Paul St-Pierre Plamondon accuse la CAQ d’avoir «laissé la maison en désordre»
« Le précédent gouvernement laisse la maison en désordre », a déploré mardi le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, alors qu’il prépare la mise à jour économique et financière.
Le gouvernement caquiste et son ministre des Finances, Eric Girard, se sont toujours targués de laisser la maison en ordre comme ils l’avaient reçue des libéraux en 2018, mais voilà que le nouveau chef du gouvernement péquiste apporte un démenti.
« Nous sommes devant un déficit budgétaire important et il faudra prendre des décisions courageuses pour le résorber », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux mardi soir, après avoir rencontré son ministre des Finances, Nicolas Marceau, ce qui annonce des arbitrages difficiles à venir.
Il n’a toutefois pas précisé le montant du manque à gagner auquel il est confronté.
À la dernière séance du cabinet Fréchette le 14 octobre dernier, juste après les élections qui les avaient rayés de la carte, les ministres caquistes assuraient pourtant qu’ils laissaient la maison en ordre.
« On laisse la maison dans un état qui est mieux qu’auparavant », avait plaidé le vice-premier ministre, Ian Lafrenière.
« On a le deuxième ou troisième plus petit déficit au Canada », avait déclaré le ministre sortant des Finances, Eric Girard.
Or rappelons qu’à son arrivée au pouvoir en 2018, la CAQ avait hérité d’un surplus de 8 milliards $ du gouvernement libéral sortant. Mais le gouvernement caquiste a depuis dû gérer une pandémie, avait tenu à faire valoir M. Girard.
« Je vous assure que le nouveau gouvernement du Québec est résolu à reprendre le contrôle de nos finances publiques après des années de déficits sous la CAQ », a écrit M. St-Pierre Plamondon dans son message.
Aujourd’hui, je rencontrais le ministre des Finances, M. Nicolas Marceau, ainsi que nos conseillers économiques pour travailler sur la mise à jour économique que nous présenterons à l’Assemblée nationale dans quelques semaines. Ce sera l’occasion de présenter des mesures pour aider les Québécoises et les Québécois à faire face à la hausse du coût de la vie. Notre gouvernement tiendra promesse, comme il l’a fait en débloquant des aides d’urgence pour l’itinérance. La préparation d’une mise à jour économique est un travail complexe dans les circonstances que l’on connaît. Malheureusement, le précédent gouvernement laisse la maison en désordre. Nous sommes devant un déficit budgétaire important et il faudra prendre des décisions courageuses pour le résorber. Mais je vous assure que le nouveau gouvernement du Québec est résolu à reprendre le contrôle de nos finances publiques après des années de déficits sous la CAQ. Nous montrerons d’ailleurs l’exemple. Nous déposerons comme premier projet de loi une loi pour geler le salaire des députés, ministres et principaux dirigeants des sociétés d’État jusqu’au retour à l’équilibre budgétaire. Nous avons l'équipe pour créer les conditions d’une croissance économique forte et pour mettre fin au gaspillage et réduire la bureaucratie. C’est comme cela qu’on reprendra le contrôle sur nos comptes publics. D’ailleurs, le nouveau Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allégement règlementaire est au travail et entendra prochainement les bonnes idées des partenaires pour commencer son effort de réduction de la paperasse. C’est un effort essentiel qui nous permettra de recentrer l’État sur ses missions fondamentales et de libérer l’expertise de l’appareil public pour qu’il puisse offrir des services de qualité à la population.
— Paul St-Pierre Plamondon (@PaulPlamondon) November 3, 2026
Déposé le 17 août, juste avant le déclenchement du scrutin, le Rapport préélectoral sur l’état des finances publiques du Québec annonçait pourtant une légère embellie.
Il prévoyait un déficit comptable de 5,2 milliards $ (0,8 % du PIB) en 2026-2027, soit une amélioration de 1,1 milliard $ par rapport à celui prévu dans le budget 2026-2027 déposé par M. Girard plus tôt en mars. Mais avec le versement au Fonds des générations, la CAQ prévoyait un déficit de 8,6 milliards $ pour 2026-2027.
En campagne électorale, le PQ s’est engagé à un retour à l’équilibre budgétaire en 2028-2029, soit un an plus tôt que ne le prévoit la Loi sur l’équilibre budgétaire.
Pour y arriver, le gouvernement péquiste mise notamment sur des compressions dans la bureaucratie, ainsi que la réduction de la croissance de la masse salariale de l’État.
Mais il devra en outre cependant réaliser ses engagements qui pourraient coûter cher au Trésor public.
Pour ses 100 premiers jours au pouvoir, M. St-Pierre Plamondon s’est notamment engagé à retirer la TVQ sur les biens d’occasion, ainsi qu’à réduire la taxe sur l’essence, d’un montant équivalent à sept cents par litre.
Il a également déjà débloqué une aide d’urgence de 28 millions $ pour lutter contre l’itinérance — en phase avec sa promesse d’investir 1 milliard $ sur quatre ans pour réduire l’itinérance.
Il s’est aussi engagé à verser 100 millions $ pour contrer l’insécurité alimentaire.
Le cadre financier du PQ intègre également une réduction de 20 % des impôts des PME ainsi que plusieurs baisses de taxes et des crédits d’impôt ciblés pour les citoyens.
Nominations économiques
Par ailleurs, M. St-Pierre Plamondon a annoncé mardi des nominations économiques pour l’épauler.
Alors que l’ex-grand patron de Desjardins, Guy Cormier, vient de faire le saut pour le Parti libéral du Canada (PLC), il a en effet recruté l’un de ses bras droits.
Isabelle Garon s’occupera notamment du Sommet sur l’itinérance et des États généraux sur l’éducation, deux des priorités énoncées par le nouveau gouvernement péquiste pour ses 100 premiers jours.
Mme Garon a notamment été première vice-présidente Marketing, Communications, Coopération et cheffe de cabinet du président au Mouvement Desjardins.
Elle est la deuxième figure importante issue de cette organisation financière à faire le saut en à peine quelques jours dans le monde politique, après M. Cormier, qui est en effet devenu dimanche candidat pour le PLC à l’élection complémentaire dans Laurier-Sainte-Marie.
Mme Garon aura aussi pour mandat de « suivre l’avancement des travaux de la Commission sur l’allégement réglementaire et bureaucratique, en plus de piloter les grands objectifs stratégiques du gouvernement », a écrit le premier ministre.
Il a rappelé qu’elle a plus de 30 ans d’expérience au sein de grandes organisations et elle en a tiré la « capacité à évoluer dans des environnements complexes et à piloter des transformations stratégiques à fort impact ».
M. St-Pierre Plamondon a également annoncé la nomination de Laurent Desbois à titre de conseiller économique du premier ministre.
M. Desbois a été responsable de la gestion du risque des devises à la Caisse de dépôt et placement, mais a également œuvré pour Merrill Lynch Citibank, pour la Banque du Canada au comité des devises, en plus d’avoir été maire d’Outremont et vice-président de la Commission des finances et de l’administration de la Ville de Montréal.
« Son mandat sera d’aider à redresser les finances publiques et d’accompagner le gouvernement du Québec dans la recherche des occasions de croissance économique dans le contexte du conflit commercial avec les États-Unis », a précisé le chef du gouvernement.
Il sera donc appelé à assister le président du Conseil du trésor, Alain Therrien, en vue d’examiner « toutes les subventions inefficaces (….) et les sources de gaspillage dans l’appareil étatique », a conclu M. St-Pierre Plamondon.
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