Le vortex polaire pourrait se déplacer vers le sud dès novembre
Un dérèglement hâtif du vortex polaire pourrait avoir des répercussions sur la météo de plusieurs régions de l’Amérique du Nord, dont le Québec, dès le mois de novembre, selon des analyses de MétéoMédia. Qualifié d’« historique », ce phénomène pourrait favoriser des températures plus basses que la normale, bien que plusieurs inconnues demeurent.
« Un dérèglement comme ça serait l’un des plus hâtifs qu’on a vu depuis qu’on compile les données », affirme André Monette, chef du service météorologique à MétéoMédia, en entrevue avec Le Devoir.
Le vortex polaire est un vaste tourbillon situé entre 10 et 50 km au-dessus du pôle Nord. Il renferme la masse d’air la plus froide de l’hémisphère. Des vents de grande intensité qui circulent d’ouest en est permettent de la maintenir au niveau du pôle, confinant ainsi l’air froid dans cette région.
Lorsque ces vents s’affaiblissent, le vortex polaire perd de son intensité et peut se déformer ou se déplacer, permettant à l’air glacial de descendre vers le sud, notamment en Amérique du Nord, en Europe ou en Asie.
Normalement, le vortex se renforce naturellement et progressivement en automne, jusqu’au début de l’hiver (environ janvier), pour atteindre une intensité importante en janvier ou en février. Il peut alors contribuer à des épisodes de froid extrême, notamment au Québec, lorsqu’il se déplace vers le sud. Cette année, plusieurs modèles météorologiques laissent entrevoir une perte en intensité dès la première semaine de novembre, ce qui serait « historique », selon M. Monette.
Un « territoire inconnu »
Si ce scénario se concrétise, ses conséquences sur la météo demeurent difficiles à anticiper, d’autant plus qu’il est inhabituel. L’affaiblissement du vortex polaire « peut augmenter les grandes variations ou les extrêmes au niveau des températures », explique le météorologue.
Tout dépendra toutefois de la direction que prendra la masse d’air froid : « Par exemple, si elle descend vers l’Ontario et le Québec, on pourrait se retrouver avec une période plus froide que la normale. Mais si elle descend vers l’Ouest canadien, ça peut amplifier le courant-jet, et donc pendant que les Prairies canadiennes auraient froid, nous, on pourrait avoir des températures plus douces. »
Il est aussi important de noter que le vortex ne contiendra pas autant d’air froid qu’en janvier ou en février, par exemple, ce qui pourrait influer sur les conséquences du phénomène. De plus, si le vortex polaire s’affaiblit, comme prévu, au début du mois de novembre, les effets ne se feraient pas ressentir avant la fin du mois du novembre.
Pour le moment, les météorologues n’ont pas d’explications claires quant aux raisons de ce dérèglement hâtif. « Est-ce que la présence d’El Niño, qui est record cette année, peut avoir une conséquence sur le dérèglement ? Peut-être, mais on ne sait pas », affirme M. Monette. « On est un peu en territoire inconnu. »
Une chose est certaine, conclut-il : c’est un phénomène « à surveiller ».
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