Élections de mi-mandat aux États-Unis : les républicains peuvent-ils perdre leurs bastions historiques ?

Les élections de mi-mandat sont généralement vues comme un référendum sur l’action du président en exercice. Et historiquement, le parti du président s’est souvent retrouvé dans une position défavorable. Donald Trump et son camp n’échappent pas à cette tendance.
Une des surprises de ce scrutin a été la capacité pour le camp démocrate de gagner du terrain dans les États historiquement conservateurs. C’est notamment le cas du Texas, qui a basculé en faveur des républicains dans les années 1970, mais où la tendance semble se renverser. Le Michigan pourrait aussi tomber en faveur des démocrates, portés par la figure du candidat Abdul El-Sayed.
D’autres, comme le Maine ou l’Alaska, sont des États où "les républicains sont souvent sortants mais fragiles. Une caractéristique qui oblige à être prudent tout de même", précise Richard Werly. L’éditorialiste souligne d’ailleurs que des sommes très importantes ont été investies dans les campagnes des candidats de ces États clés. Il cite notamment le cas du Texas, où le candidat républicain Ken Paxton aurait injecté 200 millions de dollars dans sa campagne pour un seul siège de sénateur : "Les caisses de Donald Trump sont pleines, notamment grâce aux dons qu’ont fait les compagnies pétrolières qui ont gagné beaucoup d’argent ou les compagnies de la tech, et il va falloir voir si l’argent fait la différence".
© Kevin Dietsch via Getty images
Le redécoupage électoral, un levier stratégique pour les républicains
Les républicains tentent tout ce qu'ils peuvent afin d’obtenir davantage de sièges, notamment la modification du découpage des circonscriptions - ou gerrymandering en anglais - : "Depuis qu’il y a une polarisation extrême de la vie politique aux États-Unis, ça a été utilisé massivement", explique Pauline Simonet. Dans les États où ils disposent du pouvoir politique nécessaire, les Républicains peuvent modifier les cartes électorales afin de renforcer leurs chances de conserver la majorité. L’objectif : répartir les électeurs démocrates entre plusieurs circonscriptions, et limiter leur capacité à y faire élire leurs candidats.
Une stratégie aussi utilisée par les démocrates dans les États où ils sont au pouvoir.
Vote anticipé, que disent les premiers résultats ?
À cinq jours du scrutin, environ 17% des Américains ont déjà participé au vote anticipé. Les premières tendances semblent correspondre aux indications des sondages, la balance pencherait côté démocrate. Mais les électeurs enregistrés comme démocrates seraient également plus nombreux à avoir voté par anticipation. "Ça, c’est ce que disent les sondages pour l’instant, qu’il y a beaucoup plus d’enthousiasme dans le camp démocrate", rapporte Pauline Simonet.
La journaliste rappelle cependant que le vote anticipé ne reflète pas nécessairement les préférences de l’ensemble de la population américaine, et le fait de connaître l’affiliation politique d’un électeur ne permet pas de savoir pour quel candidat il a voté. Les premiers chiffres donnent des indications sur la mobilisation, mais pas encore une image complète du rapport de force. Les certitudes, ce sera pour le 3 novembre prochain.
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast de Matin Première.
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