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Friday, September 11, 2026

Insultes de l’administration Trump | Carney n’exigera « pas nécessairement » que Trump s’excuse

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(Banff) Le premier ministre Mark Carney affirme qu’il n’exigera pas nécessairement que l’administration Trump fasse des excuses aux Canadiens avant que son gouvernement reprenne les négociations commerciales.

Publié à Mis à jour à

Des insultes à répétition contre le Canada, son premier ministre qui se fait traiter de « gouverneur » à outrance, des références incessantes au Canada comme 51État, des attaques économiques qui s’enchaînent et une vidéo produite par intelligence artificielle publiée par le président le montrant agresser physiquement M. Carney… Tout cela ne constitue pas nécessairement des motifs suffisants pour exiger des excuses avant de reprendre des négociations commerciales.

M. Carney disait la semaine dernière qu’il n’avait pas l’intention de retourner à la table tant et aussi longtemps que l’administration Trump persisterait à insulter le Canada. Quand, en point de presse, on lui a demandé s’il exigeait des excuses de la Maison-Blanche avant de reprendre ces négociations, M. Carney a hésité quelques secondes avant de répondre que « non, pas nécessairement », mais que « tout [était] possible ».

« C’est un peu de conseils pour les Américains, ce n’est pas une ligne rouge pour les Américains. C’est mieux de ne pas avoir des insultes, des mèmes et tout cela », a-t-il dit à son arrivée à Banff, où il rencontre les membres de son cabinet jusqu’à ce vendredi.

Ce qui est nécessaire, c’est d’avoir des négociations face à face professionnelles avec le respect de la souveraineté du Canada.

Mark Carney, premier ministre du Canada

Dans une récente entrevue avec La Presse, l’ancien ambassadeur des États-Unis à Ottawa, David Cohen, affirmait que les États-Unis devraient éventuellement s’excuser auprès du Canada pour le traitement que leur a fait subir l’administration Trump, évoquant même des « excuses officielles ».

« Nous devons tout faire, du côté américain de la frontière, pour réparer cette relation et la rétablir », disait-il.

Le vice-président exécutif de l’est du Canada chez Léger, Sébastien Dallaire, affirme qu’en ce moment, les sondages de la firme montrent que les Canadiens se sentent « un peu humiliés, fâchés et aussi très inquiets » vis-à-vis du président américain. Selon lui, les attentes dans la population ont beaucoup changé au fil du temps, et pour bon nombre de Canadiens, il faut encore aujourd’hui se garder de mettre dans le même sac Donald Trump et son équipe, et le reste de la population américaine.

« On ne s’attend peut-être pas tant à des excuses des États-Unis qu’à des excuses plus personnelles de la part de Donald Trump et de son administration. Mais on peut se douter que ça n’arrivera pas », dit-il, précisant que Léger n’a pas posé la question directement dans ses sondages.

Pour le politologue et président du groupe Eurasia, Ian Bremmer, il n’est pas « utile » de se lancer dans une guerre d’insultes ni même d’exiger des excuses de la part des Américains.

« Je ne pense pas que ces choses soient fondamentalement importantes à long terme pour le peuple canadien », soutient celui qui est un proche du clan Carney. À l’instar de M. Dallaire, M. Bremmer s’est adressé aux ministres fédéraux rassemblés à Banff.

Pour lui, ce qui compte réellement, c’est qu’il y a un nombre grandissant de dirigeants sur la scène mondiale qui seront toujours en poste après le départ de Donald Trump dans une trentaine de mois.

« À mesure que ces chiffres augmentent – et qu’ils incluent un nombre croissant de démocraties industrielles avancées ainsi que leurs dirigeants élus –, vous trouverez bien plus de personnes disposées à dire “c’est assez”, car elles perçoivent que leur propre héritage politique est bien plus lié aux États-Unis qu’au président Trump », estime Ian Bremmer.

Jeudi, M. Carney a dit s’être entretenu « régulièrement » avec son interlocuteur américain sur les grands enjeux mondiaux, y compris « ces derniers jours ». Il s’est dit prêt à conclure un accord avec les Américains, mais n’a pas dit s’il comptait répliquer à la récente salve tarifaire annoncée plus tôt cette semaine par Donald Trump.

Une série de produits comme des matelas, des boissons alcooliques, des bateaux à moteur, des voiturettes de golf, des fromages, des types de papier, des produits d’acier et d’aluminium, du cuir et des fourrures seront frappés par une surtaxe de 50 % à compter du 15 septembre.

M. Carney estime que ces nouveaux droits de douane constituent un « geste modeste », bien que les conséquences seront « importantes pour quelques secteurs et quelques compagnies ».

« Nous sommes en train d’étudier les nouvelles mesures des Américains. Il y a quelques mesures qui sont des échanges de produits : ils enlèvent des tarifs pour quelques produits et les remplacent par d’autres », a-t-il dit.

La meilleure réponse, c’est notre plan A : c’est de bâtir ici et diversifier à l’échelle mondiale.

Mark Carney, premier ministre du Canada

Ce dernier a réitéré que l’accord qu’Ottawa négociait avec Washington il y a quelques semaines « n’était pas assez fort, assez bon pour le Canada ».

PHOTO NICK IWANYSHYN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford

À ce sujet, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré jeudi que M. Carney avait bien fait de mettre fin aux négociations avec l’administration américaine et de répliquer « dollar pour dollar » aux récents droits de douane de Donald Trump.

« Lorsque j’ai entendu parler de cet accord, il s’agissait d’un accord absolument désastreux qui aurait anéanti notre économie de fond en comble, a-t-il dit dans un discours. C’était un accord qui aurait nui aux travailleurs canadiens, sapé la souveraineté du Canada et causé des dommages irréparables aux entreprises canadiennes. »

Dans les jours ayant suivi l’échec des négociations, Donald Trump avait affirmé qu’il avait l’intention d’imposer de nouveaux droits de douane de 50 % sur l’industrie canadienne de l’automobile, à compter du 1er janvier 2027. Lundi, il a menacé d’interdire la vente d’avions de Bombardier aux États-Unis, soulevant l’ire dans son pays, y compris dans des États républicains.

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