La récolte des betteraves est mauvaise à cause de la sécheresse

Cette année, la récolte de betterave, c’est un peu comme récolter des mauvaises nouvelles.
Thomas Feuillein, agriculteur à la ferme des Dames Blanches, constate le résultat de la récolte auprès de son tas de betteraves au pied de la machine qui les charge dans le camion à destination de la raffinerie. "Ben, c’est comme le temps, là. Sec, trop sec. Les rendements ne sont pas là, ça c’est clair."
La seule explication de cette récolte en dessous des moyennes, c’est la sécheresse cet été qui a réduit le volume des betteraves et donc leur poids, nous dit Thomas Feuillein : "le problème, c’est que la taille des betteraves n’y est pas et donc le poids des betteraves n’y est pas. Parce qu’elles n’ont pas eu assez d’eau, elles n‘ont pas pompé d’eau assez pour faire du poids."
Alors, il reste une petite chance : le taux de sucre dans la betterave. "On doit livrer à la raffinerie avec un minimum de sucre à 17, et si on est au-dessus en taux de sucre et bien ça compense un peu la perte qu’on a en poids."
Thierry Masson, président du syndicat betteravier à l’usine de Longchamps, confirme globalement la tendance. "Le rendement cette année n’y est pas à cause de la sécheresse. Par contre, le taux de sucre dans les betteraves en ce début de récolte est bon. Mais on accuse tout de même une perte économique de 20%."
Et si les betteraves n’avaient pas été plantées si tôt, en mars-avril, la récolte aurait été pire encore, nous raconte Kristof Vrancken de la Raffinerie Tirlemontoise : "On a pu heureusement planter très tôt, à un moment idéal, en mars-avril, ce qui est très tôt par rapport aux autres années. La racine a donc eu plus de temps de descendre plus profondément dans le sol pour survivre et aller chercher des nutriments."
Alors, reste-t-il une chance pour sauver cette récolte ?
Certes, c’est le début de la campagne de récolte, et avec la pluie, les betteraves pourront encore grossir mais justement, avec la pluie, la racine perd du sucre, comme le dit Thierry Masson : "Pour le moment, on ne peut plus rien faire que subir. C’est fini. La pluie vient beaucoup trop tard et donc s’il pleut maintenant, la récolte qui va encore durer quelques semaines ne peut être sauvée car le cycle végétatif de la betterave est pratiquement fini ; et tout ce qui peut arriver, c’est une perte en sucre parce que la plante risque de refaire de nouvelles feuilles."
Bref, la pluie maintenant viendrait diminuer le taux de sucre honorable actuel.
Vous devriez aussi voir les tracteurs et remorques chargées de betteraves sur les routes moins longtemps que les autres années. Un mois de moins que les précédentes. La récolte à la campagne s’arrêtera en effet fin décembre ou début janvier, et il y a deux raisons à cela, nous dit Kristof Vrancken de la Raffinerie Tirlemontoise : "Il y a moins de rendement d’une part ; mais aussi, il y a une diminution de la surface cultivée de betteraves. Cette diminution était aussi une manière de soutenir les prix en diminuant l’offre et la quantité de betteraves produites."
Et, justement, question prix ? On sait que le prix du sucre sur les marchés internationaux a un impact direct sur le revenu des agriculteurs. Si le prix au niveau mondial est en tendance à la hausse, ce n’est pas le cas en Europe. Entre autres parce que la consommation de sucre raffiné diminue. Bref, le prix n’y est pas non plus, se désole Thomas Feuillein, agriculteur de la région de Gembloux. "Si on nous donnait un meilleur prix, on pourrait s’en tirer mais le prix n’y est pas non plus. Cette année, on a ni le rendement, ni le prix payé par la raffinerie."
Dans ce cas, si le rendement n’y est pas, et si le prix ne compense rien, au contraire, avec les risques climatiques et d’été caniculaire, il n’est pas impossible que la surface dédiée à la culture de la betterave diminue encore et que les agriculteurs choisissent des cultures plus rentables.
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