Des Lavallois en quête de réponses après la chute d’une roche d’une tonne sur une terrasse

Jean Préfontaine se souvient encore très bien du 13 juillet 2025. Ce jour-là, il revient chez lui après avoir fait quelques courses et découvre à sa stupéfaction une roche de près d’une tonne encastrée dans sa terrasse.
J'aurais pu être blessé, j'aurais pu être tué. Si la terrasse n'avait pas été molle puis les fauteuils n'avaient pas été là, la roche serait entrée dans la maison
, raconte le résident du quartier Saint-Vincent-de-Paul à Laval.

Une clôture temporaire a été installée pour permettre aux citoyens de réintégrer leurs résidences après l'éboulement.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Drouin
Comme d’autres de ses voisins, il habite au bas d’une falaise haute d’environ 17 mètres. C’est de ce talus que la roche s’est détachée après de fortes pluies. À l’époque, neuf ménages ont été évacués, certains pendant des semaines.
Plus d’un an plus tard, des résidents attendent toujours des réponses. Ils se demandent si la Ville a réellement pris ses responsabilités dans cette affaire.
Une clôture sous la responsabilité des résidents
Jean Préfontaine montre la clôture de métal qui a été installée derrière sa résidence pour sécuriser sa maison et celles de ses voisins après l’éboulement. La Ville de Laval a déboursé plus de 600 000 $ pour ces travaux d'urgence. Mais il s’agit d’une mesure temporaire.
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Photo : Courtoisie
On n’a pas le droit d’occuper nos terrasses à ce jour
, explique le Lavallois. Un autre de ses voisins, Gilbert Bérubé, s’est fait dire de ne pas trop passer de temps dans sa salle à manger près de la porte-patio qui donne sur sa petite cour arrière en raison des risques d’éboulement toujours présents.
Dans un rapport datant de mars 2026, la firme d'ingénierie Stantec notait que le risque de chutes de pierres demeure élevé en raison de la nature fractionnée du massif rocheux, du drainage insuffisant des eaux de surface et des activités anthropiques au sommet du talus
.
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Après des mois de travaux d'inspection, des employés de la Ville, du ministère de la Sécurité intérieure et du ministère des Transports et de la Mobilité durable ont présenté aux résidents leurs conclusions au printemps 2026.
Comme solution à long terme, ils nous ont proposé une clôture dynamique
, affirme Gilbert Bérubé. La clôture permanente, explique-t-il, serait installée sur une portion de terrain à l’extrémité de leur cour qui appartient à la Ville. Cette parcelle de terre serait cédée aux résidents, qui devraient ensuite assumer la responsabilité de la clôture.
C’est complètement ridicule. Je n'ai pas acheté une maison pour avoir 100 000 piasses de clôture à assumer l’entretien.
La clôture de protection qui sera installée deviendra la propriété des citoyens du bas du talus, puisqu'elle a pour objectif de protéger leur résidence. Il leur incombera donc d'en assurer l'entretien et la pérennité
, confirme la Ville par courriel.
Qui devrait être responsable?
Les résidents du bas de la falaise n’auront pas à débourser pour la construction de la clôture, qui sera subventionnée par un programme d’aide du ministère de la Sécurité intérieure. Mais plusieurs se demandent pourquoi, une fois la clôture installée, son entretien doit leur revenir.
S’ils ont fait des erreurs au niveau des permis de construction au départ ou s’il y a une négligence des autres propriétaires [en haut de la falaise] parce que leur talus n'est pas bien entretenu, ce n’est pas à moi d’assumer ça
, croit Gilbert Bérubé.
Son voisin et lui ont donc refusé la solution proposée par la Ville. Les sept autres propriétaires, comme Jean Préfontaine, se sont entendus avec la municipalité, mais ils ont encore des questions.
On se demande comment ça se fait que la Ville n'a pas exigé des gens d'en haut de s'occuper de leur terrain, soit de leur mur de soutien ou de leur terrain, qui est quand même un 30 pieds dans la falaise, afin qu'on ne reçoive rien dans l’avenir.
Questionné à ce sujet, un porte-parole de la Ville indique que les propriétaires situés en haut du talus sont et ont toujours été responsables de l’entretien de leur portion de terrain, mais que puisque le Programme d’aide financière du ministère de la Sécurité publique vise la protection des personnes et des habitations situées en zones à risque, les sommes accordées servent à mettre en place des mesures de protection au bénéfice des résidents en bas du talus
.
Une explication que comprend mal Gilbert Bérubé : C’est un peu comme le système de santé sécurité au travail. S'il y a des affaires dangereuses, habituellement, ils ne diront pas juste "mettez des bottines à cap d’acier", ils vont régler le problème.
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