions, notamment celle de construire un bâtiment ?
« Je ne peux pas parler plus que ça ! », a dit l’homme.
La Cour supérieure n’a pas encore étudié le dossier sur le fond. Ce sera fait vraisemblablement dans les prochains mois.
La municipalité tente de reprendre possession du terrain. En contrepartie, elle veut redonner à l’entreprise de M. Knight les 82 000 $ qu’il a payés, moins 10 %, comme le stipule le contrat.
Me Gabriel Desjardins représente L’Ange-Gardien, tandis que Luc Knight et son entreprise n’étaient pas représentés par avocat aux dernières nouvelles. Me Jean J. Laflamme représente quant à lui l’entreprise spécialisée en fondations qui a acquis le terrain à fort prix.
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