Yémen: l'ONU réclame un accès humanitaire à Taëz, assiégée par les Houthis

Les violences se sont encore intensifiées cette semaine au Yémen, avec une frappe attribuée aux Houthis qui a fait plus de 70 morts sur un camp des forces gouvernementales le 19 octobre. Sur le plan humanitaire, les combats ont fait plus de 250 000 déplacés depuis cet été. Beaucoup sont encerclés à Taëz, dans le sud-ouest du Yémen. L'ONU réclame un accès immédiat à la ville pour faire entrer l'aide humanitaire.
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Taëz est à la fois la province d’où partent la plupart des Yéménites qui fuient les combats, mais aussi celle qui accueille le plus de déplacés. Les Houthis ont fermé la seule voie d'accès qui relie la ville à Aden, sous contrôle des forces gouvernementales.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a réclamé, mardi 20 octobre, l'ouverture d'un accès humanitaire à Taëz, assiégée depuis début octobre par les rebelles Houthis pro-iraniens, qui bloquent la route reliant cette ville à Aden : « La fermeture, par les Houthis, de la seule voie d'approvisionnement reliant Taëz à Aden expose les civils à de graves dangers, bloque l'aide humanitaire et entrave l'accès à des biens de première nécessité », a alerté Volker Türk dans un communiqué.
Résultat : la nourriture commence à manquer. De même que l'eau, explique depuis Aden, Akhil Iyer, représentant de l'UNICEF au Yémen, à notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche : « On a parlé avec une jeune déplacée de 11 ans. Elle s'appelle Safa. Et elle explique qu'elle a peur d'aller chercher de l'eau. Il faut faire la queue pendant des heures dehors, avec des milliers de personnes. Certains se battent même pour pouvoir remplir leurs bidons et ça la terrifie. »
Pénuries
La ville de Taëz est frappée par les pénuries, alors que le Yémen, l'un des pays les plus pauvres au monde, était déjà confronté à une grave crise humanitaire avant la reprise des hostilités entre les forces gouvernementales yéménites et les combattants houthis en juillet.
Le blocus empêche également l'essence de rentrer à Taëz. Elle est essentielle pour faire fonctionner les pompes à eau et le système d'assainissement. Avec les ordures qui s'accumulent, l'ONU craint désormais que les eaux usées augmentent la propagation de maladies diarrhéiques.
Les cas de choléra ont par exemple explosé depuis quelques semaines, sans qu'on puisse les traiter correctement. Selon l'OMS, les 12 hôpitaux de Taëz n'auront plus de carburant d'ici à quatre jours, et presque plus de médicaments d'ici à une semaine.
« Protéger les civils »
Avec les combats qui se rapprochent des zones densément peuplées de la ville, Volker Türk a averti que les risques pour les civils augmentaient « considérablement » : « J'exhorte toutes les parties au conflit à s'abstenir d'utiliser des armes explosives à large rayon d'action dans les zones peuplées, et à prendre toutes les précautions possibles pour protéger les civils ainsi que les biens civils », a-t-il déclaré.
Le Haut-Commissaire a par ailleurs réitéré son appel aux Houthis pour qu'ils « libèrent, immédiatement et sans condition, tout le personnel des Nations unies et d'autres ONG actuellement détenu arbitrairement ». À la mi-octobre, quelque 70 employés de l'ONU étaient encore détenus par les Houthis, selon l'organisation.
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