Les ultrariches «mettent le feu à la planète», dénonce Oxfam
Les 0,1 % les plus riches du monde, soit 8 millions de personnes, émettent à eux seuls, plus de pollution carbone que les 44 % les plus pauvres de l’humanité, soit 3,5 milliards de personnes réunis.
C’est ce que révèle notamment une nouvelle analyse d’Oxfam publiée mardi.
Le rapport intitulé « Disaster Divide » indique également que les 0,1 % les plus riches sont responsables de 7 % du réchauffement climatique depuis 1990, c’est donc 70 fois plus que leur part dans la population mondiale.
Un « crime d’inégalité extrême »
Le recours à l’avion privé, privilège réservé aux plus fortunés, demeure l’une des illustrations les plus marquantes des inégalités extrêmes en matière d’émissions de carbone.
Parmi les plus riches du monde, 250 000 personnes possèdent des jets privés, selon l’analyse d’Oxfam.
Chacun des vols de ces avions à réaction émet autant de CO2 que l’humain moyen en produit en une année.
Les excès des plus riches, souligne Oxfam, « tuent les plus pauvres ».
Selon le rapport, les émissions générées en une seule année par le 1 % le plus riche entraîneront, selon les estimations, « 1,9 million de décès supplémentaires dus à la chaleur extrême ».
La majorité de ces décès, 78 %, surviendront dans des pays à revenu faible alors que ces pays ne sont responsables que de 8 % des émissions mondiales, souligne le rapport.
« La crise climatique est souvent décrite comme un défi humain partagé. Ce n’est pas le cas. Les personnes qui ont le moins contribué à la provoquer perdent leurs maisons, leurs récoltes et, de plus en plus, la vie. Pendant ce temps, les ultrariches peuvent s’acheter une sortie de secours », a souligné Amitabh Behar, directeur général d’Oxfam International.
« Il ne s’agit pas d’une tragédie partagée ; c’est un crime d’inégalité extrême », a-t-il écrit dans un communiqué qui accompagne le rapport.
« Détruire et reconstruire »
Le rapport d’Oxfam souligne également que les catastrophes climatiques sont devenues une source majeure de profits pour certains acteurs économiques.
Par exemple, le marché mondial de la gestion et du rétablissement post-catastrophe devrait passer de 70 milliards $ à 92 milliards $ par année d’ici 2029, en raison des catastrophes, comme les incendies de forêt, les inondations et autres désastres causés par le dérèglement du climat.
Dans bien des cas, souligne le rapport, les grandes entreprises qui font beaucoup d’argent en gérant des opérations de nettoyage, sont les mêmes alimentent le changement climatique.
Oxfam a dressé une liste, appelée « détruire et reconstruire », qui comporte 217 entreprises qui investissent à la fois dans les causes du changement climatique, comme l’industrie des combustibles fossiles, et dans le nettoyage post-désastre.
Ces 217 entreprises ont généré en moyenne 1,8 milliard $ de bénéfices en 2025 et versé plus de 1 milliard $ de dividendes à leurs actionnaires, selon Oxfam.
Deux des plus grandes sociétés de gestion d’actifs au monde, BlackRock et Vanguard, détiennent des participations dans 92 % des entreprises figurant dans l’indice « détruire et reconstruire ».
« Les ultrariches mettent le feu à la planète, puis nous font payer les extincteurs », a écrit Amitabh Behar.
« Ils tirent profit de la pollution. Ils tirent profit de la catastrophe. Et ils tirent encore profit du nettoyage. »
Publié à l’approche du sommet des Nations unies sur le climat (COP31) en Turquie, le rapport d’Oxfam exhorte les gouvernements à « taxer les riches pollueurs », à l’aide d’impôts sur la fortune, de taxes sur les entreprises fossiles et sur les articles de luxe très émetteurs, comme les jets privés.
L’ONG réclame aussi une hausse importante du financement climatique pour les pays du Sud global, sous forme de subventions plutôt que de prêts, avec un triplement des fonds d’adaptation d’ici 2035.
Enfin, Oxfam appelle à réduire les inégalités et à mettre fin à l’exploitation lucrative des catastrophes climatiques en limitant le pouvoir des entreprises « dans les interventions d’urgence, la reconstruction et les systèmes alimentaires en cas de catastrophe ».
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