Les conservateurs fédéraux veulent augmenter la production de diesel et baisser les taxes

(Ottawa) Les conservateurs fédéraux réclament une augmentation de la production canadienne de diesel pour la porter à un million de barils par jour, alors que le prix de ce carburant ne cesse de grimper.
Publié à
Nick Murray La Presse Canadienne
Les guerres en Iran et en Ukraine ont fait augmenter le prix des carburants, dont le diesel, au cours du mois dernier. Ressources naturelles Canada rapporte que le prix moyen du diesel à l’échelle du pays mardi est de 2,60 $, plus de 1,06 $ en haut du prix au même moment l’an dernier.
Lors d’une conférence de presse organisée mardi matin devant la Chambre des communes, Jason Groleau, porte-parole conservateur pour l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, a affirmé que les Canadiens payaient 31 cents de plus par litre de diesel que la moyenne mondiale.
« La hausse des prix à la pompe crée une inflation énorme sur tous les produits achetés par les Canadiens, a souligné Jason Groleau en français. Le prix du diesel au Canada a augmenté de plus de 80 % au cours de la dernière année seulement. »
Carol Anstey, porte-parole conservatrice en matière d’énergie, a soutenu lors de la conférence de presse que « le coût de l’essence ne s’arrête pas à la pompe ».
« Chaque hausse fait grimper le coût de production de nos denrées alimentaires, du transport de nos marchandises et de la construction de logements, et chaque augmentation se répercute sur le budget des ménages. »
Les conservateurs veulent passer à l’action
Une motion conservatrice présentée mardi à la Chambre des communes appelle le gouvernement à agir.
Le parti souhaite la suspension des taxes fédérales sur le diesel jusqu’à la fête du Canada, ainsi que des allègements fiscaux pour la construction d’infrastructures liées au diesel, telles que les oléoducs, les raffineries, les voies ferrées et les installations d’entreposage.
« Le Canada dispose des ressources, de la main-d’œuvre qualifiée et de l’expertise nécessaires pour mettre en place un approvisionnement en carburant plus solide et plus fiable », a argué Mme Anstey.
PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE
Carol Anstey, porte-parole conservatrice en matière d’énergie
« Nous devrions mettre ces atouts à profit pour créer des emplois, réduire notre dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers et protéger les Canadiens contre les perturbations d’approvisionnement », a-t-elle ajouté.
La motion précise que le gouvernement devrait se fixer pour objectif de porter la production canadienne de diesel à un million de barils par jour.
Les raffineries canadiennes fonctionnent toutefois déjà presque au maximum de leur capacité. Un rapport publié en mars par la Régie de l’énergie du Canada indiquait que les raffineries de pétrole brut utilisaient 1,6 million de barils par jour, soit 90 % de leur capacité.
« Le gouvernement est en contact permanent avec les raffineurs, qui maximisent leur capacité de production de diesel pour faire face à la situation », a pointé John Fragos, attaché de presse du ministre des Finances, François-Philippe Champagne.
« Le Canada produit à peu près la quantité exacte de diesel qu’il consomme, ce qui nous assure la sécurité de notre marché intérieur, a-t-il ajouté. Nous sommes actuellement un exportateur net de diesel, ce qui signifie que toute production supplémentaire est destinée aux marchés d’exportation. »
Leur position doit encore se préciser
Lors d’une entrevue avec La Presse Canadienne après la conférence de presse, Mme Anstey a référé à une déclaration du ministre des Ressources naturelles, Tim Hodgson datant de mars. Il avait alors affirmé que plus d’exportations énergétiques canadiennes à travers le monde pourraient « soutenir l’approvisionnement des marchés mondiaux, ce qui devrait contribuer à alléger les hausses de prix que les Canadiens subissent à la pompe ».
Mme Anstey a ajouté que la presque pleine capacité des raffineries « renforcait » les demandes de son parti pour une production accrue.
« Une autre dimension de ce sujet concerne la construction d’une réserve stratégique de pétrole qui pourra agir comme un isolant lorsqu’il y a une perturbation », a dit Mme Anstey à La Presse Canadienne.
« Juste de nous accorder un environnement où on peut avoir plus d’investissements, et d’avoir la possibilité d’augmenter la production dans cet espace », a-t-elle ajouté.
Le chef conservateur Pierre Poilievre a de nouveau demandé cette réserve lors de la reprise des travaux de la Chambre des communes lundi, mais cela ne faisait pas partie de la motion déposée mardi.
« Il s’agit d’une préoccupation sérieuse pour les Canadiens, et nous savons que ça fait augmenter les coûts de tout le reste. Alors je soupçonne que nous voulons nous assurer que nous offrons des positions politiques solides à ce sujet, et que c’est probablement pour cela que ce n’était pas inclus dans la motion », a dit Mme Anstey.
« Mais notre position est absolument que c’est quelque chose que nous devrions faire, puisque nous sommes le seul pays du G7 actuellement qui n’a pas de réserve stratégique de pétrole. Et, surtout en prenant compte du contexte dans lequel nous nous trouvons avec les puissances mondiales, je crois que nous voudrons nous y pencher peut-être un peu plus attentivement pour trouver de bonnes positions politiques sur le sujet. »
L’agence internationale de l’énergie exige que ses membres maintiennent une réserve stratégique de pétrole. Le Canada, comme exportateur net de pétrole, en est exempté.
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