Victime d’une « infamie » | Le cardinal Ouellet n’a pas agressé sexuellement Paméla Groleau, tranche un juge

Le cardinal Marc Ouellet a été victime d’une « infamie » en étant associé à tort à des prêtres pédophiles. Par « malice », une femme l’a faussement accusé de l’avoir agressée sexuellement, selon un juge, qui a donné foi à la version de l’homme d’Église.
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Des « faussetés », des évènements « dénaturés », des exagérations : le juge Martin Castonguay s’est montré très dur à l’égard de Paméla Groleau, une agente de pastorale du diocèse de Québec qui accusait le cardinal Ouellet de l’avoir agressé sexuellement à quatre occasions entre 2008 et 2010.
« Les actes [de Mme Groleau] révèlent une très grande témérité équivalant à de la malice », assène le juge de la Cour supérieure.
Six mois après un procès très médiatisé au palais de justice de Montréal, le juge a condamné lundi Paméla Groleau à verser 100 000 $ à Marc Ouellet pour l’avoir diffamé publiquement. L’ancien archevêque de Québec s’est engagé à verser cette somme au profit de la lutte contre les abus sexuels subis par les Autochtones au Canada.
Après avoir porté plainte auprès du pape François en 2021, Paméla Groleau a lancé un pavé dans la mare en 2022 en dénonçant le cardinal Ouellet dans une action collective visant des religieux pédophiles. La nouvelle a fait le tour du globe.
À l’époque, Marc Ouellet était l’homme de confiance du pape François, à la tête du Dicastère pour les évêques. Il était même pressenti pour lui succéder. Sa réputation a été durement affectée par ces allégations.
Or, tout ça était faux, selon le juge.
Paméla Groleau affirmait avoir été agressée sexuellement à quatre occasions distinctes par le cardinal Ouellet. Mais au procès, elle a changé de version en contre-interrogatoire. Seul un seul évènement était une « agression sexuelle », selon elle, alors que les trois autres faisaient partie d’une « gradation ».
PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE
Paméla Groleau au palais de justice de Montréal.
La « rétrogradation » des trois premiers évènements a durement affecté la crédibilité de Paméla Groleau aux yeux du juge.
« La seule vérité qui compte à ses yeux est la sienne », résume-t-il.
Il ne lui a pas touché le « pli fessier »
Paméla Groleau reprochait au cardinal Ouellet de lui avoir massé le dos pendant plusieurs minutes, de l’avoir « pourchassée » et de lui avoir empoigné la main avec insistance pendant de longues minutes.
Dans les trois cas, la femme de 41 ans a déformé la réalité, selon le juge. Un témoin fait, par exemple, état d’une simple poignée de main en public. Le « massage » n’a duré que quelques secondes, a admis la femme au procès.
La preuve démontre « clairement » que le cardinal Ouellet a rencontré Paméla Groleau à seulement quatre reprises, et ce, toujours devant des dizaines de personnes. Il n’a jamais été seul avec elle et n’a jamais tenté de la contacter.
Quant à la seule prétendue « agression sexuelle », le juge n’a pas cru un mot de Paméla Groleau. Elle reprochait au cardinal de lui avoir touché « le pli fessier » pendant une accolade. Or, la preuve démontre que l’homme d’Église tenait une crosse épiscopale pendant cette cérémonie « grandiose », rendant l’accolade impossible.
De plus, Paméla Groleau a confondu deux évènements qui n’ont pas eu lieu au même endroit.
« Comment se fier sur les détails du déplacement de la main du Cardinal Ouellet dans son dos si elle n’est pas capable de se souvenir de l’endroit exact où l’évènement se serait produit entre le perron de l’Église et le transept de la Basilique », a conclu le juge.
Le juge écarte le récit des deux autres femmes
Au procès, deux femmes ont témoigné pour le camp Groleau afin de démontrer un modus operandi de la part du cardinal. Ces témoignages-choc ont toutefois été écartés par le juge, les jugeant non pertinents.
Mélissa Trépanier, une ancienne protégée du cardinal Ouellet, a raconté avoir été profondément outrée lorsque Marc Ouellet lui a glissé un billet de 50 $ entre les seins. Son fiancé était alors présent. Le cardinal avait qualifié son geste de « maladresse », alors qu’il voulait aider financièrement cette jeune religieuse.
Selon le juge, Mélissa Trépanier a « rendu un témoignage émotif, mais peu crédible quant aux émotions exactes qu’elle a ressenties ». Dans sa lettre au pape, elle disait avoir « ri » sur le coup. Au procès, elle disait avoir pensé repousser le cardinal, mais s’était abstenue en raison de son âge.
Quant à Marie-Louise Moreau, elle a relaté que Marc Ouellet s’était frotté contre elle, en la prenant par-derrière en 1992. Or, elle n’a jamais identifié clairement le cardinal, rappelle le juge. De plus, une preuve temporelle démontre « sans l’ombre d’un doute qu’il n’est pas l’auteur des gestes », assure le juge.
Me Dominique Ménard, Me Mathilde Simard-ZakaÏb et Me Christophe Savoir ont représenté le cardinal Ouellet. Me Alain Arsenault, Me Justin Wee et Me Audrey Labrecque ont représenté Mme Groleau. Ceux-ci n’ont pas souhaité faire de commentaires.
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