De hauts fonctionnaires d’Affaires mondiales Canada ignorent ce qu’est la doctrine Gérin-Lajoie
Il est possible d’occuper un poste de directeur général à Affaires mondiales Canada sans savoir en quoi consiste la doctrine Gérin-Lajoie du Québec, a révélé un échange tendu au sein d’un comité parlementaire mercredi soir.
« Excusez-moi, je suis un peu décontenancé par cette absence de réponse et cette ignorance au haut niveau du ministère des Affaires étrangères. […] Vous avez sérieusement des devoirs à faire », a lancé le député du Bloc québécois Alexis Brunelle-Duceppe au cours de cette réunion.
Le député souverainiste venait alors de lancer une question-quiz à une poignée de hauts fonctionnaires qui témoignait devant le comité permanent des affaires étrangères et du développement international de la Chambre des communes : « est-ce que vous pouvez nous dire ce qu’est la doctrine Gérin-Lajoie ? »
Voilà qu’Alexandra MacKenzie, une haute fonctionnaire qui occupe le poste de directrice générale à Affaires mondiales Canada, section des organisations internationales et des droits de la personne, s’est lancée maladroitement dans une définition incorrecte selon laquelle cette doctrine s’applique à la Francophonie.
« Je suis désolé, mais au nom de mes collègues, je ne suis pas en mesure d’expliquer la doctrine Gérin-Lajoie aux membres du comité », a ensuite avoué Martin Larose, qui occupe lui aussi un poste de directeur général à Affaires mondiales Canada, auprès de la direction générale de la politique de sécurité internationale et des affaires stratégiques.
Deux autres directeurs généraux étaient aussi présents, mais ont gardé le silence plutôt que de porter secours à leurs collègues de travail embarrassés par ce détail manquant à leur culture générale.
« Vous venez d’avoir un exemple flagrant et extrêmement malheureux des deux solitudes », a déploré le député Brunelle-Duceppe, avançant que même le président du comité, l’ex-ministre libéral Ahmed Hussen, ignore cette doctrine. Il a publié ces échanges sur ses réseaux sociaux mercredi.
La doctrine Gérin-Lajoie est essentiellement le manuel d’instruction du gouvernement du Québec dans la conduite de ses relations avec les autres pays du monde. En vertu de cette doctrine, le Québec parle en sa propre voix à l’international dans les domaines relevant de sa compétence.
C’est justement ce qu’a invoqué le premier ministre du Québec, cette semaine, pour exiger de livrer un discours devant les invités du grand Sommet Canada-Union européenne (UE), lancé jeudi à Montréal. Paul St-Pierre Plamondon a choisi d’y envoyer un non-élu, son diplomate Pascal Paradis, tout en critiquant que le Québec est relégué à un rôle de « vassal » dans l’événement.
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