Un nouveau pont Honoré-Mercier réclamé par des maires de la Rive-Sud

Des maires de la Rive-Sud réclament la construction d'un nouveau pont Honoré-Mercier. Selon eux, les travaux de réparation de la structure vieillissante ne suffisent plus et les mesures d'atténuation du trafic ne sont pas à la hauteur du problème.
Une fissure sur une poutre constatée lors de travaux d’entretien cause depuis hier la fermeture de la voie de gauche, en direction de Montréal, pour une durée indéterminée.

La fissure constatée mardi matin sur le pont Honoré-Mercier.
Photo : Ministère des Transports et de la Mobilité durable
Le maire de Delson et préfet suppléant de la MRC de Roussillon, Christian Ouellette, juge qu'il est temps de construire un nouveau pont. On est vraiment au bout du rouleau, depuis la fermeture d’une voie [hier]. Surtout qu’il n’y a pas de plan en place, de mesure de transport collectif
, a-t-il confié au micro de Tout un matin.
Le maire de Châteauguay, Éric Allard, est également de cet avis, surtout que sa municipalité dépend davantage du pont Honoré-Mercier pour se rendre à Montréal. Selon lui, le temps est venu que le gouvernement commence à réfléchir à la construction d’une nouvelle structure, a-t-il renchéri en entrevue à ICI RDI, et qu'il revoie ses plans de contingence.
Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) a suspendu le péage sur l’autoroute 30, en direction ouest, de 5 h 30 à 9 h 30 en semaine pour atténuer la congestion.
M. Ouellette concède qu'il s'agit d'un premier pas intéressant, mais que ce n’est pas suffisant. Il faut mettre en place des plans pour répondre à nos citoyens pour qu’ils ne se retrouvent pas dans des bouchons de plusieurs kilomètres qui prennent une heure et demie pour aller à Montréal.

La fermeture de la voie de gauche du pont Honoré-Mercier en direction de Montréal a provoqué d'importants embouteillages, le mercredi 14 octobre.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Selon Christian Ouellette, les infrastructures sont en place pour que des autobus puissent venir répondre à cette demande. Il réclame qu’un plan clair soit établi en ce sens par le gouvernement. On veut un plan de contingence vers lequel on peut rapidement se tourner.
Il soutient toutefois qu’à long terme, le lien le plus à l’ouest qui relie la Rive-Sud à Montréal doit être refait. On est en train de jouer dans le même film que pour le pont Champlain. On a mis des dizaines de millions de dollars sur le pont Mercier, et aujourd’hui on a le résultat qu’on a.
Le MTMD indique que la fissure n’est pas dangereuse pour le moment. La fermeture d’une voie permet de réduire la charge sur la structure, expliquait mercredi le porte-parole du ministère. Les travaux liés à cet enjeu pourraient prendre quelques jours, mais le MTMD n’a pas donné un échéancier précis pour la réouverture de la voie.
Le maire de Delson se dit peu encouragé. Il rappelle que le pont a plus de 90 ans et qu’il est en fin de vie. La préoccupation qu’on a, c’est : est-ce que ça va refermer encore dans deux semaines? Si on a découvert des faiblesses sur la structure aujourd'hui, on va en découvrir d’autres demain aussi.
Ce qu’on réclame aujourd’hui au gouvernement, c’est de planifier un nouveau pont.
Une fissure de 30 centimètres, c'est très gros
Bruno Massicotte, professeur titulaire en génie civil à l'École polytechnique de Montréal, fait écho aux propos de Christian Ouellette. S'il estime que la réparation nécessaire peut être relativement simple et rapide à réaliser, il croit qu'il faudra être très vigilant à l'avenir. S'il y en a à un endroit, il va falloir faire attention et s'assurer que la même situation ne se retrouve pas [ailleurs].
Même si d'autres fissures n'apparaissent pas immédiatement dans les prochains jours ou semaines, il faudra peut-être augmenter la cadence des inspections des structures du pont, a-t-il affirmé en entrevue à ICI RDI.
Questionné sur l'importance d'une fissure d'une trentaine de centimètres, tel que rapporté par le MTMD, M. Massicotte était sans équivoque : C'est très gros.
Normalement, quand on voit une fissure qui va mesurer un demi-centimètre, ça commence à être problématique.
Dans ce cas, un nouveau pont est-il essentiel? Il ne s'agit pas d'une science exacte, a-t-il expliqué.
Parfois on va dire que, si réparer coûte la moitié de ce que ça coûterait de construire en neuf, il faudrait penser [à cette option]
, a-t-il expliqué. Les travaux de réparation doivent permettre de prolonger suffisamment la durée de vie de la structure pour justifier des investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars.
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