Le référendum sur l’indépendance en quatre chiffres
À peine élu, Paul St-Pierre Plamondon a réitéré son intention de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec. « C’est normal de se reposer la question, à la lumière de notre déclin linguistique et culturel accéléré au cours des dernières années, mais aussi dans la perspective légitime de devenir maître de notre destin à part entière », a déclaré, lundi soir, le chef du Parti québécois et futur premier ministre d’un gouvernement minoritaire après avoir été porté au pouvoir avec 28 % des votes. Voici d’autres chiffres qui pourraient être utiles.
27 mois
Prenant acte des craintes et de l’extraordinaire climat d’incertitude soulevés par Donald Trump, Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à ne pas mettre en branle de campagne référendaire avant son départ de la Maison-Blanche. Réélu en novembre 2024 et assermenté au début de 2025, le président ne doit pas voir son deuxième et dernier mandat de quatre ans avant la fin du mois de janvier 2029, c’est-à-dire dans un peu plus de 27 mois.
Phénomène relativement rare au Québec, le gouvernement minoritaire à s’être maintenu au pouvoir le plus longtemps est celui du premier ministre libéral Jean Charest, du mois de mars 2007 à novembre 2008, pour un total de 20 mois.
50 % + 1
Dans son Livre bleu sur l’indépendance du Québec, le Parti québécois explique les règles qu’il entend suivre lors d’un éventuel référendum. Il en fixe, entre autres, la tenue « durant le mandat de quatre ans » de façon à « profiter de l’horizon temporel le plus favorable pour l’intérêt du Québec ». On y appliquera fidèlement les règles de la loi québécoise sur la consultation populaire. Proposée par un comité d’experts et approuvée par l’Assemblée nationale, « la question sera claire », promet-il. Des observateurs internationaux d’organisations différentes seront également invités afin de pouvoir répondre à d’éventuelle attaque contre la légitimité du scrutin.
Quoiqu’en disent certaines voix dans le camp fédéraliste, la majorité requise « sera de 50 % des voix exprimées plus une voix » comme le stipule la loi québécoise, prévient-on.
Afin de tenir compte de l’avis exprimé par la Cour suprême du Canada au lendemain du référendum de 1995 où elle a proscrit une déclaration unilatérale d’indépendance du Québec sans négociations avec le reste du Canada, le Québec proposera et entamera des négociations avec le gouvernement fédéral en cas de victoire du Oui. Comme cette condition du plus haut tribunal canadien aura été remplie, « si le gouvernement fédéral décide de jouer le jeu de la chaise vide, il le fera à ses risques et périls », prévient le Parti québécois.
5 à 1
Pour gagner, l’option indépendantiste devrait peut-être chercher une façon de tourner sa question de manière qu’un Non donne le feu vert à la souveraineté. Depuis le début de la Confédération canadienne, l’ensemble des électeurs québécois ont été invités à participer à une forme ou l’autre de référendum à six reprises et ont répondu cinq fois Non et une seule fois Oui.
Cela a commencé en 1898, lorsque l’ensemble des Canadiens ont été amenés à se prononcer sur l’idée d’une prohibition de l’alcool dans le cadre d’un plébiscite et le Québec a été la seule province à dire Non. La même question devait revenir en 1919, mais formulée autrement. Le gouvernement du Québec avait demandé alors si la vente d’alcool devait être permise, à quoi presque quatre électeurs sur cinq avaient répondu Oui.
Le Québec sera encore la seule province à répondre Non à la question du gouvernement libéral fédéral qui a demandé aux Canadiens de le libérer de sa promesse de ne pas recourir à la conscription lors d’un plébiscite en 1942.
On obtiendra la même réponse lors du premier référendum sur le projet de souveraineté-association en 1980, le référendum canadien sur l’accord constitutionnel de Charlottetown en 1992 et le deuxième référendum sur l’accession du Québec à la souveraineté en 1995.
Cette dernière fois, le résultat s’était toutefois joué au plus mince écart possible, le Non recueillant 50,58 % des appuis contre 49,42 % pour le Oui dans un scrutin où 93,5 % des électeurs étaient allés voter.
13 %
À la fin du mois dernier, seulement le quart (25 %) des répondants à un sondage Synopsis-La Presse se disait en faveur de la souveraineté du Québec, contre 63 % qui y étaient opposés et 12 % d’indécis. Une fois répartition de ces derniers, on arrivait à 29 % en faveur et 71 % contre.
Le taux d’appui à la souveraineté était de plus ou moins de 40 % jusqu’au retour de Donald Trump au pouvoir, après quoi il n’a plus repassé cette barre. Il avait très rarement dépassé le seuil des 50 % depuis la fin des années 90, la dernière fois étant au milieu de 2005 durant les auditions de la commission Gomery, qui enquêtait sur les scandales des commandites.
À la veille des élections, une majorité de Québécois (52 %) s’attendaient à ce que Paul St-Pierre Plamondon tienne sa promesse de tenir un référendum au cours de son premier mandat, selon le sondage Synopsis-La Presse. Ils ne croyaient toutefois pas à ses chances de succès. À la question : « indépendamment de votre préférence, si un tel référendum avait lieu, croyez-vous que le camp du Oui l’emporterait ? », seulement 13 % ont dit y croire, alors que les deux tiers (67 %) s’attendent à une défaite et que 20 % disent ne pas savoir.
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