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Tuesday, September 29, 2026

Le PCQ financerait son troisième lien grâce à des gains de productivité

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Le Parti conservateur du Québec (PCQ) promet de construire son troisième lien à trois milliards de dollars sans dépenser un sou. Le financement du pont entre l’île d’Orléans et la rive-sud du Saint-Laurent proviendra plutôt d’éventuelles économies de « 16 à 24 milliards de dollars » dégagées grâce à un gain de productivité de 10 à 15 % dans le secteur de la construction.

« On est dans le concret, on est dans le gros bon sens », a lancé le chef Éric Duhaime, lundi, lors de la présentation du plan conservateur en infrastructures à Victoriaville. Tout tombe en ruines au Québec ou à peu près, il faut réparer, il faut entretenir. »

Face à un déficit de maintien des actifs chiffré à 45 milliards de dollars, le PCQ s’engage à maintenir la somme de 167 milliards de dollars prévue au plus récent Plan québécois des infrastructures pour les 10 prochaines années. Un gouvernement conservateur, toutefois, réduirait la part consacrée à la construction de nouvelles bâtisses pour faire passer la portion vouée à la réparation des infrastructures de 63 %, présentement, à 75 ou 80 %.

« Ça veut dire moins de nouveaux projets et plus de rénovations, a indiqué le porte-parole conservateur en matière d’économie, Adrien Pouliot. Quand il y a un trou dans la chaloupe, la priorité ce n’est pas d’acheter un nouveau moteur, c’est de boucher le trou. »

Si le camp conservateur veut guérir l’État du « syndrome de la coupure de rubans », il fait une exception pour les infrastructures « stratégiques et à fort potentiel économique comme le troisième lien. »

Ce dernier n’apparaissait nulle part dans le cadre financier de 84 pages. Jusqu’à maintenant, son financement demeurait opaque. Lundi, le parti a émis plusieurs hypothèses de financement, dont un partenariat-public privé (PPP) où la partie étatique pigerait dans les sommes dégagées par une importante hausse de la productivité dans la construction.

« Le chiffrier Excel du cadre financier ne permettait pas de mettre ça, parce que la personne qui a fait le chiffrier n’était pas capable d’imaginer qu’on augmenterait la productivité, a expliqué Adrien Pouliot. Mais augmenter la productivité de 10 ou 15 %, c’est quand même entre 16 et 24 milliards de plus d’argent, finalement, qu’on va mettre au service de la population. [...] Ça va dégager des fonds, possiblement, pour un troisième lien. »

Les trois mesures à 16 ou 24 milliards de dollars

Ces gains de productivité découleraient de trois mesures, à commencer par la révision de la loi sur la construction parce que « le ministre Boulet n’a pas été assez loin avec son projet de loi n°3 qui a finalement raté la cible ». Le PCQ veut aussi « simplifier le code de la construction » et multiplier les PPP « pour réduire les coûts, mais surtout pour transférer les risques de dépassement de budget sur les concessionnaires. »

Le Parti conservateur estime que la priorité accordée à l’entretien et le gain de productivité attendu permettront de résorber le déficit de maintien des actifs « deux fois plus vite que le plan actuel du gouvernement, sans mettre une cenne de plus dans le PQI. »

« C’est spécial, là », s’est enthousiasmé Adrien Pouliot.

Le camp conservateur s’engage aussi à implanter des « jumeaux numériques » des plans de toutes les infrastructures publiques pour éviter les mauvaises surprises sur les chantiers. « « Avec ça, finies, les informations manquantes, a prédit le porte-parole conservateur en matière économique. On va économiser une tonne d’argent et les gains d’efficacité vont rapidement compenser pour les coûts d’implantation. »

Le chef Éric Duhaime, favorable au concept de l’utilisateur-payeur, se dit toutefois contre son application au Québec par souci que le péage routier, par exemple, devienne « un recours trop facile pour augmenter les revenus de l’État. »

« Dans une économie de marché normale, ce n’est pas nécessairement négatif [...] mais dans le contexte où les Québécois sont beaucoup trop taxés, ça serait juste d’en ajouter une couche », a-t-il indiqué. Le plan conservateur en fiscalité promet toutefois de faire de la population québécoise une des moins imposées en Amérique du Nord.

Le chef du PCQ n’a pas précisé si, une fois cet objectif atteint, la systématisation du principe de péage à l’usage deviendrait la norme au Québec.

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