Un accident de car scolaire fait deux morts et de nombreux blessés dans l'Ain : le conducteur "se serait assoupi" affirme le parquet

Les deux passagers tués sont une fillette de sept ans et un jeune homme de 18 ans, a détaillé le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui s’est rendu sur place. Trois personnes sont "en urgence absolue", une vingtaine en urgence relative et "il y a surtout un grand traumatisme", a-t-il ajouté. Il y avait 43 personnes à bord, dont 15 mineurs en route vers leurs établissements scolaires, selon le parquet. "À ce stade, il n’y a pas d’explication particulière qui puisse être donnée", a expliqué à la presse le président de la Région Fabrice Pannekoucke. Une grande tente blanche a été installée pour faciliter le travail des secours, selon des journalistes de l’AFP sur place. La procureure de la République a tenu une conférence de presse en fin d’après-midi. Le chauffeur du car, un homme de 26 ans, hospitalisé en raison de blessures aux jambes, a été placé en garde à vue. Il "indique qu’il se serait assoupi", a déclaré la procureure Karine Malara. "Lorsqu’il s’est réveillé, il s’est retrouvé de l’autre côté de la chaussée et a percuté plusieurs arbres qui bordaient cette chaussée, avant de s’immobiliser dans le ravin".
Une lycéenne, qui était dans le car accidenté vendredi matin dans l’Ain, raconte "un coup de volant très fort" et la chute "dans un fossé" où le véhicule s’est fracassé contre des arbres. Habituée à prendre le car régional qui relie Lyon à Bourg-en-Bresse, cette jeune femme de 17 ans s’est "assise à la place du fond" ce vendredi. Le bus a dépassé la commune de Lent et, peu après, "le chauffeur a fait un coup de volant très fort. On était sur la voie de droite. On a dérivé sur la voie de gauche. Puis, on a foncé dans un fossé", raconte-t-elle à la presse, dont l’AFPTV. "Les vitres se sont toutes ouvertes. On est tous descendus par les fenêtres ou par le milieu du bus", poursuit-elle. "On a essayé de sauver la plupart des gens […] qui n’arrivaient pas à sortir. On a essayé de prendre les gens qui avaient le visage rempli de sang, les mettre sur le bas-côté pour ne pas qu’ils se fassent écraser par des voitures, parce que les pompiers et les policiers n’étaient pas là encore", a ajouté cette lycéenne.
Elle n’a rien vu sur la route au moment de l’accident. "J’étais tout au fond, j’avais vu sur le pare-brise et non, il n’y avait rien d’anormal. On ne sait vraiment pas ce qui s’est passé, ce qui a pu provoquer ça", a-t-elle affirmé. Elle fait partie de la vingtaine de blessés recensés, en plus des trois blessés en urgence absolue. "Je me suis cognée la nuque, j’ai eu un gros coup à la tête, j’ai eu mal derrière la jambe", raconte-t-elle après un passage à l’hôpital.
En montrant une vidéo tournée dans le véhicule peu après le choc, elle raconte le "verre partout", "du sang par terre dans le bus", des branches d’arbres rentrées dans le car, des téléphones cassés, des morceaux d’écouteurs… Cette ligne, affrétée par la région Auvergne-Rhône-Alpes mais opérée par un prestataire, est selon elle "très bondée mais toujours calme": "souvent le matin, on est tous assis, on a tous nos écouteurs, on dort un petit peu avant d’aller au lycée".
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