Nouveau sondage | Le sentiment anti-immigration recule au Québec

Le sentiment anti-immigration est en recul au Québec, où la proportion de personnes jugeant qu’il y a trop d’immigrants a baissé de 8 points de pourcentage en un an. Cette tendance s’observe aussi dans l’ensemble du pays, selon un nouveau sondage de l’Institut Environics.
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Au Québec, 43 % de la population considère qu’il y a trop d’immigration, contre 51 % l’an dernier. Cette proportion reste toutefois beaucoup plus élevée qu’en 2022, où elle n’était que de 25 %.
Le Québec est la province où cette opinion est la moins répandue.
« Au niveau régional, le consensus sur le fait qu’il y a trop d’immigration est le plus élevé en Alberta (58 %) et le plus faible au Québec (43 %), comme cela a généralement été le cas ces dernières années », notent les auteurs du rapport publié ce mois-ci.
À la grandeur du pays, la proportion de personnes qui trouvent qu’il y a trop d’immigration est passée de 56 % à 48 % en un an, une baisse de 8 points.
En 2022, seulement 27 % des Canadiens jugeaient qu’il y avait trop d’immigration. Ce pourcentage avait plus que doublé en deux ans, pour atteindre 58 % en 2024, avant de commencer à baisser.
« Cela représente un changement significatif vers une plus grande ouverture en matière d’immigration », notent les chercheurs.
Une série de mesures
Ce changement de cap survient après une série de mesures prises par Ottawa, à partir de 2024, pour réduire le nombre d’immigrants permanents et temporaires au pays.
Les auteurs constatent que les Canadiens sont désormais moins préoccupés par les niveaux d’immigration et par leurs impacts sur l’économie et l’emploi.
Les trois quarts des répondants, soit 75 %, estiment que l’immigration a un effet positif sur l’économie, contre 70 % il y a un an.
Cette proportion avait atteint 85 % en 2022, avant de tomber à 68 % en 2024.
Par ailleurs, 68 % des répondants rejettent l’affirmation selon laquelle les immigrants prennent des emplois des autres Canadiens.
Sur cette question, le Québec se distingue encore du reste du Canada. Seulement 15 % des Québécois croient que les immigrants prennent des emplois des autres Canadiens, contre 34 % en Ontario et 36 % dans les Prairies.
Vrais ou faux réfugiés ?
Le sondage montre aussi de grandes différences dans les perceptions de la légitimité des demandes d’asile.
Au Canada, 44 % des répondants croient que beaucoup de demandeurs d’asile ne sont pas de vrais réfugiés. Ce pourcentage est un peu plus faible que l’an dernier (46 %).
Mais les résultats varient selon l’origine des répondants.
En effet, 54 % des Canadiens non blancs estiment que beaucoup de demandeurs d’asile ne sont pas de vrais réfugiés, contre 41 % des Canadiens blancs.
Le scepticisme est aussi plus grand chez les immigrants de première génération (nés à l’extérieur du pays) : 57 % adhèrent à cette affirmation, comparativement à 44 % chez les immigrants de deuxième génération (nés au Canada et dont au moins un des parents est né à l’étranger) et 39 % chez les Canadiens de troisième génération et plus (nés au Canada de parents nés au Canada).
Sur d’autres aspects de l’immigration, les attitudes des personnes non blanches et des personnes blanches sont toutefois assez similaires.
Par exemple, 51 % des Canadiens non blancs et 47 % des Canadiens blancs considèrent qu’il y a trop d’immigration. De la même façon, 60 % des personnes non blanches et 57 % des personnes blanches trouvent que trop d’immigrants n’adoptent pas les valeurs canadiennes.
L’appartenance politique
Les résultats montrent aussi une divergence d’opinions en fonction de l’appartenance politique.
Chez les sympathisants du Parti conservateur, 80 % considèrent qu’il y a trop d’immigration au pays. Cette proportion est de seulement 36 % chez les libéraux et de 20 % chez les néo-démocrates.
L’écart entre les conservateurs et les libéraux sur cette question s’est même creusé, passant de 25 points de pourcentage en 2022 à 44 points cette année.
On note aussi des différences dans les perceptions des effets de l’immigration sur l’économie : 87 % des libéraux et 86 % des néo-démocrates jugent que cet impact est positif, contre 50 % des conservateurs.
Malgré ces différences, les Canadiens sont plus nombreux à trouver que l’immigration améliore leur communauté.
Plus du tiers des répondants (35 %) estiment que l’arrivée d’immigrants améliore leur milieu de vie, une hausse de 6 % en un an. Seulement 14 % croient qu’elle le détériore, alors que 45 % ne voient pas de différence.
Méthodologie
Le sondage a été réalisé du 8 au 21 septembre auprès de 2000 adultes canadiens. Un échantillon de cette taille présente une marge d’erreur de 2,2 points de pourcentage, 19 fois sur 20.
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