Sur Mars, la vie ne se cacherait pas là où on la cherchait, cette découverte souterraine rebat les cartes

On se croirait dans le livre de Jules Verne, Voyage au Centre de la Terre. Les éruptions volcaniques qui ont construit l'île de Lanzarote, dans l’archipel des Canaries, ont en effet laissé derrière elles de vastes tunnels qui serpentent aujourd'hui sur des kilomètres au sein du sous-sol basaltique. Certains, comme la Cueva de los Verdes, ont d'ailleurs été transformés en attraction permettant aux touristes de remonter le cours de cet ancien torrent de lave.
Des tunnels formés par l’écoulement de la lave
Ces tunnels ont en effet été formés par d'anciennes coulées de lave. Alors que la surface se solidifiait au contact de l'air, son centre restait fluide, permettant l'écoulement de la roche en fusion. À la fin de l'éruption, les tunnels se sont ainsi vidangés, libérant des passages plus ou moins vastes sous cette enveloppe de basalte. Certains tunnels sont d'ailleurs si larges qu'ils sont parfois utilisés comme salle de concert !
Ce tunnel de lave abritait des habitants d’Arabie saoudite il y a 10 000 ans
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Ce n'est cependant pas pour écouter de la musique ou faire une promenade touristique qu'une équipe de chercheurs s'est aventurée dans ce dédale souterrain bien étrange. Les scientifiques ont en effet exploré cet environnement dans le but de mieux caractériser sa minéralogie, mais aussi les éventuels organismes y ayant trouvé refuge. Et leurs résultats, publiés dans la revue Communications Earth and Environment sont plutôt étonnants. Ils pourraient d'ailleurs trouver un écho dans un tout autre domaine de recherche, qui est celui de l'astrobiologie.
Dépôts de sulfates dans le tunnel de lave de La Corona lava, Lanzarote, Espagne. © Bogdan Onac
Un environnement stable colonisé par les bactéries
L'étude révèle que ces tunnels de lave présentent des conditions qui permettent une étonnante préservation des minéraux, mais aussi de certains organismes vivants et de traces d'une activité organique plus ancienne. Parmi les colonies microbiennes actives, la découverte de sulfates de calcium et de sodium indique en effet que ces tunnels abritent des micro-organismes depuis bien longtemps. Or, c'est bien ce type de biosignature que les chercheurs espèrent trouver sur Mars.
Une chercheuse effectue des prélèvements dans l'un des tunnels de lave de Lanzarote. Les taches blanches sur les parois représentent des colonies microbiennes. © Bogdan Onac
Une découverte prometteuse, quand on sait que la Planète rouge abrite, elle aussi, de nombreux tunnels de lave. « Cette étude implémente notre compréhension de l'évolution géologique et environnementale de la Terre et met en lumière le fait que les tunnels de lave peuvent représenter un refuge pour la vie microbienne, explique Bogdan Onac, professeur à l'USF School of Geosciences et auteur de cette étude, dans un communiqué. Les implications sont significatives pour l'astrobiologie, particulièrement pour l'identification de biosignatures sur Mars et d'autres corps célestes ».
Tunnel de lave s'ouvrant au sommet du volcan martien Pavonis Mons. © Nasa, Jet Propulsion Laboratory, University of Arizona, Wikimedia Commons, domaine public
Un abri propice à la préservation de biosignatures
Il est probable en effet que les tunnels de lave martiens soient très similaires à ceux observés sur Terre, avec notamment la présence de minéraux riches en sulfates, que certaines bactéries utilisent pour vivre.
De plus, ces tunnels forment un environnement particulièrement stable et protecteur face aux températures extrêmes qui peuvent régner en surface, mais aussi face aux radiations solaires.
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Vénus – parfois appelée la sœur de la Terre en raison de sa taille et de sa masse comparables à celles de notre Planète bleue – va faire l'objet de nouvelles études d'ici une décennie grâce à des missions de la Nasa et de l'ESA actuellement en préparation. La Lune et Mars, que l'on aimerait aussi coloniser à l'horizon des décennies à venir, portent comme Vénus des traces d'une importante activité volcanique, conduisant parfois à ce que l'on appelle sur Terre des tubes de lave refroidis.... Lire la suite
L'absence d'atmosphère sur Mars permet en effet à ces radiations nocives d'atteindre le sol, posant un problème majeur à la préservation de la matière organique en surface, mais pas en profondeur !
Les résultats de cette nouvelle étude pourraient donc encourager les futures recherches sur Mars à s'orienter vers ces tunnels de lave.
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