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Tuesday, August 25, 2026

Guerre commerciale | La guerre commerciale vire à l’affrontement personnel

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(Ottawa) Trois jours après l’échec des négociations commerciales entre Ottawa et Washington, les relations canado-américaines ont de nouveau été secouées lundi par une nouvelle ronde de menaces de la part de Donald Trump et par un échange d’insultes sans précédent entre le président américain et le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.

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Devant la tournure des évènements, le premier ministre Mark Carney a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de reprendre les pourparlers tant et aussi longtemps que l’administration Trump « ne changera pas d’attitude ».

Quatre de ses ministres – François-Philippe Champagne (Finances), Mélanie Joly (Industrie), Patty Hajdu (Emploi) et Evan Solomon (Intelligence artificielle) – donneront le détail de la réponse tarifaire canadienne et des programmes d’aide pour les entreprises et les travailleurs lors d’une conférence de presse ce mardi avant-midi.

Les tensions commerciales, déjà vives depuis l’échec des négociations et l’entrée en vigueur de droits de douane de 50 % sur une vaste gamme de produits canadiens totalisant 28 milliards de dollars, ont atteint un nouveau sommet après que Donald Trump a brandi une autre menace tarifaire lundi matin.

Dans un message sur le réseau Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a annoncé qu’il va imposer des droits de 50 % sur l’industrie canadienne de l’automobile à compter du 1er janvier, et il a accusé le Canada de faire partie « des pires nations » avec qui les États-Unis transigent.

PHOTO COLE BURSTON, AGENCE FRANCE-PRESSE

Donald Trump a menacé de faire passer les droits de douane américains sur l’acier canadien à 50 %. Sur la photo, une usine d’ArcelorMittal à Hamilton, en Ontario.

« Le Canada exploite les États-Unis depuis des années. Ses droits douaniers exorbitants sur nos agriculteurs et leurs produits agricoles rendent la vie impossible à ces grands patriotes américains et ont creusé un déficit de 60 milliards de dollars entre nos deux pays. Cette situation est intenable et elle doit cesser ! », a lancé le président Trump dans son message.

« Le 1er janvier 2027, les droits de douane sur toutes les voitures, tous les camions (petits et grands), les pièces automobiles et l’acier passeront à 50 %. Fabriquez aux États-Unis et vous bénéficierez d’une exemption de droits de douane. Le Canada ne sera plus traité comme un État ! »

En matière de commerce, et à bien d’autres égards, il figure parmi les pires nations avec lesquelles traiter. Il se croit tout permis, alors que nous n’avons pas besoin du Canada, c’est lui qui a besoin de nous ! Il réalise 95 % de son commerce avec les États-Unis, et avec nous, c’est tout le contraire !

Donald Trump, dans un message sur Truth Social

Si M. Trump devait mettre sa menace à exécution, les droits de douane sur les automobiles passeraient donc de 25 % aujourd’hui à 50 %. Cette salve tarifaire s’appliquerait aux voitures, aux camions et aux pièces automobiles.

« Toutes les options sur la table »

L’industrie automobile est l’un des moteurs économiques de l’Ontario. Le premier ministre de la province, Doug Ford, prône ainsi de sévères mesures de rétorsion pour toucher les Américains là où ça fait mal. Il propose notamment de couper l’électricité et les minéraux critiques aux Américains.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, et son homologue du Québec, Christine Fréchette, y sont allés d’une annonce commune lundi, à Lévis.

De passage à Lévis, le premier ministre fédéral, Mark Carney, n’a pas exclu de telles mesures, se disant par ailleurs peu surpris de la sortie de Donald Trump. « Mais quel message cela envoie-t-il aux travailleurs du Michigan, de l’Ohio, du Kentucky et de l’Alabama qui dépendent de la demande canadienne ? Nous sommes leur principal client pour l’automobile », a-t-il affirmé.

Pour M. Ford, « toutes les options sont sur la table ». « Je ferai tout ce qu’il faudra », a-t-il affirmé en début de journée dans une entrevue avec Associated Press, une agence de presse américaine.

Les États-Unis ont besoin des minéraux critiques produits en Ontario pour construire des avions militaires, des missiles et des produits électroniques. Et l’électricité ontarienne alimente 1,5 million de foyers et d’entreprises au sud de la frontière.

Le premier ministre Ford a aussi suggéré de tripler le prix du pétrole, de la potasse, de l’uranium et des terres rares vendus par le Canada aux États-Unis.

Après avoir parlé à Mark Carney en après-midi, il a nuancé son propos en précisant qu’il allait jouer avec l’« Équipe Canada » et a enjoint à ses homologues provinciaux de sévir, eux aussi. Mais pour la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, l’option de couper les exportations de pétrole aux États-Unis « n’est pas viable ».

Escalade verbale

Cette nouvelle attaque du président Trump a irrité M. Ford au point où les deux hommes ont échangé des insultes.

« Beaucoup d’“enflure verbale” de la part de Doug Ford, premier ministre de la province canadienne de l’Ontario, mais surtout connu pour être le frère – moins charismatique, moins intelligent et, dans l’ensemble, peu impressionnant – du regretté et grand Rob Ford », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social en après-midi. Un message repris par l’ambassade des États-Unis à Ottawa sur X.

PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS

Le président des États-Unis, Donald Trump

L’ancien maire de Toronto Rob Ford est mort d’un cancer en 2016. Une vidéo de lui en train de fumer du crack avait fait les manchettes quelques années plus tôt.

« Je ne réponds pas à des dictateurs comme le président Trump, un intimidateur comme le président Trump », a d’abord rétorqué Doug Ford en conférence de presse avant d’en rajouter une couche.

Je ne vais prendre aucun conseil d’un gars qui est le roi des faillites. Il impose présentement des droits de douane : une taxe, sur sa propre population. […] Avec les élections de mi-mandat, j’ai un message pour les Américains : ne votez pas pour une personne qui va éliminer vos emplois.

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

M. Ford compte faire la tournée des chaînes d’information américaines pour leur livrer ce message. Sa conférence de presse lundi a été diffusée sur les ondes de Fox News, chaîne d’information chouchou du président Trump. Il s’est adressé directement à lui.

« Vas-y, mon gars, lui a-t-il dit. Je suis prêt. J’ai eu affaire à des gars comme toi toute ma vie. Et devine quoi ? Vous devenez tous des losers parce que tu es un loser. »

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