Changer le nom de Trump

Jeudi dernier, Donald Trump a signé un décret changeant le nom du lac Ontario pour celui de lac Amérique. Le président n’aime plus l’Ontario, alors le président enlève le nom Ontario. Il a aussi laissé entendre qu’il changerait le nom de l’un des deux océans Atlantique ou Pacifique. Ça risque d’être le Pacifique, question de principe.
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Ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’adonne à ce genre de caprice.
Le 20 janvier 2025, au premier jour de son second mandat, Donald a ordonné que le golfe du Mexique devienne le golfe de l’Amérique. Dans la même séance, il a redonné au mont Denali la désignation « mont McKinley ».
Le 5 septembre 2025, Trump a rebaptisé le département de la Défense « département de la Guerre ».
En décembre 2025, il a décidé que le U.S. Institute of Peace devenait le Donald J. Trump Institute of Peace. Le même mois, il a demandé au conseil d’administration du John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts d’adopter la désignation Trump Kennedy Center. Cette fois, un tribunal a jugé que le conseil n’avait pas le pouvoir de rebaptiser une institution dont le nom a été donné par le Congrès, et le nom de Trump a été retiré. Le conseil tente maintenant de remettre le nom de Trump sous une autre forme. En attendant, la cérémonie annuelle appelée Kennedy Center Honors s’appelle Trump Kennedy Center Honors.
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Le John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts photographié samedi à Washington
Trump a aussi donné son nom à des initiatives gouvernementales. Les comptes d’épargne pour enfants se nomment désormais les Trump Accounts, un programme d’immigration, la Trump Gold Card, le site gouvernemental de médicaments à prix réduit, le TrumpRx, un projet de navires de guerre, les cuirassés de classe Trump. Quant au nouveau chasseur F-47, il fait référence au fait que Trump est le 47e président.
Faudrait pas s’étonner que d’ici la fin de son mandat, Donald rebaptise les USA « UST » : les United States of Trump.
Et bien sûr, il y a toutes les entreprises existantes ou périmées affichant son nom : Trump Tower, Trump Plaza, Trump Hotel, Trump Casinos, Trump Marina, Trump Airlines, Trump University, Trump Style, Trump Home, Trump Golf, Trump Steaks, Trump Winery, Trump Drinks, Trump Chocolate, Trump Coffee, Trump Home Bath, Trump Bedding, Trump Crystal, Trump Sneakers, Trump Guitars, Trump Bibles…
La liste est longue, il y a plus de 250 bébelles associées au nom de Trump.
La preuve est faite, Trump est obsédé par les noms, surtout le sien.
Je ne « trumperai » personne, en affirmant que lorsque Trump change les noms du golfe du Mexique et du lac Ontario pour « golfe de l’Amérique » et « lac Amérique », il se retient à deux mains pour ne pas les appeler golfe Trump et lac Trump. Ça paraît dans sa face.
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Un panneau portant l’inscription « Lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours », dévoilé par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, samedi
Trump est comme un écolier, lors de la rentrée, qui écrit son nom partout, non seulement sur tous ses effets scolaires à lui et sur tous ses vêtements à lui, mais sur tous les effets scolaires des autres enfants et sur tous les vêtements des autres enfants, aussi.
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La meilleure façon de donner une leçon à cet obsédé de l’appellation serait de changer son propre nom. Cesser de l’appeler Trump et l’appeler autrement.
Ce ne sont pas les idées qui manquent. Mettons de côté les insultes, les injures et les termes outranciers. Je sais, il vous en vient beaucoup à l’esprit, mais ce serait s’abaisser au même niveau que lui. C’est si bas qu’on risque de n’être jamais capable de se relever.
On pourrait, bien sûr, ne jamais le nommer. Ignorer tous ses faits et gestes et ses inepties. Mais c’est impossible, il est le président des États-Unis, le plus grand influenceur de nos vies. Ou du moins du coût de la vie.
Aux États-Unis, on l’affuble de plusieurs surnoms : Tangerine Tyrant, Cheeto, Orange Clown, Donald Trumpet, Dementia Don, Diaper Don, Tiny Hands Trump, Drumpf, the Nodfather… Aucun n’est devenu sa marque de commerce comme Flower pour Lafleur ou Peanut pour Réjean Houle.
Il faut lui trouver une désignation commune dans toutes les langues, puisque la planète entière est pognée avec lui et pognée à le nommer plusieurs fois en une journée.
On devrait l’appeler le Nom tout simplement. Le Nom augmente les tarifs. Le Nom attaque l’Iran. Le Nom est accusé. Le Nom s’est sauvé. En anglais, the Name, en espagnol, el Nombre, en italien, il Nome, en allemand, der Name, en russe, Imya, en mandarin, Migzi.
Trump ne verrait plus jamais son nom, seulement le mot Nom. L’anonymat complet. Le cauchemar de Narcisse. Disparu, son reflet dans l’eau. Que de l’eau dans l’eau. Du coup, ça le désorangerait. Il ne s’en remettrait pas.
Commençons dès aujourd’hui. Que fait le Nom en ce dimanche ? Le Nom doit jouer au golf ou changer le nom du Canada Dry pour America Dry.
By the way, comme dirait le Nom, on risque d’entendre souvent le nom du Nom durant la campagne électorale.
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