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Thursday, October 8, 2026

Campement Notre-Dame | Éconofitness retirera une publicité controversée

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La chaîne de salles de conditionnement physique Éconofitness retirera une publicité controversée portant sur le coût de la vie, située sur le campement habité par des personnes en situation d’itinérance de la rue Notre-Dame Est, à Montréal.

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« La vie coûte cher, pas nos gyms », peut-on lire sur l’affiche publicitaire en question, située près de la rue Frontenac.

À quelques mètres sous l’affiche se trouvent des dizaines de tentes, dans lesquelles vivent des personnes en situation d’itinérance. Le campement de la rue Notre-Dame est le plus gros de la métropole, près de 200 abris de fortune ayant été recensés sur une distance de 3,5 kilomètres.

Les représentants d’Éconofitness indiquent que le panneau sera retiré au plus tard le 12 octobre, dans un échange de messages avec La Presse.

« Nous tenons à présenter nos sincères excuses aux personnes en situation d’itinérance qui se sont senties heurtées par l’emplacement de cette publicité, ainsi qu’aux organismes qui les accompagnent », écrit l’entreprise.

En septembre, Éconofitness a dévoilé sa nouvelle offensive publicitaire, qui mise sur le coût de la vie. Sa campagne s’appuie sur une étude interne selon laquelle le coût d’inscription constitue l’un des principaux freins à l’entraînement. De nouvelles publicités peuvent être vues aux quatre coins du Québec.

« Notre message publicitaire visait simplement à mettre de l’avant l’accessibilité de nos gyms dans un contexte où le coût de la vie préoccupe beaucoup de Québécois, justifie l’enseigne de salles d’exercice. Il n’avait aucunement pour objectif de minimiser les réalités vécues par les personnes en situation d’itinérance. »

L’entreprise explique qu’elle achète des espaces publicitaires en lot, ce qui lui permet de bénéficier de « certaines bonifications ». Elle ne valide toutefois pas « de façon systématique chacun des centaines d’emplacements qui [lui] sont attribués », détaille-t-elle.

Au passage de La Presse, d’autres publicités identiques étaient affichées dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, où l’on ne trouvait toutefois aucun campement.

« Nous reconnaissons que nous aurions pu être plus attentifs au contexte entourant cet emplacement et nous sommes désolés d’avoir manqué de sensibilité à cet égard », s’excuse Éconofitness.

Malaise chez les organismes communautaires

Contactés par La Presse, des organismes communautaires avaient exprimé leur malaise quant à l’emplacement de la publicité, étant donné les difficultés vécues par les personnes en situation d’itinérance. Ils saluent unanimement son retrait à venir et la réaction rapide d’Éconofitness.

« C’est l’attitude appropriée que de faire preuve de sensibilité dans un contexte de cohabitation avec les personnes précarisées », affirme Eric Edström, chargé des affaires publiques et médiatiques du Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ).

« Il reste quand même un doute concernant l’intention de l’emplacement », estime cependant Michelle Patenaude, directrice générale du Cap Saint-Barnabé, un organisme venant en aide aux personnes en situation d’itinérance du quartier.

Lorsqu’on utilise des réalités, comme le coût de la vie ou la pauvreté, il ne faut jamais oublier les personnes qui les vivent réellement.

Michelle Patenaude, directrice générale du Cap Saint-Barnabé

L’itinérance « est partout et touche l’ensemble des Montréalais », y compris « les propriétaires d’entreprise », soutient le président et chef de la direction par intérim de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce.

« Cette situation nous rappelle l’importance de ne pas nous résigner à la présence croissante de l’itinérance dans l’espace public. À l’intérieur de chaque tente, il y a une personne, une histoire et des besoins auxquels nous devons mieux répondre collectivement », souligne-t-il.

De plus en plus de tentes

Le nombre de tentes au campement de la rue Notre-Dame a atteint un sommet depuis quelques semaines, a révélé La Presse dans une enquête à la fin du mois de septembre.

L’organisme communautaire L’Anonyme, qui offre plusieurs services sur place dans sa halte-répit, en dénombre près de 200, un peu plus ou un peu moins selon les journées. C’est 100 de plus qu’au printemps ; 50 de plus qu’au pic de l’été dernier. Un décompte de La Presse le 17 septembre en a révélé quelque 190.

Le campement Notre-Dame revient fréquemment dans l’actualité depuis quelques années. Plus récemment, en septembre, un bébé y a été retrouvé en compagnie de sa mère intoxiquée. La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, avait à ce moment réclamé « plus de pouvoir d’agir ».

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