Northvolt : Pierre Fitzgibbon conteste le récit de Stéphane Paquet, du PQ

Pierre Fitzgibbon qualifie d'« invraisemblable » la prétendue mise en garde concernant Northvolt que lui aurait faite le candidat du Parti québécois Stéphane Paquet, lorsqu'il était PDG de Montréal International.
Dans une réponse par courriel à Radio-Canada, l'ex-ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie réfute la version des faits du candidat péquiste.
Vendredi, lors d'un événement de campagne du Parti québécois (PQ) sur les anciens terrains de Northvolt, en Montérégie, Stéphane Paquet a créé la surprise en affirmant avoir personnellement mis en garde le gouvernement caquiste contre les risques liés à l'investissement dans la compagnie suédoise (nouvelle fenêtre).
Pierre Fitzgibbon pourra vous le confirmer
, a déclaré M. Paquet. Je l'ai interpellé pour lui dire : "Monsieur Fitzgibbon, il y a d'autres entreprises qui sont moins risquées, qui ne sont pas des start-ups, qui sont intéressées aussi à venir s'installer ici pour faire des batteries. Vous devriez regarder toutes vos options".

L'ex-PDG de Montréal International Stéphane Paquet est candidat pour le Parti québécois dans Pointe-aux-Trembles.
Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin
Cette déclaration de Stéphane Paquet a fait sourciller des connaisseurs de la filière batterie et du dossier Northvolt, puisque Montréal International a toujours défendu ces investissements sur la place publique. Stéphane Paquet avait même cosigné une lettre pour les soutenir, en janvier 2024 (nouvelle fenêtre).
Radio-Canada a contacté Pierre Fitzgibbon, qui a été ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie entre 2018 et 2024.
Nous lui avons soumis les propos de Stéphane Paquet, qui affirme avoir eu cette conversation privée lors d'un cocktail, à la suite du dépôt d'un budget provincial, probablement celui de 2024.
Cette conversation m’apparaît invraisemblable, a répondu M. Fitzgibbon, par courriel, du fait que M. Paquet et l’équipe de Montréal International n’étaient pas impliqués dans les dossiers de la zone d’innovation "Vallée de la transition énergétique", qui incluait la filière batterie et qui était dirigée par Investissement Québec.
L’équipe responsable de cette zone était composée d’Investissement Québec, d’Investissement Québec International, du Ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie et de moi-même, soit une quinzaine de personnes, ajoute l'ex-ministre. Le fédéral était aussi impliqué. M. Paquet et Montréal International n’y figuraient pas.
Conséquemment les commentaires de M. Paquet m’apparaissent purement électoralistes et opportunistes.

Le gouvernement du Québec a perdu 270 millions $ dans l'aventure Northvolt et la Caisse a perdu 200 millions $. Ottawa n'a, en revanche, pas investi avant la faillite de la compagnie suédoise.
Photo : Ivanoh Demers
« Perplexe devant la pirouette »
Parmi les cosignataires de cette lettre de 2024 avec Stéphane Paquet, il y avait Charles Milliard, le chef du Parti libéral du Québec, à l'époque président de la Fédération des Chambres de commerces du Québec, et Michel Leblanc, candidat libéral, à l'époque président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Vendredi, M. Leblanc a déclaré sur le réseau social X qu'il reste très perplexe devant la pirouette de Stéphane Paquet, qui aujourd'hui se dissocie de ses propres efforts et de ses propres paroles
.
L'ex-PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain défendait farouchement le projet de Northvolt, au point d'affirmer que les Québécois étaient frileux
et manquaient de maturité collective
.
M. Leblanc assume
aujourd'hui s'être trompé.
L'enjeu, c'est le cadre financier adopté derrière des portes closes par la CAQ et Christine Fréchette, a-t-il écrit sur X. Comme la plupart des analystes, nous l'avons découvert trop tard. On comprend bien maintenant qu'il y avait une approche beaucoup moins risquée, celle qu'à employée François-Philippe Champagne et le gouvernement fédéral.
Le gouvernement du Québec a perdu 270 millions $ dans l'aventure Northvolt et la Caisse a perdu 200 millions $. Ottawa n'a, en revanche, pas investi avant la faillite de la compagnie suédoise.
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