Cartierville | Des citoyens font dérailler un projet de maison de retraite

Des résidants de Cartierville viennent de faire dérailler la transformation d’un monastère désaffecté en maison de retraite, de crainte de voir la circulation automobile augmenter dans leur quartier.
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L’arrondissement souhaitait modifier le zonage du couvent des Sœurs de Miséricorde, sur l’avenue du même nom, afin de permettre l’aménagement d’une résidence pour aînés de 148 logements. Seuls des travaux de rénovation intérieure étaient prévus par le promoteur, Tahir Hanif.
Mardi dernier, 192 voisins ont toutefois signé un registre municipal exigeant la tenue d’un référendum sur le changement de zonage. Il ne fallait que 74 signatures pour forcer la consultation. Ce type de résultat signe habituellement l’arrêt de mort d’un projet, les arrondissements préférant renoncer plutôt que d’organiser un coûteux scrutin référendaire.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Un registre municipal exigeant la tenue d’un référendum sur le changement de zonage souhaité par l’arrondissement a été signé par 192 voisins du couvent.
Le comité citoyen opposé au changement de zonage célébrait sa victoire, jeudi.
En entrevue avec La Presse, Marguerite Spinoso, Alain Desjardins et Kemal Payza se sont dits d’accord avec l’idée d’installer une résidence pour aînés (RPA) dans l’ancien monastère, mais opposés à l’idée d’un zonage autorisant n’importe quelle « maison de retraite », une définition trop large à leur goût.
« Quand nous avons choisi ce quartier, nous avons aussi choisi en fonction de la communauté, de la tranquillité », a plaidé Mme Spinoso, qui habite tout près. « Nous sommes inquiets. »
Au cœur de leurs préoccupations : la circulation automobile importante tôt le matin et en fin d’après-midi, en raison de la présence de deux écoles privées à proximité ainsi que des nombreuses autos stationnées.
La construction d’une RPA leur conviendrait, « parce que ce type d’utilisation implique une utilisation de l’automobile assez limitée », a expliqué Alain Desjardins. « Ça minimiserait les impacts sur les résidants. »
Ils souhaitent toutefois avoir des garanties quant au fait que seule une RPA certifiée pourrait s’installer et pas un simple immeuble destiné à une clientèle retraitée.
L’an dernier, le promoteur avait demandé un changement de zonage pour désigner l’ancien couvent comme zone résidentielle. La demande avait aussi achoppé.
L’immeuble est situé dans un quartier résidentiel assez cossu, entre le boulevard Gouin et la rivière des Prairies. Il a été bâti en 1929 et agrandi dans les années 1960. Les dernières religieuses sont parties en 2020. Le bâtiment a été vendu à un premier promoteur qui a fait faillite. M. Hanif l’a acheté en 2024.
Pas de réaction à la mairie
La mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Maude Théroux-Séguin, et la conseillère municipale du secteur, Effie Giannou, n’ont pas accordé d’entrevue à La Presse, jeudi. Elles ne se sont pas exprimées sur la suite qu’elles comptent donner au dossier.
Selon les explications de l’arrondissement, fournies au cours des semaines qui ont précédé l’ouverture du registre référendaire, il n’existe pas de zonage qui autoriserait uniquement les RPA, un type précis de résidence certifié par le gouvernement : les désignations prévues par le règlement de zonage sont plus larges.
Le promoteur Tahir Hanif et son architecte Étienne Taillefer n’ont pas rappelé La Presse.
Quelques jours avant l’ouverture du registre, ce dernier avait appelé les voisins à ne pas le signer. « Si personne ne va signer le registre, la résolution sera adoptée et le processus suivra son cours. La meilleure façon de soutenir le projet, c’est de ne pas y aller », plaidait M. Taillefer en entrevue avec le Journal des Voisins, une publication locale1.
« Bloquer le processus pour exprimer sa frustration par rapport au stationnement n’était pas nécessairement le moyen le plus efficace », a-t-il ajouté.
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