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Thursday, October 8, 2026

Le Clap célèbre ses 40 ans dans une industrie en mutation

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La mort annoncée des salles de cinéma peut attendre. À Québec, l’achalandage du Clap est en hausse de 16 % par rapport à l’année dernière. Cette performance remarquable coïncide avec le 40e anniversaire de cet établissement phare de la capitale né dans les sous-sols de la mythique pyramide de Sainte-Foy.

« C’est une année de forte augmentation dans l’industrie en général », observe le directeur général du Clap, Robin Plamondon. « Ça fait plusieurs années qu’on se demande si c’est une année d’exception, mais c’est plutôt la norme. »

Les deux premiers trimestres de 2026 se distinguent par la performance simultanée de productions issues de plusieurs genres. Robin Plamondon donne l’exemple du film d’horreur américain Obsession, qui s’est maintenu à l’affiche pendant plus de 10 semaines.

Cet élan ne risque pas de s’essouffler avec l’arrivée prochaine d’Avengers: Doomsday et du troisième volet de Dune. La projection de ces superproductions témoigne de la diversification du Clap, dont la réputation s’est construite autour du cinéma d’auteur.

Selon le communiqué de presse de l’établissement, les films commerciaux représentent aujourd’hui 60 % des longs métrages projetés dans ses salles, contre 20 % pour les réalisations québécoises et 20 % pour les films étrangers. La proportion de films commerciaux serait toutefois plus près de la parité, note Robin Plamondon. « Les 60 % sont surévalués parce que le ministère de la Culture considère qu’un film américain n’est pas un film d’auteur. Mais en réalité, ce n’est pas que du commercial. »

Genèse

Le Clap a été fondé en 1986, comme le suggère la célébration en cours de son 40e anniversaire. La projection inaugurale remonte toutefois au 16 novembre 1985. Ce jour-là, les cinéphiles de la capitale prennent place dans de « confortables fauteuils européens » pour assister à la présentation du film Le baiser de la femme araignée, un huis clos se déroulant dans une cellule sous la dictature militaire au Brésil.

Les deux premières salles du Clap ont été aménagées dans les profondeurs du centre Innovation, dont la forme triangulaire évoque la pyramide de Khéops en version métallique. « Ce n’était pas un lieu prédestiné pour ouvrir un cinéma », se rappelle Robin Plamondon. « Il fallait vraiment avoir une vision à l’époque. »

La pyramide avait l’avantage d’être au centre d’un triangle de jeunes cinéphiles issus du cégep Garneau, de Sainte-Foy, mais surtout de l’Université Laval. Pour 3,75 $, l’équivalent de 10 $ aujourd’hui, les étudiants avaient accès à des films d’auteur projetés en langue originale.

Au début des années 2000, Le Clap comptait cinq salles, où l’on passait du Fabuleux destin d’Amélie Poulain à l’obscur Kandahar. « Le marché était très différent », souligne Robin Plamondon. « Le cinéma indépendant et d’auteur coûtait beaucoup moins cher en location et on pouvait se permettre de ne vivre qu’avec ce genre de produit là. »

Pause pandémique

En 2018, Le Clap a ouvert une première succursale à Loretteville, en banlieue de Québec. L’année suivante, il a déménagé son quartier général de la pyramide vers un bâtiment attenant au centre d’achat Place Ste-Foy. La pandémie de COVID-19 a frappé trois mois plus tard.

« On a été fermé et ça nous a bloqués », relate Robin Plamondon en se remémorant cette période difficile. « Un cinéma, ça prend entre trois et sept ans avant d’atteindre sa vitesse de croisière. »

Le déménagement du Clap est venu avec une diversification des genres. « Les cinq salles supplémentaires qu’on a ouvertes étaient destinées à faire plus de contenu commercial pour soutenir les films d’auteur, qui étaient à l’origine du Clap. »

Robin Plamondon constate un effet d’entraînement. « On est à l’envers du marché. Depuis qu’on a déménagé, le nombre d’entrées pour le film européen a presque doublé. Même si on présente plus de contenu commercial, on offre également plus de films européens et québécois. »

Le public s’est renouvelé en dépit des sombres pronostics présumant de la désaffection des jeunes pour les salles obscures. « Je dis souvent que le problème a été pris du mauvais sens. Ce n’est pas l’entité du cinéma qui ne plaisait pas aux jeunes, mais le contenu. Il faut présenter ce qu’ils ont envie de voir. »

Le directeur du Clap donne l’exemple des films d’animation japonais et des productions mettant en vedette des youtubeurs qui servent de porte d’entrée aux jeunes. « Ça permet de diversifier ce qu’ils vont avoir envie de consommer. »

Expansion

L’ouverture d’une succursale du Clap au centre-ville de Québec fait rêver les cinéphiles des vieux quartiers entassés dans les autobus en route vers Sainte-Foy. « On se fait courtiser de façon régulière depuis au moins les 20 dernières années », commente Robin Plamondon. « Le centre-ville a été analysé à de multiples reprises dans différents lieux, mais on n’arrivait jamais à trouver la bonne façon de faire cohabiter un cinéma dans cet environnement. »

Le manque de places de stationnement est un enjeu de taille, constate Robin Plamondon. « Ce genre de commerce est très énergivore en pieds carrés. Les coûts de construction et d’exploitation sur ces emplacements-là sont très élevés. Ce sont des calculs très sérieux qu’on fait quand on décide de se lancer. » Le Clap a tenté brièvement l’expérience en exploitant une salle à l’intérieur du Musée de la civilisation entre 2014 et 2016.

Cela dit, la porte n’est pas fermée pour une expansion du Clap, que ce soit au centre-ville de Québec ou dans d’autres villes. « On a solidifié nos bases au cours des dernières années et on travaille sur des projets, mais il n’y a rien de concret pour l’instant. »

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