Faire confiance à une application de reconnaissance de champignons : un risque potentiellement mortel

Dans son jardin, Christine nous fait observer un paxillus involutus, un paxille enroulé. Un champignon mortel. Nous prenons une photo. Et la soumettons à l’une de ces applications. Verdict : "bollet jaune". Un champignon comestible. Et pourtant, le paxille enroulé peut provoquer une insuffisance rénale ou une destruction des globules rouges, peut-on lire sur le site du centre antipoisons.
Parfois, malheureusement, la personne ne s’en sort pas
Du côté du centre antipoisons, le constat est le même : ces applications ne sont pas fiables. Diego Costales est mycologue expert pour le centre. "Malheureusement, il n’y a pas de traitement réellement pour les champignons, donc parfois, la personne ne s’en sort pas." Il a relevé lui aussi de graves erreurs de l’IA. "Une personne m’a montré un jour un paxille enroulé qui était référencé comme étant un cèpe (encore !, ndlr). Le paxille est classé mortel. Donc, c’est assez problématique. Il faut vraiment qu’on ne se base pas sur la comestibilité indiquée par ces applications".
Nos voisins français ont évalué les conséquences : "En France, l’ANSES, l’Agence nationale de sécurité alimentaire, référence une trentaine de cas par an liés à des intoxications parce que les gens ont suivi l’IA. En Belgique, on n’a pas de chiffre officiel, mais on pense que c’est au moins similaire. Et ça ne serait vraiment pas étonnant", estime l’expert.
Il y a quelques années en effet, le centre antipoisons de Paris avait commencé à étudier les réponses de l’IA et estimait qu’elle se trompait dans au moins un cas sur deux. Il faut dire que l’observation d’un champignon ne se limite pas à une vue globale. Il faut l’observer sous tous ses angles pour pouvoir le classifier.
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