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Sunday, August 30, 2026

Max Cilla, maître de la flûte en bambou et souffleur de rêves

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Fin juillet 2026, un grand musicien a joué au festival Les Escales de Saint-Nazaire dans l’ouest de la France. Un évènement qui mêle têtes d'affiche et découvertes du monde entier. Tête-à-tête avec l'immense flûtiste martiniquais Max Cilla.   

Souffler la vie, quelques notes suffisent à Max Cilla pour qu’il vous emporte dans son monde et vous rapproche de son village natal de Ducos, sur son île chérie, la Martinique : « Dans ce village, rue Cases-Nègres de l’habitation Rochelle, où j’ai passé mon enfance, il y avait un travailleur de la canne à sucre qui, le soir, au crépuscule, s’adossait à un gros manguier, se rappelle le flûtiste, et il se mettait à jouer des mélodies avec sa flûte de bambou, c’était une manière de se détendre. Et ce Monsieur, on l’appelait Monsieur « Mondié » [« mon dieu », NDLR], c’était un sage. »

Pour Max Cilla, les flûtes en bambou, les « toutoun bambou », sont des êtres vivants qu’il faut respecter, aimer. Des instruments qu’il fabrique pour célébrer la nature, notamment les vents qui traversent l’Atlantique jusqu’aux îles Caraïbes. C’est le thème d’une récente composition « Alizé an ba bwa » : « Les alizés, ce sont les vents qui soufflent dans les îles aux Antilles. "Alizé an ba bwa", ce qui veut dire les alizés dans la forêt, précise le musicien, c'est comment les alizés font une musique avec les arbres de la forêt, notamment les grands bambous qui se frottent les uns aux autres et qui font certains sons très musicaux. Donc c’est un élément d'équilibre de la nature très important. »

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« Des mémoires éthériques »

Avec le temps, Max Cilla est devenu un maître de la flûte des Mornes, comme il la nomme, pour rappeler que cet instrument vient de la terre, qu’il porte, sans doute, un héritage lointain : « Je pense qu’il y a des mémoires éthériques qui sont dans l’inconscient, confie le flûtiste, et je pense que ce sont des phénomènes de réminiscence de la flûte du Fouta Djallon de Guinée, du Mali, donc la flûte peule. Mais la flûte des Mornes de chez nous a été vraiment une création autodidacte de la paysannerie locale. »

Un instrument hors du temps que Max Cilla, du haut de ses huit décennies, joue en virtuose pour nous transmettre sa vision de l’humanité à travers d’infinies émotions : « C'est d’abord la joie, c’est d’exprimer un sentiment. Parce qu’au début, quand j’ai commencé la musique, c’était par amour de la musique, je n’avais pas d’ambition, admet-il. Et puis, au fil des années, on se découvre, on découvre sa vraie nature, sa vraie vocation. J’étais attiré par la musique parce que j’aimais ça, tout simplement. »

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