Des élèves en grève bloquent à nouveau l’accès aux écoles secondaires françaises

Des élèves ont bloqué l’accès à des écoles secondaires françaises mardi, tandis que des milliers de manifestants défilaient dans différentes villes du pays pour soutenir les revendications des adolescents en faveur d’un financement accru de l’éducation, accentuant ainsi la pression sur le gouvernement du président sortant, Emmanuel Macron.
Des foules brandissant des drapeaux et des pancartes à Marseille, dans le sud, à Strasbourg, dans l’est, et dans d’autres villes ont montré à quel point les manifestations, qui avaient commencé dans une école secondaire de la région parisienne à la mi-septembre, se sont transformées en un mouvement national.
Sigrid Gerardin, professeure dans une école secondaire parisienne, a souligné que la seule réponse que les élèves ont reçue jusqu'à présent est la répression.
Félix Barney, étudiant à l’université, a qualifié la réaction de la police de disproportionnée, ajoutant que cela n'a pas de sens de frapper des mineurs.

Depuis la fin septembre, les élèves bloquent les entrées de centaines d’écoles, dénonçant notamment l’absentéisme des enseignants, des horaires surchargés, des salles de classe délabrées et des bâtiments mal adaptés à la hausse des températures, entre autres griefs.
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Plus de deux semaines de boycottage des cours et de blocages d’établissements scolaires, associées à une intervention policière musclée qui a conduit à plus de 6100 interpellations, principalement de mineurs, sont devenues un sujet brûlant en ce début de campagne présidentielle.
Emmanuel Macron ne peut pas briguer un troisième mandat consécutif. Son successeur sera élu en mai.
Les manifestants adolescents ont trouvé un écho au sein d’un mécontentement généralisé en France.
Les frustrations vont au-delà des difficultés immédiates, telles que la flambée des prix du carburant due à la guerre en Iran, pour s’étendre à des préoccupations plus larges concernant les restrictions des dépenses publiques, la montée de la pauvreté et les inégalités de richesse sous M. Macron.
Dans ce contexte, les plaintes des élèves selon lesquelles les coupes budgétaires dans l’éducation mettent leur avenir en péril ont trouvé un écho favorable.

Le mouvement de protestation national contre les conditions d’apprentissage était bien présent à Marseille, le 6 octobre 2026.
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Riposte policière dénoncée
À l'école secondaire Hélène-Boucher, dans le 20e arrondissement de Paris, des manifestants ont renversé mardi des poubelles et des vélos pour ériger une barricade de fortune.
Comme des centaines d’autres établissements à travers le pays, l’école était fermée. Les autorités ont commencé à fermer les établissements scolaires la semaine dernière afin de calmer quelque peu les manifestations, à la suite des dégâts généralisés subis par les établissements et au nombre croissant de blessés parmi le personnel, les élèves et les forces de l’ordre.

Selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, la riposte policière a été proportionnée dans presque tous les cas.
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Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a défendu mardi les méthodes policières utilisées contre les élèves, malgré une liste croissante de blessures atroces attribuées aux armes antiémeutes des policiers.
Le dernier cas en date est celui d’un adolescent de 15 ans qui a perdu une main lundi, apparemment arrachée par une grenade assourdissante de la police.
M. Nunez a déclaré que la riposte policière avait été proportionnée dans presque tous les cas.
Le recours généralisé aux arrestations, aux gaz lacrymogènes et aux armes antiémeutes contre des adolescents attise la rébellion et suscite la colère de certains parents et enseignants.
M. Nunez a expliqué que les manifestations se transformaient parfois en émeutes, nécessitant l’intervention de la police. Il a précisé que 715 policiers avaient été blessés.
À Hélène-Boucher, des parents et d’autres adultes se sont interposés mardi entre les manifestants et les forces de l’ordre qui surveillaient la situation.
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Série de griefs
Les blocages d’établissements scolaires et les manifestations ont commencé en Île-de-France à la mi-septembre avant de s’étendre à d’autres villes.
Les manifestants ont exprimé toute une série de griefs, souvent centrés sur le manque de ressources et d’opportunités pour les élèves des établissements défavorisés, malgré la promesse de la devise du pays Liberté, Égalité, Fraternité
.
Les élèves ont attiré l’attention sur des salles de classe délabrées, dépourvues d’équipements de base, tels que des pupitres et des chaises, qui deviennent étouffantes en été faute de climatisation et qui, dans certains cas, sont infestées de rats.
Parmi les autres griefs courants figurent le manque de personnel et des charges de travail épuisantes. Le nombre d’heures de cours obligatoires des élèves du secondaire français est l’un des plus élevés d’Europe.
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