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Tuesday, September 29, 2026

Ottawa | Pas d’IA au Parlement pour le Bloc québécois

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(Ottawa) Pour le Bloc québécois, pas question d’utiliser l’intelligence artificielle (IA) pour faire entendre sa voix au Parlement.

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Le parti se démarque des autres formations politiques en interdisant formellement à ses députés d’utiliser l’IA dans la rédaction de leurs discours et de leurs interventions à la Chambre des communes.

Le recours à l’IA se répand comme une traînée de poudre au Parlement depuis un an : 20 % des mots prononcés dans le cadre des débats dans l’enceinte de la Chambre ont été rédigés en utilisant cet outil, selon une récente analyse du magazine The Economist qui a provoqué une cascade de réactions à Ottawa.

« L’intelligence artificielle ne doit pas servir à la rédaction de nos interventions en Chambre », a indiqué un porte-parole du Bloc québécois, Julien Coulombe-Bonnafous, dans un courriel à La Presse.

« On ne doit pas soumettre à l’IA tout contenu non publié, confidentiel ou de nature sensible comme les canevas de projets de loi, communiqués de presse non publiés, ébauches de projets de loi, renseignements personnels ou tout autre document interne du Bloc québécois », a-t-il aussi expliqué.

Tout au plus le parti permet-il aux élus d’utiliser l’IA pour effectuer de la recherche contextuelle, de la correction, de la traduction, pour résumer des documents externes et pour la préparation de rencontres.

De tous les partis politiques, c’est le Bloc qui a adopté les directives les plus strictes et les plus détaillées en la matière.

Le Parti libéral, le Parti conservateur, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert accordent une certaine liberté à leurs troupes, tout en les invitant à une utilisation prudente de cet outil.

La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, « tient profondément à éviter l’IA dans sa vie personnelle comme dans son rôle de députée » et, selon le parti, elle « encouragera toujours les autres députées et députés verts à faire de même ». Mais aucun membre du Parti vert, même la cheffe, ne peut dicter à un autre élu quoi dire, comment exercer ses fonctions ou encore comment voter, a-t-on précisé.

Vaste analyse

Le magazine The Economist a analysé au cours des 12 derniers mois les discours des élus dans les assemblées législatives du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, d’Angleterre, d’Écosse, du pays de Galles, d’Irlande et des États-Unis à l’aide du logiciel Pangram, un outil qui permet de détecter les textes générés par l’IA. C’est ce même logiciel qui a détecté l’usage de l’IA pour la rédaction du roman à succès C’était ça ou mourir.

Les résultats démontrent que ce sont les élus canadiens qui utilisent le plus l’IA après les députés australiens. Selon les données du magazine, la députée de la région d’Ottawa et ex-ministre libérale Jenna Sudds remporte la palme au chapitre de l’utilisation de l’IA à la Chambre des communes.

« Les familles et les jeunes de ma collectivité sont au cœur du budget. Avec le budget de 2025, nous réduisons les impôts de la classe moyenne, ce qui permet à une famille moyenne à deux revenus d’économiser environ 840 $ par année », disait-elle dans un discours sur le budget en novembre 2025.

Selon Pangram, le discours de Mme Sudds était entièrement produit par IA, a pu constater La Presse. Mme Sudds a refusé notre demande d’entrevue, lundi.

Dans les derniers jours, des députés fédéraux ont ouvertement expliqué l’utilisation qu’ils font de l’IA, certains dénonçant carrément cet outil.

Le député libéral Greg Fergus, qui a été président de la Chambre des communes, a déclaré vendredi que l’utilisation de l’IA par les députés dans les débats « est une erreur ».

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Le député libéral Greg Fergus

« Je crois que nous devons faire profiter nos concitoyens de notre expérience. L’IA est très utile pour s’affranchir de la paperasse et des procédures, certes, mais pour ce qui est de participer de manière créative aux échanges là où nous sommes censés débattre des lois et représenter nos concitoyens, non, je ne pense pas qu’elle soit utile », a-t-il dit.

Approches différentes

Chez les libéraux, la directrice des communications du whip en chef du gouvernement affirme que tous les parlementaires, peu importe leur appartenance politique, ont la responsabilité de communiquer des informations véridiques en Chambre.

« Les députés sont responsables de ce qu’ils disent à la Chambre des communes et au sein des comités. Tout document préparé doit être soigneusement examiné et vérifié avant d’être utilisé », a dit Sheryne Morcos.

« Il faut protéger les renseignements confidentiels et personnels, vérifier les faits et ne jamais utiliser l’IA pour induire les Canadiens en erreur », a-t-elle ajouté.

Le Parti conservateur du Canada n’a pas répondu à notre demande à ce sujet. Mais des députés conservateurs ont expliqué que l’usage de l’IA n’était pas proscrit et qu’ils ont eux-mêmes une responsabilité de l’utiliser adéquatement.

« Est-il normal de faire rédiger un discours entier par une IA ? Je pense que ça revient aux élus. Pour ma part, ce n’est pas correct, parce que l’IA ne sait pas ce que je ressens ni qui je suis. J’utilise les recherches fournies par l’IA, mais je tiens à formuler mes propres mots, à exprimer mes propres idées et mes propres réflexions », a déclaré le député québécois Luc Berthold, qui a dit sans détour utiliser l’IA « tout le temps ».

Pour sa part, le NPD a indiqué qu’il est en train d’élaborer une politique encadrant l’utilisation de l’IA par les bureaux des députés.

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