États-Unis: l'administration Trump supprime les limites d'émissions polluantes imposées aux centrales électriques

Mise en place par Joe Biden il y a deux ans, la mesure abrogée lundi 14 septembre avait pour but de contraindre les centrales thermiques à charbon et au gaz naturel à se préparer à capturer 90% des gaz à effet de serre qu’elles rejetaient dans l’atmosphère. L'initiative représente un nouveau coup dur porté aux réglementations visant à lutter contre le réchauffement climatique aux États-Unis.
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Avec notre correspondant à Washington, Vincent Souriau
L'offensive anti-climat de Donald Trump se poursuit. Alors que le président américain ne se prive jamais de répéter que le réchauffement climatique est, à ses yeux, une invention - voire une arnaque -, celui-ci vient une fois de plus de le prouver : lundi 14 septembre, l'administration américaine a en effet révoqué les limites d'émissions polluantes imposées aux centrales électriques dans le pays. Annoncée à l'occasion de la réunion des ministres de l'Énergie du G20 à Houston, au Texas, la mesure va même plus loin, puisqu'elle propose d'empêcher toute future réglementation dans ce domaine.
Décision phare du mandat de Joe Biden qui avait haussé le ton à la fin de sa présidence - le credo de la Maison Blanche à l'époque était à peu de chose près : « Faites-le ou vous devrez fermer vos portes ! », celle-ci enjoignait les centrales thermiques à charbon et au gaz naturel américaines à se préparer à capturer 90% des gaz à effet de serre qu’elles rejetaient dans l’atmosphère.
Reste que pour attraper ce stock de pollution, il leur fallait procéder à des investissements très importants - de l'ordre de 800 millions de dollars environ -, dans le but d’installer un système perfectionné de captage et de stockage du carbone sur les cheminées de ces bâtiments.
Retour d'ascenseur
Alors que l’industrie charbonnière a toujours vu dans cette décision une façon déguisée de tuer l’exploitation du charbon aux États-Unis, l’administration Trump vient donc de voler à son secours en faisant sauter cette mesure, initiative à travers laquelle elle entend aussi contribuer à répondre à la demande d'électricité qui explose dans le pays avec le développement de l'intelligence artificielle (IA) et de ses centres de données énergivores.
L'annonce n'a en outre surpris personne, les grands groupes énergétiques ayant très généreusement soutenu la campagne présidentielle de Donald Trump qui, depuis, le leur rend bien malgré les risques pour la santé des Américains. Avant la révocation du texte instaurant des limites d'émissions polluantes, celui-ci avait en effet désigné, l'an dernier, par décret le charbon comme une ressource stratégique nationale, ordonné une augmentation de sa production, et même débloqué 700 millions de dollars pour l’entretien des installations du secteur et la mise à niveau des plus vieillissantes...
Vivement dénoncé par les associations de protection de l'environnement, Ce détricotage réglementaire intervient alors que les États-Unis viennent de connaître l'été le plus chaud de leur histoire et font face à une vaste sécheresse.
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