Marco Rubio en Grèce pour secouer des Européens pris en étau

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio était à Athènes mercredi 7 octobre. Au programme, une rencontre avec les dirigeants conservateurs grecs, mais surtout un discours pour réveiller, pour secouer l'Europe, dans un lieu historique et symbolique.
La colline athénienne de la Pnyx présente l'avantage d'offrir une vue imprenable sur celle de l'Acropole et le Parthénon et d'offrir de superbes images depuis des siècles. Emmanuel Macron avait parlé d'Europe au même endroit en 2017. Pour Marco Rubio, l'objectif était double. Un : placer les États-Unis de Donald Trump dans la lignée de la Grèce antique, sans oublier de passer par l'étape du christianisme, en faire leur héritier direct sur le plan architectural, politique, dans le côté pionnier, explorateur et même militaire. Par exemple, il a parlé à la fois de la guerre contre l'Iran et de la bataille des Thermopyles où 300 spartiates s'étaient sacrifiés face à l'armée perse, ancêtre de l'Iran. Une histoire reprise par Hollywood dans un film à voir quand on est amateur de péplum et d'amitiés viriles. Deux : appeler l'Europe à sortir de sa torpeur et à assumer elle aussi ses racines et rejoindre ce mouvement, de choisir la puissance nationale plutôt que d'en avoir honte.
Redresser la trajectoire
Ce discours n'est pas nouveau. C'est celui que l'on retrouve dans la stratégie de sécurité nationale américaine publiée par la Maison Blanche et où il est expliqué que l'Europe s'est perdue en chemin et qu'il est nécessaire de redresser sa trajectoire idéologique. Il est répété inlassablement depuis la campagne Trump 2024 de manière plus ou moins virulente. Plutôt plus quand il s'agit du vice-président J.D. Vance à la conférence sur la sécurité de Munich en 2025 ou quand on confie la mission au secrétaire à la guerre Pete Hegseth de demander à ses homologues de l'Otan de faire plus pour la défense de l'Europe. C'est dit de manière un peu plus agréable, un peu plus diplomatique, enrobé dans des références historiques et philosophiques quand c'est Marco Rubio, un républicain à l'origine un peu plus traditionnel.
Déchristianisation
Il y a un autre pays qui a un discours un peu similaire, c'est la Russie. C'est un peu la même chose quand Moscou parle de déclin de l'Europe en citant la responsabilité de l'immigration, comme à Washington, ou le rôle des minorités LGBT. Même discours sur la déchristianisation de l'Europe qui oublie ses propres racines. Il est intéressant d'ailleurs de noter que ce discours religieux est aussi en lien avec la Grèce, via l'autre branche du christianisme, le christianisme orthodoxe.
Mettre l'Europe au pas
Le discours se présente sous des aspects philosophiques, mais le but est très prosaïque. Il s'agit de mettre l'Europe au pas, tout simplement. Côté américain en la plaçant en position de suiveuse des États-Unis. Objectif réel : permettre aux entreprises américaines de s'y déployer sans entraves réglementaires, notamment les géants du numérique. Côté russe, l'idée est clairement de l'affaiblir pour arrêter le soutien à l'Ukraine et reprendre pied dans ce que le Kremlin considère comme les marches de sa zone d'influence historique et sur laquelle il entend reprendre le contrôle. Contrôle perdu depuis que les pays de l'Est ont rejoint une Europe désormais prise en tenaille entre deux empires.
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