La première exécution d’une femme en 200 ans au Tennessee a été suspendue

Une cour d'appel fédérale américaine a suspendu in extremis mercredi l'exécution, dans le Tennessee, de Christa Pike, qui devait être la première femme mise à mort aux États-Unis depuis 2023 et la première dans cet État depuis plus de 200 ans.
Dans une brève décision rendue une heure à peine avant l'exécution, la cour d'appel considère que l'intérêt de la justice et le caractère définitif de l'exécution imminente de Mme Pike nécessitent un court sursis
, dont elle ne précise pas la durée, afin d'examiner les arguments des deux parties.
La Cour d'appel doit trancher sur la recevabilité d'un recours de la défense visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance par Christa Pike, qui a aujourd'hui 50 ans.
L'exécution par injection létale était prévue à 10 h, à Nashville.
Le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, a rejeté lundi les demandes de commutation de peine malgré les appels de nombreuses organisations de défense des droits de la personne, dont Amnistie internationale, et la Cour suprême des États-Unis a rejeté mardi son ultime demande de sursis.

Des opposants à la peine de mort se sont rassemblés à l’extérieur de l’établissement pénitentiaire à sécurité maximale de Riverbend, avant l’exécution prévue de Christa Pike, au Tennessee.
Photo : Associated Press / George Walker IV
Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre, en 1995, de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, alors qu'elle-même était âgée de 18 ans, dans une affaire de rivalité amoureuse.
Ses deux complices, également adolescents, son petit ami de l'époque, âgé de 17 ans, et une autre jeune fille de 18 ans, ont échappé à la peine de mort. Le premier a été condamné à perpétuité et la seconde à une peine avec sursis en échange de son témoignage contre les deux autres.
Les avocats de Christa Pike ont tenté en vain de faire valoir que sa défense lors de son procès en 1996 n'avait pas invoqué les circonstances atténuantes qui auraient dû lui bénéficier, en particulier les traumatismes et les violences, notamment sexuelles, subies depuis son plus jeune âge.
Elle a reçu tardivement un diagnostic de trouble bipolaire et de stress post-traumatique provoqué par les violences subies pendant son enfance.
La dernière exécution d'une femme aux États-Unis remonte à celle d'Amber McLaughlin, 49 ans, dans le Missouri, en 2023, qui était également la première femme transgenre à être exécutée dans le pays.
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