On a retrouvé le soldat Boulerice
On avait fini par se poser la question. Comment se fait-il qu’Alexandre Boulerice, candidat vedette de Québec solidaire (QS), soit si peu visible dans cette campagne ?
Quand on demande à l’équipe solidaire, on nous signale qu’il multiplie les activités sur le terrain, qu’il est tous les lundis soir au 24/60 de Radio-Canada. Certes. Il n’en demeure pas moins que la recrue phare venue du fédéral se fait relativement discrète.
Mais alors, pourquoi cet effacement ? Le Devoir a posé la question directement au premier intéressé.
« Mon équipe le remarque aussi : je fais moins de médias dans cette campagne que lors des deux ou trois dernières campagnes fédérales », confirme celui qui a été député fédéral sous les couleurs du Nouveau Parti démocratique (NPD), de 2011 à 2026.
L’une des raisons à cela, c’est qu’ils sont plusieurs à Québec solidaire à se partager le temps médiatique consacré au parti. « Parfois, c’est Alexandre Bolduc qui va y aller, parfois c’est Andrés [Fontecilla] ou Guillaume [Cliche-Rivard]… Il y a une espèce de répartition des tâches. »
Autre raison, le fait qu’au NPD, Alexandre Boulerice était la voix francophone du parti et de son chef, Jagmeet Singh.
« Je pense qu’il y a une distorsion parce que les médias ont été habitués à ce que je sois le porte-parole du NPD au fédéral. J’étais le chef adjoint de Jagmeet Singh, c’est systématiquement moi qu’on envoyait quand Jagmeet ne pouvait pas donner des entrevues en français. Ça a contribué à une forme de surexposition. »
Il y a aussi la volonté au sein du parti de mettre plus en avant la co-porte-parole, Ruba Ghazal, dont c’est la première campagne en tant que cheffe de Québec solidaire.
« Ruba était peu connue en début de campagne électorale, c’était une volonté de la faire connaître. Il fallait augmenter son niveau de notoriété, si possible, augmenter ses opinions favorables, explique M. Boulerice. C’était une volonté qui était claire de la part de la direction de la campagne. »
Depuis quelques semaines, Alexandre Boulerice vient donner un coup de main à Andrés Fontecilla dans Laurier-Dorion (Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension), ou à Gisèle Pouhe Njall dans Rosemont. Dimanche, il a d’ailleurs distribué des dépliants avec cette dernière et Françoise David. Il met sa notoriété au service de ses collègues, notamment là où les luttes sont serrées. Il participe aussi à de nombreux débats, dont trois dernièrement sur l’environnement.
« Beaucoup de ces activités nécessitent du travail de préparation qui ne passe pas à la télé ou dans les journaux, mais ça fait aussi partie du travail de représentation. »
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