ESPN DeportesAsí vivimos Guardians vs. Rays, J1 Serie de CampeonatoPunchFalana questions ₦15tn coastal highway cost, warns against voter suppressionESPNContreras powers Brewers to 2-0 NLCS lead, vows Milwaukee will 'keep going'The Jerusalem PostElazar Yair Wilensky, 14, identified as student killed by Hezbollah ordnance explosion in NorthInquirer3 arrested in alleged illegal mineral exploration in Oriental MindoroCNN TürkKUVVETLİ GELİYOR | 13 EKİM HAVA DURUMU: Bugün Hava Nasıl Olacak? İstanbul, İzmir, Ankara Meteorolojik Son Durum!한겨레원전 8기 냉각용 바닷물 온도, 상한선에 2도 미만까지 육박ZDF heuteEntdecken Sie das ZDF-NachrichtenstudioUOLEnsaios da UE colocam os materiais de isolamento térmico sob escrutínioSözcüBankalarda yeni dönem sessiz sedasız başladıThe South AfricanSouthern African elephants bounce back as continent’s wildlife plungesגיקטייםמטא משיקה את מודל ה-AI המתקדם ביותר שלה וטוענת שהוא טוב יותר מקלוד ו-GPT Astra
The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, October 13, 2026

Un coffret grand luxe pour le «Rubber Soul» des Beatles

Translate

Ces jours-ci, sur Facebook, les fans des Beatles, ainsi que les férus de musique populaire au sens large, sont frappés par un titre décliné en variantes, chapeautant articles, balados, voire essais de musicologues patentés : « L’album qui a tout changé », « La pierre d’achoppement de la pop moderne », et ainsi de suite. Parfois, on nomme Rubber Soul, précisant qu’il s’agit bel et bien du disque des Beatles qui parut à l’origine le 3 décembre 1965, parfois on passe outre : après tout, on sait. Toutes ces publications et diffusions concernent les diverses configurations de Rubber Soul qui déboulent en avalanche depuis le 2 octobre, de l’album stéréo remixé par Giles Martin et Sam Okell au coffret Super Deluxe avec son chic livre de 88 grandes pages.

C’est en effet au tour de Rubber Soul d’obtenir le traitement royal, après Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, The Beatles (l’album blanc), Abbey Road, Let It Be et Revolver. Autant de fameux et fabuleux albums qui doivent beaucoup à la méthode appliquée pour la première fois aux studios EMI à l’automne 1965. À savoir ? Les Beatles, au sortir d’une tournée nord-américaine qui les avait vus remplir l’immense stade Shea tout en allongeant leur liste ininterrompue de numéros un sur les palmarès, sont tout-puissants. Dans la préface du livre, on cite John Lennon : « We took over the studio. » Le groupe impose aussi « la pochette et tout ». Il se trouve que le Studer J37 fait en même temps son entrée : la première console 4-pistes à la disposition des Beatles et du réalisateur George Martin.

Toutes les libertés

Magique machine à combinatoires infinies, pour l’époque : tout devient possible. Et permis. Contenant et contenu. L’instrumentation s’épivarde hors du moule rock, de l’harmonium (The Word) au sitar (Norwegian Wood), de la basse fuzz (Think For Yourself) au piano ralenti puis accéléré (le génial solo de George Martin dans In My Life) ; les arrangements, les suites d’accords, tout a évolué. Les textes se sont libérés des amourettes d’office : c’est d’amour universel qu’il est question dans The Word, d’adultère dans Norwegian Wood. Lennon revisite tendrement son existence dans In My Life et décrit un personnage perdu dans Nowhere Man. Paul McCartney s’invente une Michelle et se plaint de sa compagne dans I’m Looking Through You.

Commentaires d’époque ou récents, on fourmille d’éloges : il y a vraiment unanimité sur les répercussions de Rubber Soul. Un Brian Wilson stupéfait par la variété des thèmes et trouvailles délaisse la planche de surf pour s’inventer un monde : ce sera Pet Sounds. Graham Nash, avec les Hollies, reprend If I Needed Someone, séduit par la 12-cordes électrique et les harmonies. Grace Slick, qui trouvait un peu ridicules les Beatles et leurs habits sans col, les retrouve avantageusement changés, cultivés : ils ont grandi. Mille et un groupes cherchent pareillement à s’émanciper, à trouver une marge de manœuvre dans l’industrie très préfabriquée du disque. Les Beatles montrent la voie.

Le coffret parfait

Et ce coffret Super Deluxe 4 CD reçu en exemplaire de presse ? Le nouveau mixage stéréo est d’une clarté déconcertante. Trop propre ? Ça dépend du système audio qu’on a : plus c’est haut de gamme, plus on a la sensation d’être en studio avec eux, dans l’espace sonore. Sur le lecteur d’ordi, c’est trop propre. Le fan qui a son bon vieux Rubber Soul nord-américain, version Capitol, avec son choix différent de 12 pistes plus folk-pop que l’édition britannique, adorera le mixage très dense. Le disque complémentaire des pistes issues de séances de travail est comme toujours un régal, particulièrement les premières prises de Norwegian Wood, In My Life et Day Tripper, la prise 2 d’I’m Looking Through You, ainsi que la fascinante Little Girl, inédite de Lennon, démo qui préfigure I’m Only Sleeping. Une inédite sortie de nulle part, qui l’eût cru ?

Il y a de nombreuses pistes instrumentales, ce qui est normal : c’est ainsi qu’on enregistrait avec le 4-pistes, version de base et ajouts subséquents. Le fan y trouvera son compte : tout est à découvrir dans le processus. Le simple curieux pourrait se lasser, et le coffret n’est pas donné. Le 33 tours du nouveau mixage stéréo pourrait suffire. Savez-vous que certains veulent toutes les configurations ? Qui dit complétiste dit marge de crédit et douce folie. Ça rime.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.