Cité-de-la-Santé à Laval | Agrandissement réclamé pour mettre fin à la « médecine de corridor »

Les patients qui sont hospitalisés à la Cité-de-la-Santé ont une chance sur dix d’être installés sur une civière dans un corridor sur les étages. C’est ce que signale le Dr Antonio Juan Su, président du Conseil des médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes de l’établissement. Il demande aux partis politiques de s’engager à agrandir l’hôpital.
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Dans une lettre publiée dans La Presse1, le Dr Su s’excuse aux citoyens de Laval de l’état de sa maison –– la Cité-de-la-Santé — devenue trop petite pour les accueillir de « manière convenable ». La « médecine de corridor », bien connue dans les urgences, s’étend désormais aux unités d’hospitalisation, écrit-il.
Des patients hospitalisés passent tout leur séjour sur une civière entourée d’un rideau et installée devant le poste des infirmières aux étages, déplore-t-il. « S’il faut qu’ils aillent à la toilette, une chaise d’aisance va leur être donnée, affirme, en entrevue, le Dr Su. Il y a toujours de la lumière, du son, des gens qui donnent des rapports au poste des infirmières. »
Le Dr Su en convient : « c’est mieux » que de rester coincés aux urgences. Mais ces conditions d’hospitalisation demeurent « inadéquates ».
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Le Dr Antonio Juan Su
« On est tout le temps en surcapacité, se désole l’anesthésiologiste. À l’urgence, le taux d’occupation moyen est de 158 %. » Et pas seulement durant la saison grippale, précise-t-il. « [À l’hospitalisation], on est à 111 %. »
La Cité-de-la-Santé a été construite en 1978 pour une population de 267 000 habitants, rappelle l’établissement. Laval – la troisième ville la plus populeuse au Québec – en compte maintenant 464 200. Il manque de lits, explique-t-il.
« À Laval, on est à 106 lits de courte durée par 100 000 habitants, précise le Dr Su. La moyenne québécoise se situe à 190. »
L’agrandissement presse, selon le président du Conseil qui regroupe 775 médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes. Le projet a été mis à l’étude en 2018 et un dossier d’opportunité a été déposé en 2024.
« Ça fait déjà bientôt 10 ans qu’on attend un agrandissement, qui est chiffré à environ 350 millions », renchérit en entrevue le maire de Laval, Stéphane Boyer.
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Le Dr Antonio Juan Su s’excuse aux citoyens de Laval de l’état de sa maison – la Cité-de-la-Santé – devenue trop petite pour les accueillir de « manière convenable ».
« Je ne vous cacherai pas que je m’explique mal [pourquoi] cet été il y a eu des annonces pour agrandir l’hôpital de La Malbaie, l’hôpital d’Amos, l’hôpital [Charles-Le Moyne] de Longueuil […] et qu’on nous dit qu’il n’y a plus d’argent pour Laval, alors que c’est l’hôpital qui déborde le plus au Québec », poursuit-il. Le maire a rencontré tous les chefs de parti pour discuter de cet enjeu, entre autres.
Engagements des partis
Le Parti libéral du Québec s’est engagé, le 7 septembre, à « prioriser » l’agrandissement et la modernisation de la Cité-de-la-Santé.
Interpellée par La Presse à ce sujet, la Coalition Avenir Québec promet de « faire avancer » le projet « pour que les travaux puissent commencer » au cours du prochain mandat, soit dans les quatre prochaines années. « Pendant des décennies, les gouvernements du PQ et du PLQ ont sous-investi dans nos infrastructures », écrit la CAQ, affirmant avoir « amorcé un rattrapage majeur ».
Québec solidaire dit s’engager à faire passer le projet à l’étape de planification au Plan québécois des infrastructures (PQI), ainsi que d’inscrire à l’étape d’étude un nouvel hôpital pour répondre aux besoins futurs.
Au Parti conservateur du Québec, on répond que « rénover nos infrastructures est plus important que de couper des rubans ». La formation affirme s’engager à « consacrer une plus grande part du PQI à la rénovation et à l’agrandissement des infrastructures existantes, afin de mieux répondre aux besoins d’établissements comme la Cité-de-la-Santé, à Laval. »
Le Parti québécois n’avait pas répondu aux questions de La Presse au moment d’écrire ces lignes.
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