Le Sentier Transcanadien réclame 55 millions $ à Ottawa pour entretenir son réseau

Près de 11 000 km du Sentier Transcanadien pourraient se détériorer d’ici 2045 si le financement nécessaire à leur entretien n’est pas maintenu, selon une récente étude commandée par le Sentier transcanadien. L’organisme demande au gouvernement fédéral de renouveler son engagement de 55 millions de dollars sur cinq ans dans son prochain budget, attendu cet automne.
Selon le rapport The Cost of Doing Nothing, réalisé par la firme CPCS, une telle détérioration pourrait entraîner des pertes annuelles de 2 milliards de dollars en dépenses touristiques et d'environ 1000 emplois.

Long de 30 000 kilomètres, le Sentier Transcanadien est emprunté par environ 29 millions de Canadiens chaque année.
Photo : Sentier Transcanadien
Si le gouvernement fédéral cesse de financer le sentier, cela nuit réellement à notre capacité de trouver d’autres donateurs pour financer et entretenir le réseau
, explique Matt DeCourcey, directeur des affaires gouvernementales du Sentier transcanadien.
Il souligne que les tronçons situés dans les petites et moyennes collectivités seraient particulièrement vulnérables, car ces municipalités disposent de moins de ressources financières et de possibilités de partenariats que les grands centres urbains.

Matt DeCourcey, directeur des affaires gouvernementales du Sentier transcanadien et ancien député du Parti libéral du Canada, demande au gouvernement fédéral de renouveler son financement pour entretenir et améliorer le réseau national de sentiers.
Photo : Avec l'autorisation de Matt DeCourcey
Un financement fédéral qui arrive à échéance
Le financement fédéral actuel découle d’un engagement de 55 millions de dollars sur cinq ans annoncé dans le budget de 2022. Versée par l’intermédiaire de Parcs Canada, cette contribution doit prendre fin le 31 mars 2027.
Le Sentier transcanadien réclame un nouvel engagement de même valeur pour les cinq années suivantes, notamment pour adapter les infrastructures aux changements climatiques.
Matt DeCourcey affirme que l’organisme veut agir comme un investisseur de départ afin de mobiliser des sommes supplémentaires. Nous voulons être l’investisseur de départ dans des projets le long du sentier, qui pourraient générer cinq ou six dollars pour chaque dollar que nous investissons
, indique-t-il.
Pour Mathieu Roy, président-directeur général du Sentier transcanadien, le vieillissement des infrastructures et les changements climatiques représentent deux défis majeurs pour l'entretien du réseau.
Certains tronçons ont été aménagés sur d'anciennes emprises ferroviaires, parfois conçues il y a plus d'un siècle, souligne-t-il.
Ces infrastructures doivent aujourd'hui faire face à des phénomènes météorologiques extrêmes qui peuvent accélérer leur détérioration. M. Roy précise que les tronçons situés sur des pentes ou à proximité de cours d'eau sont particulièrement exposés aux conséquences de ces événements météorologiques.

Mathieu Roy, président-directeur général du Sentier transcanadien, souligne que le recrutement et le maintien des bénévoles représentent aussi un défi pour l'entretien du réseau.
Photo : Radio-Canada / Camille Cottais
Des retombées économiques et sanitaires
Les sentiers contribuent également à l’activité économique des collectivités qu’ils traversent, rappelle M. DeCourcey, notamment par la fréquentation, par les usagers du sentier, des cafés, des restaurants et des boutiques locales.
Ce ne sont pas seulement les emplois directement liés au sentier qui seraient touchés si celui-ci n’était plus accessible. Les commerces locaux verraient aussi leur clientèle diminuer.
M. DeCourcey souligne également que les sentiers offrent des possibilités de déplacement sans voiture et d’activité physique. Si vous retirez aux gens ces itinéraires de transport actif et ces sentiers qui leur permettent de sortir et de bouger, vous rendez la vie moins abordable et vous réduisez les occasions pour les gens [...] d’adopter un mode de vie plus sain
, estime-t-il.
Dans la région de Windsor-Essex, le réseau comprend près de 175 km de sentiers polyvalents, incluant l’ajout récent de la voie multi-usage du pont international Gordie-Howe. Selon Matt DeCourcey, ces sentiers ont enregistré 3,2 millions de visites à Windsor l’an dernier, sur environ 202 millions à l’échelle nationale.
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