PunchNAF flew 6,100 hours, consumed 10m litres fuel — SpokesmanThe Jerusalem PostOver 50,000 killed in Europe over summer due to worst heat wave on recordRai NewsSci, Soelden, gigante maschile: Braathen domina prima manche, Borsotti è il migliore degli azzurriInquirer15 passengers, driver hurt as jeepney overturns in QuezonESPNIt's time for El Clásico! All you need to know about Barça vs. Madrid, the biggest match in club soccerDaily MaverickSMOOTH OPERATOR: Gayton Mckenzie’s gift of the gab is both his blessing and his curse한겨레“죽도록 일 더 해서 돈 더 벌어라? 정부가 할 소리냐”…이 대통령 발언에 비판 확산ZDF heuteEntdecken Sie das ZDF-NachrichtenstudioBBC News BrasilAs pesquisas para presidente na véspera do 2º turno — o que diziam em 2018, 2022 e o que mostram agoraIl Fatto Quotidiano“Per cantare Aeroplano con gli 883 ho preso un milione di lire. Un giorno Cecchetto mi ha detto ‘non siamo le persone giuste per te, meglio chiudere il contratto'”: parla Caterina RappoccioSportstarTamil Nadu head coach Yo Mahesh hopes for an encore at home despite rain threatThe South AfricanCarte Blanche coming up: Warning bells
The Daily Newsstand · Free, Always
Sunday, October 25, 2026

Ici le monde : la traque internationale pour retrouver les trésors perdus de Turquie

Translate

Pour retrouver ces trésors dispersés à travers le monde, les équipes turques mènent un véritable travail d’enquête, qui peut prendre des années. Elles surveillent les catalogues des maisons de vente, examinent les collections publiques et privées, fouillent les archives historiques et recoupent les indices scientifiques.

Il faut parfois remonter plusieurs décennies en arrière pour comprendre comment une œuvre a quitté le territoire. Les enquêteurs recherchent des autorisations d’exportation, des traces de fouilles clandestines, des correspondances administratives et même, dans certains cas, des documents des services de renseignement. La technologie leur permet aujourd’hui de repérer plus facilement des objets sur Internet, mais chaque piste doit ensuite être vérifiée par des spécialistes.

Car il ne suffit pas de démontrer qu’un objet est d’origine anatolienne : encore faut-il réunir les éléments permettant d’établir les circonstances de son départ et de soutenir juridiquement une demande de restitution.

Zeynep Boz explique que ses équipes mènent de véritables enquêtes rétrospectives. "Nous préparons les dossiers en réunissant les éléments qui nous font penser que l’œuvre a été illicitement emportée", précise-t-elle. Cela peut passer par l’absence d’une autorisation ou par l’examen des conditions d’un permis de restauration : qu’autorisait-il exactement ? Permettait-il à quelqu’un d’emporter un objet, ou existe-t-il des documents qui disaient précisément le contraire ?

"Parfois, nous possédons même des documents des services de renseignement ottomans, qui ne figurent pas dans les échanges diplomatiques de l’époque et dont nos interlocuteurs étrangers n’ont donc pas connaissance. Nous expliquons alors à nos interlocuteurs pourquoi cet objet devrait revenir en Anatolie", poursuit Zeynep Boz.

Un travail de longue haleine

Lorsque les preuves sont insuffisantes ou que les discussions n’aboutissent pas, la Turquie ne renonce pas pour autant. Les autorités continuent à travailler sur un dossier parfois pendant des décennies. Une œuvre qui n’a pas pu être restituée aujourd’hui pourra peut-être l’être demain, grâce à de nouvelles archives, à une évolution des pratiques des musées ou à un changement d’interlocuteur, explique notre correspondante Anne Andlauer.

Zeynep Boz prend notamment l’exemple du musée du Louvre, à Paris, auquel la Turquie réclame plusieurs vestiges, dont des panneaux de faïence issus de la célèbre basilique Sainte-Sophie, à Istanbul (redevenue une mosquée en 2020, ndlr). Ces faïences auraient été volées par un collectionneur français lors d’une restauration conduite à la fin du XIXe siècle, puis vendues au musée.

Pour la responsable turque, le temps long fait partie intégrante de sa mission.

Nous sommes très patients ! Ces dossiers ne sont jamais clos chez nous.

Elle poursuit : "nous ne nous disons pas : "Si la France devait nous rendre cette œuvre, elle l’aurait fait il y a trente ans… Laissons tomber !" Non… Je suis fonctionnaire, ma vie professionnelle dure en moyenne trente à quarante ans. J’ai donc du temps devant moi. Ceux qui me succéderont en auront également. Ce n’est pas un problème."

La mosquée Sainte-Sophie d’Istanbul © AFP

Du bras de fer diplomatique à la coopération avec les musées

La méthode turque a toutefois évolué. Jusqu’au début des années 2010, Ankara menaçait notamment des pays européens, comme l’Allemagne, d’interdire à leurs archéologues de participer à des fouilles en Anatolie ou d’annuler des expositions communes si les œuvres réclamées n’étaient pas rendues. Progressivement, la Turquie a privilégié une approche plus collaborative. Les revendications n’ont pas disparu, mais les autorités cherchent davantage à convaincre les institutions étrangères de collaborer.

Le "Victoria and Albert Museum" de Londres en est un exemple. En 2021, un vase à bec en or datant de l’âge du Bronze a été restitué à la Turquie après un travail commun sur sa provenance et des analyses scientifiques. D’autres collaborations ont porté sur des fragments de monuments antiques et des ensembles archéologiques dispersés dans plusieurs collections.

Pour Zeynep Boz, l’enjeu dépasse le retour d’une œuvre : il s’agit de transformer durablement les habitudes des musées et des pays acquéreurs, afin qu’ils examinent plus attentivement la provenance des objets qui leur sont proposés. "Les temps ont changé, c’est vrai : le vent souffle en faveur des restitutions… Mais ce vent, c’est nous qui l’avons fait souffler ! C’est très important pour moi que l’on comprenne cela, parce que cela explique comment nous avons travaillé. L’idée n’est pas d’obtenir un résultat immédiat, un succès ponctuel, mais de changer des habitudes. C’est là qu’on peut faire la différence sur le temps long", insiste-t-elle.

Un patrimoine commun à protéger pour les générations futures

Derrière cette chasse aux trésors se pose une question plus profonde : à qui appartient le patrimoine de l’Anatolie ? La Turquie revendique la protection des vestiges présents sur son territoire, mais Zeynep Boz défend une conception du patrimoine qui ne se limite pas à une identité ethnique ou nationale exclusive.

L’Anatolie a été traversée par de nombreuses civilisations, et les vestiges qui s’y trouvent témoignent de cette histoire plurielle. Pour la responsable turque, leur protection ne doit pas devenir un instrument d’opposition entre les pays et les peuples. Il s’agit plutôt de préserver un héritage commun et de rendre aux objets leur contexte historique et archéologique.

Le travail ne s’arrête pas aux frontières, nous explique notre correspondante. Une partie importante de son action consiste à empêcher les fouilles clandestines en Turquie même et à sensibiliser les populations locales, notamment dans les villages proches de sites archéologiques. Car un État ne peut pas surveiller seul chaque vestige, chaque colline et chaque ruine. Depuis 2002, la Turquie a récupéré 13.474 biens culturels. Au cours des cinq dernières années, les restitutions ont connu une nette accélération, tant en nombre qu’en importance et en qualité des œuvres rapatriées.

Chaque restitution peut permettre de réunir des fragments dispersés, de relancer des recherches et de mieux comprendre un site archéologique. Elle participe aussi à une évolution plus large des pratiques des musées, du marché de l’art et des relations entre pays d’origine et pays détenteurs. Pour Ankara, la provenance d’une œuvre et les conditions de son départ comptent autant que sa valeur marchande. Et la conviction de Zeynep Boz résume cette démarche : il ne suffit pas de retrouver les trésors perdus. Il faut aussi faire en sorte que les générations futures n’aient pas à partir à la recherche de ceux qui auront été pillés demain.

Le programme d’Ici le Monde

Dans le reste du programme d’Ici le Monde, nous parlerons également de la situation humanitaire au Yémen. Le Yémen est désormais au cœur d’un conflit de portée mondiale au Moyen-Orient. Les attaques menées par les Houthis pleuvent sur l’Arabie saoudite. Mais le Yémen est aussi l’un des pays les plus pauvres au monde. Une grande partie de son territoire est contrôlée par les Houthis (dont la capitale, Sanaa), ce qui pousse la population à fuir. Comment vit-on dans les zones administrées par les Houthis ? La population a-t-elle accès à la nourriture, à l’eau et aux soins médicaux ? Emmanuel Massart, coordinateur de Médecins Sans Frontières au Yémen, nous expliquera comment la population vit ce conflit.

Ensuite, direction le Texas aux Etats-Unis. Les élections de mi-mandat se tiendront le 3 novembre prochain. Et le scrutin se présente mal pour Donald Trump et les républicains, qui pourraient perdre leur majorité au Congrès. Symbole de la défaite annoncée du pouvoir : le Texas, fief républicain, pourrait élire un sénateur démocrate.

View the original on RTBF Info →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.