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Friday, September 18, 2026

Quel serait le rôle du Canada dans un nouveau Conseil européen de sécurité ?

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(Ottawa) Un nouveau forum européen sur la sécurité, actuellement à l’étude, inclurait le Canada en tant que partenaire, mais des experts en défense d’ici estiment qu’on ne sait pas encore très bien quelle forme prendrait ce conseil ni quel serait le rôle d’Ottawa.

Publié à

Kyle Duggan La Presse Canadienne

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a livré mercredi un plaidoyer en faveur d’un nouveau Conseil européen de sécurité lors d’un discours prononcé devant le Parlement européen, à Strasbourg, en France.

« Depuis longtemps, nous discutons d’un format associant des dirigeants qui soit axé sur la sécurité de notre continent. Parmi nos partenaires figureraient le Canada, la Norvège, l’Ukraine, le Royaume-Uni, et d’autres acteurs impliqués », a-t-elle expliqué.

« L’urgence est encore plus grande aujourd’hui, au vu de la nature et de l’ampleur des risques en jeu. C’est pourquoi nous exposerons nos idées pour qu’un Conseil européen de sécurité devienne réalité », a ajouté Mme von der Leyen.

Le premier ministre Mark Carney, qui était dans l’auditoire, cherche depuis longtemps d’autres moyens pour Ottawa de gérer les questions de sécurité et de commerce sans passer par les États-Unis.

Stephen Saideman, professeur à la Norman Paterson School of International Affairs de l’Université Carleton, a indiqué qu’il n’était pas certain qu’un tel conseil soit essentiellement symbolique ou qu’il se concentre sur la coordination des politiques.

Mais cela semble être une « façon tout à fait raisonnable » de gérer les relations avec les États-Unis sous l’administration chaotique et imprévisible du président Donald Trump, a-t-il ajouté.

« Les Européens commencent à envisager le Canada comme faisant partie d’un monde où les États-Unis ne sont plus une valeur sûre. Cela en soi est important. Même s’il ne s’agit que d’un geste symbolique, ce symbolisme reste important », a-t-il déclaré.

M. Saideman a ajouté que cela pourrait également constituer un moyen de mettre en place « des structures juridiques et une coordination politique pour déterminer comment réagir face à ces méthodes créatives par lesquelles (le président russe Vladimir) Poutine et d’autres tentent de nous importuner, de nous nuire et de nous diviser ».

L’Europe mise à l’épreuve

Selon Mme von der Leyen, l’Europe a besoin d’un nouveau mécanisme pour compléter les dispositions de défense collective de l’OTAN afin de contrer les menaces hybrides émergentes qui ne franchissent pas le seuil juridique des attaques militaires armées.

La présidente de la Commission européenne a cité quelques exemples récents, notamment une attaque par drone contre un aéroport de Leipzig le mois dernier. Les Allemands ont imputé cette attaque à la Russie.

Depuis quelques années déjà, la Russie met l’Europe à l’épreuve par des actions, telles que la coupure de câbles sous-marins et l’envoi de drones au-delà des frontières — des incidents qui ne constituent pas des attaques au sens traditionnel du terme.

L’idée de créer ce nouvel organe de sécurité intervient également alors que nombreux sont ceux qui, en Europe, se demandent si Donald Trump viendrait en aide au continent en cas de crise de sécurité.

Le Pentagone a ordonné un retrait de troupes d’Allemagne en début d’année et souhaiterait, selon certaines informations, que les États européens prennent en charge la majeure partie de la défense continentale conventionnelle de l’OTAN d’ici 2027.

Aux yeux de Kerry Buck, ancienne ambassadrice du Canada auprès de l’OTAN, en l’absence de détails sur cette proposition, le fonctionnement concret d’un tel conseil reste flou.

L’Union européenne dispose déjà d’une clause de défense mutuelle stipulant que, si un État membre est attaqué, les autres doivent lui venir en aide, conformément à leurs engagements au titre de l’OTAN.

Mais il existe une distinction claire dans l’organisation de la défense collective européenne. L’OTAN dispose d’une structure de commandement chargée d’organiser les ripostes militaires cinétiques et la dissuasion, tandis que l’UE s’occupe principalement d’aspects tels que l’harmonisation des initiatives d’acquisition.

Mme Buck a donné l’exemple des achats de chars : au lieu que les armées alliées achètent 21 modèles différents, l’UE les aiderait à se coordonner pour acquérir un nombre plus restreint de chars interopérables.

À son avis, il pourrait y avoir une place pour un Conseil de sécurité s’il se concentrait non pas sur la réponse militaire, mais sur des questions qui ne relèvent pas du seuil d’une attaque armée — comme les cyberattaques ou la désinformation visant à polariser les électorats.

« Cela pourrait constituer une contribution utile à l’architecture de sécurité en Europe si tel était son objectif », a mentionné Mme Buck.

« S’il s’agit de reproduire l’OTAN et de l’intégrer au sein de l’architecture de l’UE, de mon point de vue, sans en connaître les détails, cela me semble être une contribution moins crédible et moins utile », a-t-elle ajouté.

Projet de longue date

Le journal français « Le Monde » a cité le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, qui a précisé que les détails clés de la nouvelle architecture seraient esquissés dans un prochain document de stratégie de sécurité.

M. Kubilius a publié un document en début d’année suggérant qu’un tel organe pourrait fonctionner à l’instar du Conseil de sécurité des Nations unies, avec un noyau de membres permanents, tels que l’Allemagne, la France et la Pologne, et d’autres membres en rotation.

L’idée n’est pas nouvelle. Elle fait l’objet de discussions depuis des décennies sous diverses formes.

Le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande de l’époque, Angela Merkel, avaient inscrit un Conseil de sécurité continental à l’ordre du jour politique il y a près de dix ans, dans le but de maintenir des relations en matière de sécurité avec le Royaume-Uni après le Brexit.

Or, cette idée est restée vague et n’a jamais vraiment pris son essor.

Luigi Scazzieri, analyste politique senior à l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, a noté dans un article publié en février que l’attrait principal de cette idée réside dans le fait qu’elle pourrait permettre une prise de décision plus rapide et une meilleure coordination.

Mais le débat sur cette proposition, a-t-il écrit, a « longtemps été marqué par un manque de clarté quant à la forme que prendrait réellement un tel organe » et pourrait se heurter à des « contraintes politiques et pratiques » de la part des États membres, selon la conception proposée.

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