Karma : pourquoi Denis Ménochet n'a pas adressé la parole à Marion Cotillard pendant tout le tournage ?

Pour son nouveau film, "Karma", Guillaume Canet a réuni Marion Cotillard et Denis Ménochet dans un thriller anxiogène. Poussés dans leurs retranchements, les acteurs ont adopté une méthode bien particulière pour travailler leur relation.

Pour son neuvième long-métrage en tant que réalisateur, Guillaume Canet signe son œuvre la plus sombre. Karma suit Jeanne, une femme au passé trouble qui tente de se reconstruire. Lorsque son filleul est enlevé, elle est soupçonnée par la police et se réfugie dans la communauté qu'elle avait fuit quelques années auparavant. Elle retrouve alors Daniel, le leader inquiétant de cette micro-société.
Le projet de ce film est né d'un désir de Guillaume Canet d'écrire un rôle sur mesure pour Marion Cotillard. Connue pour son intensité à l'écran, l'actrice oscarisée fait face à un Denis Ménochet plus effrayant que jamais en patriarche d'une secte.
Pour travailler leur relation et la rendre plus authentique possible, les deux interprètes ont fait le choix de ne pas se côtoyer sur le tournage du film, au point même de ne pas partager les déjeunes ensemble. Une méthode qui rappelle celle employée par Anthony Hopkins avec Jodie Foster sur le tournage du Silence des Agneaux de Jonathan Demme.
© Pathé
"C'était un peu une évidence, explique Denis Ménochet en interview avec AlloCiné. Le dernier jour de répétition des cascades, on s'est dit : "On se revoit de l'autre côté." On a eu vraiment cette espèce d'instinct ensemble. Mais je pense que c'était nécessaire. Peut-être certains avaient l'impression qu'on se faisait la gueule ou qu'on s'ignorait mais ce n'est pas du tout."
Il poursuit : "L'idée était vraiment de conserver le regard de Marc [le nom de son personnage, ndlr] sur Jeanne et inversement. Et en même temps, moi, j'étais très curieux de voir Marion travailler et faire naître ce personnage-là."
Comment sortir des rôles difficiles ?
Denis Ménochet n'en est pas à son premier rôle difficile. Dans Jusqu'à la garde, film pour lequel il avait été nommé aux César en 2019, l'acteur jouait un père violent. Pour s'extirper de ses personnages sans endommager sa santé mentale, il a imaginé plusieurs rituels pour tous les tournages.
"Je regarde des comédies, j'écoute des musiques joyeuses et un surtout : j'écris une lettre à mon personnage pour lui dire au revoir avant de la brûler dans le décor, explique Denis Ménochet avant de se tourner vers Guillaume Canet. Donc oui, Guillaume, je ne te l'avais pas dit, mais j'ai brûlé cette lettre sur le plateau."
Après Karma, l'acteur incarnera un autre rôle sous tension et pas des moindres, celui du président de la République dans Jupiter d'Alexandre Smia.
Propos recueillis par Thomas Desroches, à Paris, le 13 octobre 2026.
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