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Thursday, September 10, 2026

Montréal | Deux ans de prison pour l’incendie de deux édifices juifs

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Le jeune Montréalais qui a mis le feu à une synagogue et brisé des fenêtres d’un centre communautaire juif de Dollard-des-Ormeaux en 2024 a écopé jeudi d’une sentence de deux ans de prison.

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Acceptant la suggestion de peine de la Couronne, la juge Karine Giguère en a cependant atténué la sévérité en permettant un compte plus généreux du temps de détention préventive. Mohamed Ilyess Akodad est derrière les barreaux depuis avril 2025. En déduisant 1,5 jour par journée en prison, il pourra ainsi être libéré dans 127 jours. Il sera ensuite soumis à une probation de trois ans.

Vous avez témoigné d’un début de réhabilitation, ce que vous avez fait à l’intérieur des murs et je l’ai pris en considération, a déclaré la juge au jeune homme de 20 ans. Vous êtes très jeune, mais quand même très criminalisé […]. La probation sera là pour vous aider, selon vos paroles, à reprendre le droit chemin.

La juge Karine Giguère

« Merci beaucoup, madame la juge », a simplement répliqué Mohamed Ilyess Akodad.

Une des circonstances atténuantes retenues par la juge est que le jeune homme a plaidé coupable dès janvier 2026 à des chefs d’accusation d’incendie criminel, de méfait et de possession de matières incendiaires. « Ce plaidoyer a économisé plusieurs journées d’audience et témoigne des remords du délinquant à l’égard des infractions commises, a expliqué la juge. De plus, le délinquant collaborait avec les policiers dès son arrestation, en fournissant des aveux et une déclaration spontanée sur son implication. »

Une « mission » de 15 000 $

La question centrale, qui aurait pu alourdir la peine d’Akodad, concernait sa connaissance du fait qu’il s’attaquait à des édifices juifs. Le jeune criminel a toujours soutenu n’avoir appris que plusieurs jours après son geste, devant le tollé suscité, qu’il avait visé une synagogue et un bâtiment communautaire de la congrégation juive Beth Tikvah.

Pour lui, a-t-il expliqué, il s’agissait d’une « mission » de 15 000 $ pour trois cibles – il devait également s’attaquer à une voiture, ce qu’il n’a jamais fait.

Pour la juge Giguère, « le contexte établi en preuve ne permet pas au tribunal de conclure hors de tout doute raisonnable, que le délinquant savait à quels lieux il s’attaquait cette nuit-là ». Les attaques ont eu lieu de nuit, dans un quartier que le jeune homme connaissait mal et sans repérage préalable, a-t-elle noté. « Est-ce que les conséquences en sont moins grandes ? Pas du tout, ajoute la juge. Comme mentionné précédemment, les répercussions pour la communauté sont néfastes et nombreuses. »

La gravité des faits et le lourd passé judiciaire de Mohamed Ilyess Akodad ont toutefois fait en sorte que la juge a rejeté la suggestion de son avocat, MNazar Saaty, qui proposait de compléter sa détention préventive par une peine de quatre mois à purger chez lui.

« Malgré son jeune âge, le délinquant présente des inscriptions criminelles constantes à la Chambre de la jeunesse depuis 2021 : jusqu’à sa détention dans le présent dossier, on peut compter plus de 16 chefs d’accusation, a indiqué la juge. Aucune des peines reçues n’a eu d’effet dissuasif sur lui. »

Le jeune homme devra en outre rembourser 7560 $ à un organisme juif pour les dommages qu’il a causés et effectuer, après sa sortie de prison, 100 heures de travaux communautaires. Son offre de faire du bénévolat dans les lieux qu’il a attaqués n’a pas été retenue. « Après vérification auprès des gens concernés, ces propositions ne pourront se concrétiser, ce qui est humainement compréhensible, a expliqué la juge Giguère. Néanmoins, cette offre démontre la sincérité de ses remords. »

L’avocat de M. Akodad s’est montré somme toute satisfait de la décision. « Ce qui est important pour nous, c’était que Monsieur ne se retrouve plus devant les tribunaux, a déclaré après l’audience MNazar Saaty. Il a un problème important de consommation de drogues. Je pense que la partie la plus importante du jugement, mis à part le fait de protéger la communauté juive et d’envoyer un message de dénonciation et de dissuasion, c’est de faire en sorte qu’il soit guéri de sa dépendance. »

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