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Tuesday, September 15, 2026

Éliminer Santé Québec n’est pas « socialement responsable », croit le Collège des médecins

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« Ce n'est pas responsable socialement que de proposer d'éliminer cette structure qui a été mise en place il y a moins de deux ans et qui vise à faire en sorte que le réseau fonctionne mieux, que les patients soient mieux soignés et que les soignants puissent mieux faire leur travail », lance le Dr Mauril Gaudreault, président du Collège des médecins du Québec (CMQ), qui représente plus de 25 000 médecins.

Selon lui, le seul fait de proposer une telle réforme fragilise l'institution et le réseau. Cela alimente l'inquiétude de ceux qui y travaillent, des soignants, et conséquemment, du public, poursuit le président, dont le rôle est aussi de protéger le public en veillant à une médecine de qualité.

La santé demeure «  la première préoccupation des électeurs québécois », rappelle le Dr Gaudreault. 

Dans les dernières semaines, deux des cinq principaux partis en lice pour les élections provinciales ont promis d’abolir Santé Québec. 

S’il est élu, le Parti québécois (PQ) promet d’abolir Santé Québec, ce qui permettrait de dégager des économies de 40 millions de dollars par année, selon le parti.

De son côté, le Parti conservateur du Québec (PCQ) promet aussi d'abolir l'organisme et de réinvestir les économies dans les soins directs, le recrutement et l’accès, comme indiqué sur sa plateforme.

Rappelons que Santé Québec a été créé par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) à la suite de l’adoption du projet de loi 15, en décembre 2023.

Une loi adoptée à la procédure législative d'exception, communément appelée bâillon, avec 75 voix pour et 27 contre, le PQ, le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) ayant tous voté contre.

Le Dr Mauril Gaudreault croit plutôt que le prochain gouvernement devrait préserver l’indépendance de la structure et augmenter son autonomie.

Pour leur part, la CAQ, QS et le PLQ s'engagent tous à conserver Santé Québec, tout en bonifiant différents services.

Pour améliorer la porte d’entrée dans le réseau, QS propose d’élargir le réseau des CLSC avec 400 points d’accès de première ligne. Le PLQ, lui, mise sur la porte d’entrée publique de télésanté sans rendez-vous, alors que la CAQ propose de créer des salles d'attente virtuelles.

Inquiétudes autour du recours au privé

Mais c’est une autre proposition de la CAQ, soit le recours à la pratique mixte public-privé, qui fait bondir le Collège des médecins.

« Ça m'inquiète quand Mme Fréchette dit qu'elle veut à nouveau faire en sorte que les médecins se promènent entre le public et le privé, affirme le Dr Mauril Gaudreault. Je pense que, au contraire, il faut baliser ça d'une meilleure façon, puis qu'il faut rigoureusement encadrer ce qui se fait dans le privé. »

Se basant sur diverses études, il rappelle que le recours au privé ne diminue pas les coûts et crée en outre des inégalités. 

Par ailleurs, le CMQ demande au prochain gouvernement de convoquer des états généraux sur la santé pour établir une réflexion globale sur le système et notamment mettre l’accent sur l’accès à la première ligne.

En matière d'accès aux soins, croit le Collège, celui pour les personnes en situation d’itinérance devrait être une priorité nationale du gouvernement qui sera élu le 5 octobre prochain.

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