Les Éditions du Boréal disent n’avoir aucune preuve que Thélyson Orélien n’a pas utilisé d’IA
Les Éditions du Boréal admettent qu’ils ne disposent pas de preuves que l’auteur Thélyson Orélien n’a pas utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour son roman acclamé, C’était ça ou mourir.
L’écrivain québécois d’origine haïtienne a pour une rare fois pris la parole, mardi, depuis qu’un compte sur X l’a accusé d’avoir eu recours à l’IA pour son ouvrage, qui était jusque-là salué par la critique et en lice pour le prestigieux prix Goncourt.
Bien qu’il ait reconnu des cas de plagiat dans son passé, il a vigoureusement nié s’être servi d’une « machine » pour raconter une histoire, qui, dit-il, venait de ses « tripes » et avait été amorcée en 2017. Il a ajouté que son premier jet avait été livré en 2019.
Or, les Éditions du Boréal ont indiqué dans leur propre communiqué, publié mercredi, que, hormis la parole de l’auteur, ils n’avaient « pas, à ce jour, d’éléments nous permettant de retracer avec précision l’historique du manuscrit avant le 12 septembre 2025, date à laquelle il a été reçu par notre équipe ».
« La réserve de l’auteur sur sa démarche est un choix qui lui appartient. Les allégations d’utilisation de l’IA ne justifient pas que nous adoptions un rôle de surveillance avec nos auteurs et autrices », a souligné la maison d’édition.
« L’éditeur n’a pas à exiger des preuves de leur part, mais doit se tenir à leurs côtés et c’est ce que nous faisons. »
Les Éditions du Boréal ont donc choisi de maintenir le livre en librairie, et « il reviendra à chacun de faire un choix quant à la place qu’il lui accordera dans sa bibliothèque », ont-elles précisé.
L’éditeur s’est toutefois dit « heurté » par le plagiat admis par Orélien, qu’il « condamne sans réserve ».
Il a ajouté qu’il amorcerait une réflexion, qui va au-delà du livre en question. « Les Éditions du Boréal sont engagées dans une profonde réflexion afin de tirer les leçons qui s’imposent de cette situation inédite et continuer à protéger et à valoriser la création humaine. »
« Aucune phrase créée par une machine »
À la fin du mois dernier, un compte X anonyme a causé un tremblement de terre dans le domaine littéraire en affirmant que le roman très populaire avait été rédigé « presque intégralement » par l’intelligence artificielle.
Dans la foulée de cette controverse, des présumés cas de plagiat visant l’auteur ont été mis au jour et « C’était ça ou mourir » a été exclu de certains prix littéraires.
Or, Thélyson Orélien a maintenu son innocence, réaffirmant mardi « qu’aucune phrase de ce livre n’avait été créée par une machine ».
« L’expérience que je vis est cruelle. En attribuant à une machine un texte qui est mien, qui est celui de tous les miens, on n’est pas seulement venu contester ma qualité d’écrivain mais mon humanité. »
Dans le même texte, il a toutefois reconnu des « erreurs de jeunesse », qui l’ont amené à « s’attribuer des textes qui ne sont pas les (siens) », notamment « Le Matin des magiciens », de Louis Pauwels et Jacques Bergier, un ouvrage qui, dit-il, l’avait « renversé ».
Admettant ces erreurs comme étant « inacceptables », il a toutefois appelé les lecteurs à juger son livre « pour ce qu’il est ».
« Je sais que le passé est capable de susciter des questions légitimes et je ne demande pas qu’on les écarte. Mais une erreur de jeunesse ne peut tenir lieu de preuve contre un roman débuté en 2017 et qui sera finalement publié en 2026 », a-t-il ajouté.
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