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Friday, October 2, 2026

Un mouvement étudiant marqué par des violences en France

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Le mouvement de blocage des lycéens, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, le gouvernement accusant la gauche radicale d'être à la manœuvre.

Le dossier est particulièrement sensible, à sept mois de la présidentielle en France, alors que la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen est donnée comme favorite par les sondages et que le climat social est électrique en raison de l'inflation et de la flambée des carburants.

La mobilisation est partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a une semaine avec le soutien affiché de responsables de La France insoumise (LFI, gauche radicale).

Cela, avant de s'étendre à tout le pays. Pas moins de 1027 établissements, sur environ 3700 en France, soit près d'un sur trois, ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages, selon les autorités.

Tous les départements sont désormais concernés et les forces de l'ordre ont procédé jeudi à près de 2000 interpellations. Environ 1800 personnes ont été placées en garde à vue depuis lundi. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés.

Des élèves français brandissent des bannières.

Des élèves français brandissent des bannières lors d’une manifestation à Lille, le 1er octobre 2026.

Photo : Reuters / Noemie Olive

Violence débridée

Le ministre de l'Intérieur de la France, Laurent Nuñez, a condamné une violence débridée.

Il a constaté une aggravation de la situation qui n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes, mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines.

Il a cité les jets de mortiers d'artifice, les incendies de bâtiments publics et le pillage de magasins.

Un peu plus tôt, les services du premier ministre avaient indiqué qu'il existait un constat partagé par les services de renseignement sur l'origine du mouvement : ce serait une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra gauche.

Manuel Bompard, coordonnateur de LFI, a aussitôt appelé le gouvernement à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l'infantilisation des lycéens.

Une étudiante masquée est entourée de fumée.

La mobilisation étudiante est le théâtre d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre.

Photo : Reuters / Abdul Saboor

Selon un sondage Odoxa-Backbone pour le quotidien Le Figaro, 62 % des Français jugent la mobilisation étudiante justifiée, mais l'implication de LFI dans le mouvement est massivement réprouvée, 61 % des répondants jugeant que le parti n'est pas dans son rôle.

Dans plusieurs villes, des feux ont été allumés devant ou dans les établissements scolaires, des abribus abîmés, des mortiers d'artifice et des gaz lacrymogènes tirés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

À Nantes, un incendie volontaire, dont l'origine n'a pas été précisée, a été déclenché dans le hall de l'école Nelson-Mandela.

Plusieurs directeurs ont été molestés ou agressés dans le pays.

À Marseille, deuxième ville de France, un directeur et son adjoint ont été éclaboussés par de l'essence que des individus mettaient dans des conteneurs, a indiqué le rectorat.

Des pompiers ont été pris à partie alors qu'ils intervenaient sur un feu de détritus devant une école. Un de leurs camions a été incendié et un pompier a eu le nez fracturé.

2:45

Le reportage de notre correspondante à Paris, Tamara Altéresco

Tout peut déraper

On manifeste contre les classes surchargées, contre ce gouvernement qui [...] n'investit pas dans du chauffage, des climatisations, les salaires de nos profs, a expliqué à l'AFP Maëlle, étudiante de 16 ans à Caen.

Les jeunes doivent foutre la merde pour qu'on les entende, on n'a pas d'autre manière, a estimé de son côté Lola, élève de seconde, devant une école bloqué à Rennes.

Appelant à un acte deux après la première mobilisation nationale de mardi, les étudiants ont rejoint le mouvement jeudi, avec une trentaine de campus bloqués, selon le syndicat Union étudiante.

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait dénoncé lundi sur le réseau X une surenchère irresponsable d'élus de La France insoumise.

Le leader de LFI et candidat à la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon, lui, avait aussitôt répondu en l'accusant d'avoir ordonné la répression du mouvement avec un arrière-goût raciste évident.

Jean-Luc Mélenchon, entouré de personnes.

Jean-Luc Mélenchon est leader de La France insoumise et candidat en vue de l'élection présidentielle de 2027.

Photo : Getty Images / AFP / Clément Mahoudeau

Les politiques ont multiplié les réactions face à la gestion du mouvement : le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a fustigé l'irresponsabilité du gouvernement, tandis que Bruno Retailleau, candidat de droite à la présidentielle, a appelé à faire interdire LFI.

Le candidat centriste Gabriel Attal a, de son côté, accusé les insoumis d'utiliser les jeunes comme de la chair à canon.

L'exploitation cynique des lycéens par LFI et les forces politiques qui veulent tout conflictualiser est scandaleuse. Tout peut déraper très vite, a renchéri son concurrent de centre droit à la présidentielle Édouard Philippe.

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