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Tuesday, September 29, 2026

Un gars qui fait grand bruit

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Une campagne, c’est une bataille où les chefs, à la manière de généraux et de générales en guerre, s’entourent d’un état-major fidèle qui s’assure que chaque rouage de la machine électorale tourne sans grincer jusqu’au jour du vote.

Dans la garde prétorienne d’Éric Duhaime, il y a un directeur des communications, un conseiller politique, une attachée de presse, une directrice de campagne — et parfois Mia, l’adorable cerbère du chef conservateur.

Et puis il y a Michel, le dompteur de micros, le manieur de câbles jack et le sorcier de la transmission en direct sur Facebook. Sans ce directeur technique, la caravane conservatrice n’aurait tout simplement pas de son, pas d’image.

Au premier jour de la course, Michel a eu des sueurs froides en raison d’un couac sonore. Éric Duhaime avait fait une sortie triomphale de son autocar, embrassé les candidates mises en rang derrière son lutrin, puis ouvert la bouche pour prononcer le discours inaugural de sa campagne… mais au premier mot, silence radio, aucun bruit ne sortait du micro. Une, deux, puis dix longues minutes…

Les journalistes présents admiraient le calme de Michel là où tant d’autres, en pareil combat contre des branchements qui ne marchent pas, s’avoueraient vite vaincus entre deux « Voyons, maudit ! » exaspérés. Certains se demandaient si Michel n’allait pas devenir la première personne à se faire montrer la porte du camp conservateur.

C’était bien mal connaître ce vieux routier de la technique. Le premier micro que Michel a branché pour une conférence de presse politique, c’est sous le nez de René Lévesque qu’il l’a placé. Au cours de sa longue carrière, il a donné vie aux parties des Canadiens de Montréal dans le téléviseur de millions de personnes. Il a aussi recueilli et amplifié les voix de la défunte reine Élisabeth II lors de l’ouverture des Jeux du Commonwealth en 1994 et de l’ancien président américain Barack Obama à l’occasion d’une visite officielle en sol canadien.

La campagne conservatrice sera sans doute son dernier tour de piste avant la retraite. Le Devoir lui en souhaite une bonne et tient à saluer tous ces soldats de l’ombre qui rendent audible, à leur manière et dans leur caravane respective, la conversation démocratique en cours.

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