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Wednesday, September 30, 2026

PSPP déplore la «désinformation» et la «distorsion» de ses propos

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Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, tient « la désinformation et la distorsion » de ses propos par les médias et ses adversaires politiques pour grandes responsables de la détérioration de son image auprès de certains immigrants.

« Je viens de recevoir des messages de haine d’un Québécois de la deuxième génération qui m’accuse de l’avoir exclu de la définition de Québécois, ce qui est absolument faux », a-t-il déploré mardi lors d’une entrevue éditoriale au Devoir par écrans interposés.

Au cours de cet entretien d’une heure, l’aspirant premier ministre, qui trône au sommet des sondages à moins d’une semaine du vote, s’est désolé d’assister à la formation d’un « climat de méfiance » envers son option politique. Tout cela alors qu’il dit « tenir le discours le plus responsable possible » sur les questions migratoires.

« Tant qu’on est dans un système médiatique qui consent [à] — et même encourage — la désinformation et la distorsion, ça va être très difficile d’avoir un dialogue serein », a-t-il souligné, en faisant allusion aux attaques lancées par certains de ses opposants politiques à la suite de son annonce devant l’école Roger-Comtois, en début de campagne.

À Québec, ce jour-là, il avait dressé un parallèle entre les politiques migratoires de la dernière décennie et la surpopulation du réseau scolaire.

Pour illustrer son propos — « l’école [Roger-Comtois] déborde en raison d’un trop grand nombre de nouveaux élèves qui viennent de l’immigration » —, l’équipe du chef péquiste avait présenté à la presse des statistiques du Centre de services scolaire de la Capitale. Or, les données alors fournies aux journalistes ne faisaient pas de distinction entre l’augmentation due aux immigrants de première génération (nés ailleurs) et de deuxième génération (nés ici de parents immigrants).

« Moi, j’ai une question pour M. Paul St-Pierre Plamondon : c’est qui pour lui les Québécois ? » avait ensuite demandé la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, en l’accusant de semer la « division ».

« Générer des clics » et des « points »

« Le gros défi qu’on a, c’est de pouvoir traiter certains sujets sans qu’on distorsionne les propos du Parti québécois pour créer un climat de peur », a dit M. St-Pierre Plamondon mardi à la table éditoriale du Devoir. « Tout ça dans quel but finalement ? Générer des clics. Et générer, peut-être, quelques points de plus pour le Parti libéral puis Québec solidaire. Je trouve ça d’une tristesse infinie », a-t-il enchaîné.

Interrogé sur ses liens — ou non — avec l’extrême droite française, le chef péquiste a d’ailleurs dénoncé mardi un « double standard » médiatique. « Je n’ai jamais eu de contact » avec Marine Le Pen et Éric Zemmour « ni [...] tenté d’approche », a-t-il maintenu, avant de faire allusion au voyage effectué par le leader d’extrême gauche français, Jean-Luc Mélenchon, à Montréal en avril 2025, quand il « a rencontré Québec solidaire dans l’indifférence la plus totale ».

« Tous les intervenants de la joute politique et médiatique ont une responsabilité », a-t-il répété.

Aux portes du pouvoir, PSPP s’engage à travailler à « rebâtir des ponts » avec les communautés issues de l’immigration pour les « rallier vers l’indépendance ». Avec les moyens de l’État, il estime qu’il aura « plus de portée et de capacité de tendre la main » qu’il en avait comme simple chef de parti. « Je vais en faire une chose personnelle », a-t-il affirmé. « Quand j’ai la chance de rebâtir la confiance, puis de répondre directement aux craintes ou aux questions légitimes des gens, c’est là que j’ai le plus de fun dans ma job. »

Le chef péquiste s’estime capable de surmonter les faibles appuis à la souveraineté du Québec, ainsi que les traces laissées par les propos de Jacques Parizeau le soir de la défaite du « oui », en 1995. « Je ne pense pas que la jeune génération est hantée par les déclarations de 1995 de M. Parizeau, sauf si, bien sûr, si on le répète à chaque occasion pour essayer de jeter un doute sur le mouvement. »

« Réparer les tuyaux qui coulent »

S’il est désigné premier ministre le 5 octobre, Paul St-Pierre Plamondon ne pourra pas ne se comporter qu’en chef du camp du « oui », concède-t-il. « Je m’attends que nos premiers mois, les 100 premiers jours, soient davantage [consacrés] à tenter de réparer une tuyauterie qui coule abondamment. »

« Ensuite, quand on aura jugé qu’on est en train de stabiliser là où il y a urgence à la matière, il y aura du temps pour ce genre de conférences, ce genre d’initiatives », explique-t-il.

En plus de déposer très vite un projet de loi pour abolir Santé Québec, un gouvernement péquiste s’activerait également à revoir le mode de scrutin pour « amener une composante de proportionnalité ». « L’engagement d’un gouvernement du Parti québécois est de non seulement déposer, mais également d’adopter une réforme du mode de scrutin au cours des quatre prochaines années », indique le chef péquiste, qui ne désire pas répéter le film dans lequel avait joué François Legault en jetant aux poubelles sa propre réforme.

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