«Le son des bombardements effraie les élèves»: au sud du Liban, des écoles ont ouvert malgré la guerre

Alors que 6% du territoire libanais est occupé par l'armée israélienne, 100 000 écoliers risquent d'être privés d'école. Plus de 340 établissements ont subi des dommages et 17 ont été complètement détruits par la guerre. Un retour impossible sur les bancs de l’école qui s’ajoute à un accès à l’éducation déjà ébranlé depuis la crise économique, la pandémie de Covid-19 et la guerre débutée en 2023. Au sud du Liban, des écoles ont ouvert malgré la situation.
De notre correspondante retour de Nabatieh,
Il est 13h30, le nouvel horaire de la fin des cours au collège des sœurs Antonines de Nabatiyeh. Cette année, moins de 500 élèves y sont scolarisés contre plus de 1 300 avant 2024. Sœur Marie Touma, directrice du collège Notre Dame des Sœurs Antonines de Nabatiyeh, confie : « L'après-midi, on constate qu'il y a des bombardements. Le son des bombardements effraie les élèves. Donc j'ai pris cette décision, et nous quittons à une heure et demie. »
La directrice nous fait visiter l'école qui a subi d'important dégâts pour la seconde fois en deux ans : « Le laboratoire a été détruit en entier. Ça, c'est la plus grande perte de l'école. » Toutes les fenêtres ont explosé. « Et pas seulement ici, ajoute Sœur Marie Tourna. Attendez, vous allez voir toutes les classes. Voilà regardez les classes, l'aluminium et les vitres. »
Le préau d'où l'on peut apercevoir les zones occupées au Liban par l'État hébreu garde la trace d'un missile israélien : « Je vais vous montrer Ali Taher... Ah vous voyez l'après-midi quand ça commence ? » Plusieurs explosions se font entendre, il a eu au moins cinq bombardements ou détonations. Malgré tout, l'école continuera de fonctionner en présentiel ou en ligne. « Rien n'est garanti, mais si je veux rester mains croisées, une année va s'écouler et les enfants vont être sans scolarité. Et ça me fait une grande douleur. Je n'accepte pas », explique Sœur Marie Tourna.
À une dizaine de kilomètres, l'école Ajyal a aussi rouvert ses portes. Près de 1 600 élèves y sont inscrits, de la maternelle à la Terminale, dont beaucoup d'enfants déplacés par la guerre, comme Yara Ismaël de Zaoutar el Charqiyeh, un village occupé par l'armée israélienne : « Bien sûr, c'est sûr mais on doit s'adapter à la situation, la seule chose qu'il nous reste c'est l'éducation. De continuer à vivre dans notre pays et de vivre tout court. »
Un retour sur les bancs de l'école qui n'efface pas les traumatismes pour Hoda Harb, conseillère psychologue à l'école Ajyal : « Nous accueillons des élèves qui viennent d'autres écoles, de régions devenues dangereuses, où il n'est pas possible d'habiter, où les écoles ont fermé. Au début pour ces élèves, c'était vraiment un choc, de réaliser ce qu'ils ont perdu et où ils en sont aujourd'hui. »
Faute de garantie de sécurité, plusieurs écoles de la région resteront fermées cette année.
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