Rage du raton laveur | L’épidémie s’étend au Centre-du-Québec

L’épidémie de rage du raton laveur qui sévit en Estrie et en Montérégie s’étend à une troisième région avec la confirmation d’un premier cas dans le Centre-du-Québec.
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L’animal, un raton laveur, a été trouvé à la mi-juillet à Saint-Eugène-de-Grantham, près de Drummondville, après avoir été signalé par des citoyens en raison de son comportement anormal.
Les analyses effectuées à l’hôpital vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe et au laboratoire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments à Ottawa ont confirmé le 6 août que l’animal était porteur de la rage, a indiqué le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).
« Ce n’est pas si étonnant pour nous », a déclaré à La Presse la biologiste Marianne Gagnier, coordonnatrice provinciale de la surveillance et du contrôle de la rage au MELCCFP.
« Il était à un peu moins de 10 kilomètres des cas les plus proches », ce qui fait que la probabilité que d’autres cas soient découverts dans les environs était très forte, poursuit-elle.
Il y en a probablement d’autres entre les deux qui n’ont pas été détectés.
Aucun autre animal suspect retrouvé dans ce secteur ne fait toutefois l’objet d’une analyse pour l’instant, ajoute-t-elle.
Les cas ne sont d’ailleurs pas tous détectés, puisque de nombreux animaux meurent de la maladie loin des regards humains, précise la biologiste.
Elle estime que le taux de cas détectés est largement inférieur à 50 %, ce qui donne néanmoins un portrait de l’évolution de l’épidémie.
Animaux domestiques
Depuis le début de l’année, 139 cas de rage du raton laveur ont été confirmés au Québec, l’immense majorité chez des ratons laveurs et des moufettes, mais deux chats ont aussi été atteints récemment.
Le premier, un chat errant, a attaqué trois personnes à Godmanchester, en Montérégie, le 16 juillet.
Le second cas est survenu dans la municipalité voisine de Saint-Anicet ; un chat qui n’était pas vacciné contre la rage et présentant un comportement anormal a été amené par son propriétaire chez le vétérinaire, le 4 août, et euthanasié ; les tests ont ensuite confirmé qu’il était porteur du virus.
Il a été déterminé que la période de contagion du chat avait commencé le 18 juillet, ce qui a permis d’identifier neuf personnes ayant été exposé à l’animal, dont quatre ont dû recevoir un traitement post-exposition, a indiqué Santé Québec Montérégie-Centre.
Les autorités n’ont identifié aucun élément permettant de relier les deux cas.
Déplacements interdits
L’interdiction de transporter des ratons laveurs, de même que des moufettes rayées, des renards gris et roux ainsi que des coyotes et leurs hybrides, qui sont à risque de contracter le virus en raison de leurs interactions avec les ratons, a été étendue le 7 août à une trentaine de municipalités du Centre-du-Québec.
De nouvelles municipalités se sont aussi ajoutées en Estrie et en Montérégie, dans le but de freiner la progression de l’épidémie.
Consultez la liste des municipalités concernées
Il est en outre interdit aux refuges pour animaux de recevoir ou d’aller chercher ces bêtes dans les zones où l’interdiction est en vigueur.
La rage est mortelle dans 100 % des cas, y compris chez les humains, dès que les symptômes apparaissent.
Toute personne ayant été mordue ou griffée, ou qui a été en contact avec la salive d’un animal suspect, doit nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon pendant 10 à 15 minutes, puis communiquer rapidement avec le service Info-Santé 811.
La population des régions de l’Estrie et de la Montérégie, particulièrement dans les secteurs touchés par l’épidémie, est invitée à signaler les ratons laveurs, les moufettes et les renards morts ou qui semblent désorientés, blessés, anormalement agressifs ou encore paralysés, en remplissant un formulaire en ligne.
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