Les Iraniens, notamment les étudiants, éprouvés par les sanctions contre l'Iran

Les États-Unis et les pays européens multiplient les annonces de sanctions contre l’Iran, tandis que Donald Trump a promis d’isoler économiquement le pays. La population iranienne en subit aujourd’hui les conséquences : les prix des biens de première nécessité ne cessent d’augmenter et les étudiants ne peuvent plus partir étudier à l’étranger.
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Face à ces difficultés du quotidien, une Iranienne confie son sentiment d’abandon. Pour des raisons de sécurité, son témoignage a été retranscrit. « Nous, les Iraniens, nous souffrons déjà suffisamment de la répression du régime. Maintenant, le reste du monde nous traite de la pire des manières », déplore-t-elle.
Elle estime que si de telles sanctions avaient été imposées à un autre peuple, « les Palestiniens par exemple », des célébrités se seraient mobilisées. « Mais comme cela touche les Iraniens, personne ne bouge et je trouve ça honteux pour la population mondiale », ajoute-t-elle.
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Cibler les avoirs plutôt que la population
Kian Habibian, de l’association We are iranian student, estime que d’autres sanctions pourraient être plus efficaces et moins coûteuses pour les Iraniens. Il cite notamment les investissements et le parc immobilier des Gardiens de la Révolution en Europe.
Il évoque également Mojtaba Khamenei, qu’il présente comme le « supposé nouveau guide suprême », et affirme qu’il possède un parc immobilier de plusieurs centaines de millions de dollars à Londres. « Pourquoi ne pas saisir ces biens ? », interroge Kian Habibian.
Selon lui, le gel de ces avoirs et des enquêtes contre des banques européennes qui aideraient à déplacer de l’argent permettraient de « leur couper des vivres plutôt que de s’en prendre à la population sans vraiment prendre en considération les conséquences que ça aura ».
Les Iraniens installés à l’étranger sont eux aussi touchés par les sanctions, regrette-t-il. Certains étudiants essuient notamment des refus de la part d’établissements de formation qui craignent d’être eux-mêmes visés par des mesures de rétorsion.
Des étudiants également contraints par le régime
Kian Habibian souligne que beaucoup d’étudiants cherchent à quitter l’Iran et que l’absence de certains tests bloque une partie de leurs démarches. Mais les obstacles viennent aussi, selon lui, de la République islamique.
Il affirme que différentes lois entrées en vigueur visent directement les étudiants iraniens. Ceux-ci risqueraient de six mois à deux ans de prison pour tout contact avec une institution, un média ou une université non autorisés, l’autorisation dépendant du ministère du Renseignement.
Les opérations scientifiques au niveau académique avec des établissements étrangers sont également interdites sans validation de ce ministère, tout comme les contacts et l’organisation d’événements culturels avec des ambassades, poursuit-il.
Ces restrictions limitent fortement, selon Kian Habibian, la possibilité pour les étudiants de poursuivre leurs études et, plus largement, de quitter le pays. « Lorsque, dans un pays, on interdit à sa population de s’approcher des ambassades, même pour un événement culturel, c’est qu’on cherche à les retenir en otage », estime-t-il.
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