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Wednesday, September 23, 2026

Garance avec Adèle Exarchopoulos : comment l'actrice aux deux César a-t-elle préparé ce rôle d'alcoolique loin des clichés ?

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Adèle Exarchopoulos, Césarisée avec le précédent film de Jeanne Herry ("Je verrai toujours vos visages"), revient ce mercredi dans "Garance". Elle y joue une alcoolique, loin des clichés. Comment a-t-elle préparé ce rôle ? Elle nous explique.

Par Brigitte Baronnet

De quoi ça parle ?

Garance est une jeune actrice alcoolique. Huit ans d’un parcours fait de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs… Mais aussi une révolution intime, amicale et sexuelle, un chaos aux allures de « grande récré » où se mêlent autant d’amour que de destruction.

C’était l’un des films français événement de la compétition à Cannes cette année : Garance de Jeanne Herry. 3 ans après Je verrai toujours vos visages, la réalisatrice retrouve Adèle Exarchopoulos. La comédienne y incarne une jeune actrice alcoolique, toute en nuances, qui a nécessité une préparation particulière.

"Déjà, il faut savoir que les films de Jeanne Herry sont précisément écrits. Ce sont vraiment des partitions très précises, méticuleuses. Elle a un rapport aux mots qui est presque de l'ordre du sacré : c'est une négociation si tu veux rajouter un « bref ». Donc il y avait quand même déjà une base très solide.

Tout de suite, à la lecture du scénario, on sent qu'elle veut montrer cette banalisation de l'alcool, mais aussi que chaque alcoolisme est singulier, en fait. On a toujours tendance à vouloir faire des sujets de société quelque chose de très commun. Alors il y a sûrement une faille dans la nécessité de s'anesthésier chez les addicts, mais en tout cas, voilà : chacun son alcoolisme.

Dépeindre l'alcool du quotidien

Et d'ajouter : "On sentait qu'elle ne voulait absolument pas quelque chose de spectaculaire à la Gena Rowlands où, d'un coup, ce sont des immenses scènes d'ivresse. Elle voulait quelque chose qui se rapproche plus de l'alcoolisme quotidien, c'est-à-dire de beaucoup plus lent, insidieux. Ce fameux verre qui se double le lendemain, qui finit par se tripler au fur et à mesure des mois, mais où l'ivresse est à peine palpable.

Du coup, tu ne peux pas vraiment confronter les gens en disant « C'est beaucoup », parce que finalement ils arrivent à naviguer dans cette vie. Et c'est vrai que Garance, c'est là où ça raconte beaucoup de son personnage et de son alcoolisme : elle arrive à tomber amoureuse, elle arrive à s'occuper de sa sœur qui est malade, de sa nièce, d'essayer de continuer dans cette vie de troupe qu'est le théâtre, d'essayer de jouer — parce que je pense qu'elle a un plaisir fou du jeu d'actrice."

Une rencontre avec un groupe d'addicts

Adèle Exarchopoulos ajoute avoir travaillé avec un coach et plusieurs professionnels en lien avec le sujet du film. "J'ai aussi eu la chance de rencontrer une addictologue qui s'appelle Sarah, à l'hôpital de Villejuif, qui m'a introduite auprès de tout un groupe d'addicts uniquement composé de femmes, qui avaient chacune des addictions différentes.

C'était ultra inspirant pour moi d'essayer d'observer ce qu'elles ont en commun ou d'ailleurs pas du tout, c'est-à-dire qu'il y a toutes sortes de femmes et de parcours différents. Mais ça a été inspirant de voir qu'il y a quand même des choses communes : le courage, parfois le manque d'amour de soi ou de la famille...

Je pense que c'est un mélange d'inspiration, d'expérience et de travail. Et puis après, il y a Jeanne : c'était une montagne à gravir tous ensemble, pas à pas. Parce que c'est quand même 52 jours de tournage."

"Je ne voulais pas que ce soit glauque ou pathétique, je voulais que ce soit dans la vie."

A notre micro, la réalisatrice et scénariste Jeanne Herry explique les écueils qu'elle a voulu éviter : "Je savais d'emblée que je ne voulais pas la bouche pâteuse ou ce genre de clichés. C'est quelqu'un qui fonctionne et qui tient très bien l'alcool. Les stigmates sont là, mais c'était inscrit dans les situations : soit elle parle plus fort, soit elle tombe, soit elle oublie des choses. Je voulais éviter qu'on voie, dans chaque séquence, une actrice qui joue le fait d'être alcoolisée, parce que je n'y crois pas trop, malheureusement.

C'est un personnage qui est dans un double mouvement intérieur : elle a une force de vie très puissante, un peu hors du commun, et elle surmonte les épreuves aussi en s'appuyant sur l'alcool. Et puis, j'allais vers la lumière. Je n'aurais jamais raconté le parcours de quelqu'un qui ne s'en sort pas. Sans spoiler, ce n'est pas quelqu'un qui devait faire le choix d'aller jusqu'à la mort. Au contraire, à un moment donné se pose la question : « Est-ce qu'on vit ou on meurt ? » Je ne voulais pas que ce soit glauque ou pathétique, je voulais que ce soit dans la vie. Parce que l'alcool, c'est dans la vie."

Avant Garance, un tandem à succès

Adèle Exarchoupoulos tenait l'un des rôles remarqués du précédent long métrage de Jeanne Herry, Je verrai toujours vos visages,

Ce film lui a même permis de décrocher le 2ème César de sa carrière, 10 ans après celui de La Vie d'Adèle.

Propos recueillis au Festival de Cannes 2026, par Brigitte Baronnet

Garance de Jeanne Herry sort au cinéma le 23 septembre 2026.

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